Entretien avec Max Heratz, 2ème partie

Deuxième partie de l’entretien avec Max Heratz

. Sur quoi travailles-tu actuellement ? Quelle sera ta prochaine sortie ?

Je travaille sur plusieurs projets. Le plus important est un projet très particulier. Il concerne la trilogie Je t’Aime Moi Non Plus. Beaucoup m’ont réclamé un 4e tome, mais j’ai dit Non. Alors, lisez bien, car là, c’est un scoop que je vous fais, voici ce que je leur réserve….

Je suis en train d’écrire 10 livres de poche simultanément (croyez-moi c’est du sport). Chaque livre représentera 1 personnage de la trilogie :

  • Qui était elle avant de rencontrer Max ?

  • Comment a-t-elle vécu sa relation avec Max (vu de son côté)

  • Qu’est-elle devenue ?

Un personnage a une histoire si riche qu’il a 3 livres rien que pour lui : il s’agit de Thalz. Dans le lot il y aura un livre spécialement sur Jonas qui est très aimé également.

Ces livres ne seront pas dans le commerce, ils ne seront disponibles que sur une liste d’inscription. Il y en aura 1 par mois en vente. Vous devrez commencer par le 1er pour accéder au 2e …etc jusqu’au dernier.

Si vous ne désirez pas acheter un des livres, le 6e par exemple, alors vous perdez votre place et la 1ere personne qui est sur liste d’attente prendra votre place en commençant au n°6.

. Pourquoi avoir choisi cette voie ? Qu’est-ce qui t’y a mené ?

J’écris depuis que je suis mouflet. A l’âge de 13 ans, sur mon cahier d’écolier à gros carreaux, j’ai écrit mon 1er roman : Du Rfifi chez les Flics. Tous les soirs, la famille était réunie autour de la table pour écouter la suite que je leur lisais à haute voix.

Mon avenir n’était-il pas tout tracé ?

« Dans les bons livres, on passe plus de temps à être ému plutôt qu’à se masturber parce que derrière un bon bouquin, il y a une bonne histoire »

 

. Es-tu auteur professionnel, si oui est-ce un métier difficile ? Ou bien es-tu plutôt amateur ou semi-pro ? (En ce cas : ta principale activité est-elle secrète ?)

Je suis auteur professionnel, je vis de ma plume, et, effectivement ce n’est pas simple. Si les gens ont le choix entre acheter un livre à la Fnac ou sur Amazon, ou l’acheter dans la boutique de l’éditeur au même prix, il faut absolument qu’ils achètent à la boutique de l’éditeur, sinon je perds 30% de mes droits. Déjà qu’ils ne sont pas épais !

. Cet univers littéraire exige-t-il un pseudonyme, ou doit-on assumer ses écrits quitte à dévoiler son identité réelle ?

C’est un choix personnel. Je pense qu’à un moment donné il faut se poser la question si notre nom est commercial ou pas. S’il ne l’est pas, il ne faut pas hésiter à prendre un pseudo.

. Si tu pouvais étendre ta création favorite sur un autre support, que choisirais-tu? B.D., peinture, cinéma, téléfilm, série télé, histoire audio ?

  1. Cinéma

  2. Téléfilm

  3. Histoire audio (j’imagine la bande sonore des séances de fouettage ou de relations multiples ! mdr)

 

« J’ai rencontré un nombre incalculable de femmes qui m’ont rencontré juste pour essayer au moins une fois dans leur vie la sodomie »

 

. Ce domaine souffre de deux idées reçues. On l’accuse : 1 – d’avoir un style pauvre et un vocabulaire répétitif pour des histoires très clichés 2 – d’être des livres uniquement faits pour exciter. Ces on-dits sont-ils injustifiés ? Justifiés en partie ?

Non, le style n’est pas pauvre. Le problème c’est que tout le monde écrit et qu’il y a beaucoup de mauvais. Je rencontre même des gens qui ne lisent pas mais qui écrivent (alors là je ne vous dis même pas la catastrophe) et ils ont le toupet de se vexer quand ils ne vendent pas de livres alors qu’ils n’achètent même pas ceux des autres !

