Entretien avec Zeppo 6/6

Sixième partie de l’entretien avec l’auteur Zeppo…

. Au-delà, fait-on réellement le choix de sa sexualité ? Peut-on choisir d’être hétéro, homo, d’avoir une faible ou une grosse libido, être fidèle ou infidèle, sage ou frivole ?

Je crois réellement qu’il s’agit de choix, oui. Pas forcément conscients, mais des choix. On ne naît pas homo, comme certain(e)s aiment à le dire. Mais ça ne veut pas dire qu’on naisse plus hétéro. On naît surtout sans aucune idée de ce que c’est. Puis on se rend compte que « moi », ce n’est pas tout ce que je vois. Il y a un « moi » et un « autre ». Et en fonction de mon histoire, de ma biologie, des sentiments qui naissent de ces liens créés entre l’extérieur et l’intérieur, on devient homo ou hétéro, on est attiré par les êtres du même sexe ou pas, voire les deux indifféremment. C’est d’ailleurs plus souvent le cas qu’on ne veut bien le croire ! Je pense qu’on ne peut pas définir exactement d’où sortent ces « choix » que l’on fait, plus ou moins tôt dans notre histoire. Du moins, on ne le peut pas facilement ni avec certitude. Mais de toute façon, peu importe, au fond. On n’a pas besoin d’expliquer, mais juste accepter que des gens, aussi proches de nous soient-ils, peuvent faire des choix que l’on ne comprend pas forcément. Et tant que ces choix n’ont pas d’impacts négatifs sur autrui, on n’a pas à juger, et encore moins à combattre.

Je suis toujours étonné de voir avec quelle virulence certain(e)s peuvent combattre l’homosexualité, mais restent de gentils toutous quand des hommes et des femmes s’octroient le pouvoir de faire de votre vie un véritable enfer, parce que des gens ont mis un bout de papier dans une urne… C’est quelque chose qui me dépasse vraiment, qu’on puisse tabasser quelqu’un pour quelque chose qui ne vous regarde pas, et plier l’échine devant quelqu’un qui vous écrase.

. Est-il utile qu’il y ait un(e) dominant(e) et un(e) dominé(e) dans le sexe ? Si oui, pourquoi ?

Aucunement. Enfin… de façon générale, il n’y a aucune utilité à cela. Si ce n’est pour les besoins de l’un, de l’autre, voire des deux, dans le meilleur des cas ! Mais c’est comme je disais : pas de norme en matière de sexe, il n’y a vraiment pas « besoin » de cela ! Si vous en ressentez le besoin, faites-vous dominer, ou trouvez un ou une soumise… Dans le cas contraire, ne vous y forcez pas, et ce n’est pas pour ça que vous serez un ou une « coincé(e) du cul ».

On peut bien sûr objecter à cela que l’acte sexuel en lui-même implique ce genre de relation, un minimum. Mais c’est totalement faux. Ce n’est pas parce que l’homme pénètre la femme qu’il est dominant, même s’il est plus actif que la femme. En faisant la planche, la femme impose son rythme à l’homme, non ?

On sait tous qu’un mec considéré comme un bon coup par l’une pourra être une déception pour une autre… et vice versa. Je crois que ce qu’il faut recherché, c’est la communion qu’implique un tel acte. Pas besoin que nos âmes entrent en résonance, non plus ! Mais la communication, encore : il faut être à l’écoute de l’autre, dans les deux sens. Et ce, même si c’est qu’un coup d’un soir, même pendant un gang bang. On imagine mal un gang bang où les mecs se poussent des épaules pour être le premier à défoncer la femme. Quelles que soient nos pratiques sexuelles, elles ne pourront être satisfaisantes que si les corps communiquent vraiment. Il n’y a vraiment aucune règle, aucune norme à avoir en matière de sexe… ni dans la société, ni même dans un couple.

. Après des années de vie sexuelle, comment continuer à se surprendre ?

En gardant les yeux ouverts. Nos contemporains sont bien plus surprenants qu’on ne se l’imagine, quand on les regarde bien… Pourquoi en serait-il autrement dans un vieux couple ? Et la surprise peut ne pas venir de la position ou de l’endurance. Le lieu, le moment, l’envie qu’on montre à son partenaire peut jouer de tout cela. C’est comme on écrit un livre érotique : une fois le(la) lecteur(trice) excitée, on peut l’emmener à peu près n’importe où. Il suffit juste de trouver la manière et de le faire avec respect, sans mentir… En fait, je crois que j’écris comme je fais l’amour, au fond !

À suivre…

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Entretien avec Zeppo 5/6

Cinquième partie de l’entretien avec l’auteur Zeppo…

. Hypersexualisation, prostitution au collège, prédateurs : exagération ou enfants en danger ? Comment les protéger ?

