Un passage de ma série « En attendant d’être grande », contant les aventures d’une passionnée de sensualité, de sa naissance à son âge adulte.
Une affreuse campagne publicitaire fait la promotion du gant de toilette. Soudain c’est la mode : tout le monde en achète et les parents aussi.
On ne me lave plus jamais à même les mains, désormais elles sont recouvertes de cette matière spongieuse.
J’ai du mal à m’y faire, ayant l’impression qu’une énorme limace me bave dessus. Je grimace, me fige… « Chloé, tiens-toi tranquille ! ». Le matin, gant énergique avec papa, le soir gant doux avec maman. Pourquoi les joies de l’enfance sont-elles si souvent interrompues par d’interminables désagréments ? Deux fois par mois, le sortilège se rompt : le premier et le quinze (j’en fais mes chiffres fétiches), lessive générale, on lave même serviettes et gants.
Le reste du temps, je m’imagine, moi Chloé, guerrière nue et sale, en rébellion contre une armée de gants voulant me nettoyer de force. J’en ganticide un, dix, cent, puis ils sont si nombreux qu’ils finissent par me « violer » malgré ma résistance. Dans les faits, je leur fais prendre (à défaut de mordre) la poussière. Plus sales ils sont, plus de lessives il y a. Il m’arrive aussi de les cacher. Ça soupire, ça râle, ça gifle. Même cent gifles resteraient un prix raisonnable en retour d’une seule douche manuelle. Non, avec moi il ne faut pas prendre de gants.
L’été,
j’obtiens le droit de sortir de la salle de bain en tenue de peau pour m’allonger au soleil
sur le balcon, là où il n’y a presque aucun vis-à-vis, laissant les rayons me sécher. Au fond en cette période, les parents sont assez gentils. Ce n’est que plus tard qu’ils deviendront chiants comme la pluie : si l’âge bonifie les enfants il est cruel avec les géniteurs.
Cherchant à me caser au moins un week-end par mois, les parents parviennent à négocier avec la voisine d’en face, dont le fils Julius est un bon copain de jeux. En échange, maman donne des cours de français à son grand frère. C’est plutôt sympa chez Julius. Père pas trop embêtant, télé par câble avec chaînes américaines, de quoi jouer.
Quand je dors là, pour gagner du temps sa maman nous fait prendre le bain ensemble. Chez eux ça fonctionne en mode autonome, sans main adulte. Je ne savais pas que c’était possible à notre âge, en fait se laver soi-même est tout simple. En premier lieu, s’éclabousser, se faire des barbes de mousse ou jouer avec des bateaux en plastique et des pistolets à eau est bien plus drôle que songer à des jeux sensuels.
Si le diable me met dans ces situations dans l’espoir de me dévergonder, il doit faire la gueule.
Pour l’heure, ce n’est pas qu’on soit innocents dans l’âme, c’est juste qu’on n’a pas le temps pour autre chose que l’amusement. Julius et moi restons dans le bain plus que de raison, jusqu’à ce que l’eau soit presque froide et qu’on commence à éternuer. Là, on se lave vite fait, on se rince dare-dare et on sort. Après on range tout bien et on nettoie nos bêtises, histoire que cette liberté perdure.
Les mois passent, l’émoi passe, mon regard change. Son petit bout est le plus singulier de tous ceux que j’ai croisés. Parfois il grandit sous l’excitation du jeu, davantage que ceux de la piscine, jusqu’à pointer vers le ciel comme si on y avait glissé un os. Son propriétaire n’a pas l’air de s’en apercevoir, ou du moins ne s’en soucie guère. Je meurs d’envie de toucher sans oser aborder le sujet. Julius n’est pas sur la même longueur d’onde et se fiche totalement de me voir nue.
C’en est presque vexant, à bientôt six ans
je trouve que mon popotin commence à se développer et qu’il mériterait un peu de considération.
Du reste, je ne suis en rien responsable des changements de taille de Julius, et lui non plus. On ne sait jamais quand ça va arriver. C’est comme si son zizi était un être vivant à part entière, un locataire menant sa propre existence.
(…) Un autre passage du même ouvrage.
Sur mon insistance, maman se décide à m’emmener à la mer. Ma tenue d’Eve m’est encore permise… Très fière, je nage mieux que des tas d’enfants plus grands. Parfois maman accepte de jouer avec moi, la plupart du temps elle reste à bronzer ou lire des magazines. Même si je ne sais pas encore lire, les photos trahissent la sottise du contenu. Les copains et copines de jeux se font facilement. Voilà un avantage de l’enfance : des relations sociales décomplexées, presque automatiques. Sur les premiers jours, je ne me rappelle pas du tout qui avait un maillot et qui n’en avait pas.
En ces instants je redeviens un bébé ne faisant pas la différence entre nu ou vêtu, sauf pour mon propre corps.
Je remarque toutefois que certains emmaillotés sont ensuite dénudés à la vue de tous pour le dessalage lors de la douche de plage,
quelle absurdité ! Me concernant, maman doit aller jusqu’à me retirer algues et petits coquillages tant je me roule n’importe où n’importe comment.
Observer les autres se changer m’amuse. Des filles calculent tout pour ne pas laisser apparaître le moindre centimètre carré d’intimité. Pas toujours douées, elles finissent par laisser percevoir quelque chose, s’affolent, rougissent, s’enveloppent comme elles peuvent et regardent partout autour, presque paniquées. Quelle prétention, à part moi personne ne les mate. Et puis… tout ça pour ça ! Il n’y a pas tant à cacher, pas de quoi faire un mystère. Si encore elles possédaient culs de rêve, seins éblouissants ou toisons à tomber. Tu parles, elles n’ont rien !
Et s’en désolent, tentant de cambrer le dos ou de gonfler la poitrine pour mettre en valeur des seins minuscules et un derrière inexistant. D’ailleurs, cette maladresse serait-elle une mise en scène ? Si oui, elle est bien mal récompensée. Les copains de leur âge n’en ont que pour la grande sœur :
trois ou quatre ans après, plus le nu est caché plus il attire.
Le plus rigolo, c’est quand une toute petite imite une grande, soit une fillette de six ou sept ans se contorsionnant sous sa serviette.
Beaucoup sont plus futées, se compliquent moins la vie et laissent tout voir sans réfléchir, au moins le temps de se changer. Même des plus âgées, peut-être jusqu’à dix onze ans, amenant, pour le coup, de petites œillades sans le moindre scandale. Question d’époque ! D’autres, plus rares, en jouent ouvertement, laissant voir un bout pour le cacher aussitôt, montrant une petite partie sans tout montrer non plus… J’aime bien, ça a du charme. Toutefois, j’ai encore beaucoup de mal à bien saisir.
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