Pour résumer je dirais qu’il y a de bons livres avec un style plus riche que la moyenne, il suffit de le chercher et de les trouver.

2éme affirmation : d’être des livres uniquement faits pour exciter.

Il n’y a pas de mal d’être excité en lisant un bon porno. Maintenant, le gens qui n’aiment pas ce genre de lecture on ne leur demande pas de juger. Moi je trouve que dans les bons livres, on passe plus de temps à être ému plutôt qu’à se masturber parce que derrière un bon bouquin, il y a une bonne histoire.

« En littérature érotique je ne pourrais pas écrire quelque chose que je n’aimerais pas faire ou subir. »

 

. En quoi ces lectures peuvent-elles nous faire réfléchir ? Nous ouvrir au monde, aux autres ?

Déjà, elles peuvent faire découvrir des pratiques qu’on ignore. Peu connaissent le subspace ou la forniphilie par exemple. Beaucoup découvrent que leur fantasme peut se réaliser comme se faire prendre par plusieurs inconnus, etc. Donc ce genre de littérature peut ouvrir l’esprit et aider à franchir le pas. J’ai rencontré un nombre incalculable de femmes qui m’ont rencontré juste pour essayer au moins une fois dans leur vie la sodomie. Elles avaient peur que leurs maris s’y prennent mal. Toutes sont reparties enchantées. Là encore, la littérature érotique, pour beaucoup d’entre elles, a aidé à franchir un cap. Donc oui, la littérature érotique vous ouvre aux autres si je peux me permettre ce délicieux jeu de mots.

. Livre érotique : simple amusement ou bien outil de développement personnel ? Pourquoi ?

Comme je viens de l’expliquer, c’et naturellement un outil qui contribue au développement personnel.

. Quels sont tes coups de cœur littéraires, que ce soit en érotique ou tout autre style ?

  • Ma trilogie Je t’Aime Moi Non Plus (j’ai pleuré en l’écrivant)

  • Emmanuelle (le livre)

  • Entre ses mains (Marthe Blau)

  • En attendant Bonjangles (une perle)

  • Les jardins de l’ogre (Leila Slimani)

  • Le magasin des suicides (Teulé)

  • La bible selon Satan (P. Graham)

  • Pétronille (Amélie Nothomb)

Et bien plus encore.

. Dans un polar ou un livre d’horreur, on peut prendre plaisir à imaginer des choses que l’on n’aimerait pourtant jamais vivre. Est-ce également le cas en littérature érotique ? Quel est ce mystère ?

Non, en littérature érotique je ne pourrais pas écrire quelque chose que je n’aimerais pas faire ou subir.

. Qu’aimes-tu lire en général et pourquoi ?

Je n’ai pas de goût arrêté : je lis de tout sauf l’héroïque fantasy, la science fiction,, les livres pour gamin (par exemple ceux où ils racontent leur 1ere fois)…etc.

. À une époque, bien des ados et même préados ont découvert l’érotisme via les pages de sexe cru de « S.A.S. ». Ces lectures peuvent-elles jouer sur l’éveil sexuel, avoir un aspect pédagogique ? Ou bien doit-on laisser cela impérativement aux plus de dix-huit ans ?

Je lisais des SAS à 14 ans. Jamais je n’ai eu envie de me branler dessus, moi c’était l’enquête qui m’intéressait. Je préférais me masturber sur les pages de Lui, d’Absolu ou autres magazines dans lesquels les filles avaient des poses pornographiques voire outrancières. J’ai toujours besoin de trucs forts pour m’exciter.

. Quelle est la limite dans la littérature érotique ? Faut-il des tabous et des interdits, si oui lesquels ?

Les mineurs. Je suis opposé aux scènes de pédophilie, c’est inadmissible. C’est le seul tabou que je mettrai.

À suivre…

En attendant, retrouvez ici les ouvrages de  Max Heratz.

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