La communication. Ce n’est pas un discours de prof, ce ne sont pas des lois qui vont protéger, mais les parents. Il faut dire aux enfants, leur expliquer pourquoi on a peur de les laisser seuls le soir dans les rues. Il n’y a que comme ça qu’ils se protégeront eux-mêmes. Ça ne les empêchera pas de sortir, mais ils le feront en connaissance de cause. Dire à un enfant de 5 ans que certains adultes (même parmi nos connaissances) peuvent avoir des gestes déplacés, des mots inconvenants voire des intentions mauvaises, c’est une bonne chose. Il y a des mots simples, pour ça : « s’il veut toucher ton zizi, ou te faire toucher le sien, tu dois refuser fermement et aller trouver un autre adulte le plus vite possible sans réfléchir ». Ce n’est pas tuer leur innocence que de leur expliquer la réalité et nos enfants sont bien plus forts que nous : ils arrivent à s’endormir en étant persuadés qu’un monstre veille sous le lit !

. Si tu pouvais faire passer une loi nationale liée au sexe, quelle serait-elle ?

L’anarchie ! Un monde où les lois seraient logiques et donc n’auraient aucun besoin d’être inscrites dans le marbre, parce qu’intégrées en chacun de nous : tout ce que je fais a des conséquences, et je dois faire en sorte que ces conséquences aient le moins d’impact possible sur mon prochain. L’égalité, l’entraide, le respect… Il n’y a que comme ça qu’on peut atteindre la vraie liberté dont on nous rabâche les oreilles depuis notre enfance.

Tes valeurs et convictions…

. Pour toi, fidélité et exclusivité sexuelle ne doivent-elles faire qu’un ?

Non. Je suis un anarchiste : chacun fait ce qu’il veut tant que ça ne nuit pas aux autres. La période que nous vivons est propice aux coups d’essai, alors profitons-en. D’ici quelques années, il y a sûrement de nouvelles « normes » qui vont émerger, il faut essayer pour savoir…

. As-tu une opinion quant aux petits mouvements minoritaires orientés sur le polyamour ? Le matriarcat ?

Le matriarcat, c’est comme le patriarcat : domination non consentie… beurk !

Le polyamour, c’est plus complexe. Je suis persuadé que l’humanité peut aimer d’amour plusieurs personnes et même qu’on peut s’épanouir dans un ménage à plusieurs. Avec de la communication, peut-être encore plus qu’à deux. Par contre, il y a cette idée, dans le polyamour, que j’ai régulièrement croisée : j’accepte de ne pas te satisfaire à tous points de vue, donc je te laisse avoir des aventures avec d’autres. Et vice versa, bien entendu. On part donc du principe que le bonheur est de réussir « à tous points de vue », que le bonheur ne peut être complet que sans tâche. C’est mal connaître l’humanité. Je trouve qu’il y a là-dedans une espèce de fuite en avant vers le bonheur parfait, sans tâche… Et la perfection, c’est un peu pareil que le matriarcat, pour moi ! Mais ça n’est que mon avis, sans aucun jugement sur ceux et celles qui semblent vivre ça avec un enthousiasme incontestable !

Ce n’est pas tant la façon de vivre qui m’importe, que ce que ça représente, le discours qui est porté. Cette recherche de paradis sur Terre me semble la nouvelle utopie du moment. On ne peut pas créer un monde parfait, parce que pour chacun d’entre nous, le monde parfait était celui où nous étions le Tout, où le sein était bienveillant, toujours à nous répondre. Ne soyons pas aveugles : quand nous croisons quelqu’un qui n’a rien de nombriliste, c’est le fruit d’un travail acharné de plusieurs années, voire de plusieurs générations. C’est une construction, non un instinct. S’il existe un vrai paradis, ce ne sera jamais ici qu’on le trouvera, malheureusement. Mais peut-être le paradis est-il le Néant…

. Penses-tu qu’il pourrait y avoir une forme de divinité ayant créé l’univers ? Une vie après la mort ?

Ahahah ! Admettons un instant que ce soit le cas. Un petit instant. Je reste persuadé qu’il ne s’agirait là que d’une expérience, comme on met quelques fourmis dans un bocal pour voir comment elles s’organisent. Dieu serait un savant fou, voire un petit gamin curieux !

Une vie après la mort ? Peu importe, au fond. Tant que nous sommes vivants, c’est ce qu’on va laisser ici derrière nous qui nous pousse à agir d’une façon ou d’une autre. Pour moi, croire qu’il y ait une vie après la mort, c’est se dédouaner de ce que nous faisons ici. Je ne me dédouane pas, moi. Je verrai bien le moment venu. Je préfère vivre en athée respectueux de mon prochain et me faire pardonner mon incrédulité le jour du Jugement Dernier, que d’écraser mon prochain au nom d’un Dieu hypothétique… Je pense qu’il est préférable de se tromper dans ce sens que dans l’autre. Donner sa vie à un Dieu pour se rendre compte qu’il n’existe pas, c’est balo !

La question d’une divinité est pourtant importante. Non pas dans le fait qu’elle existe ou pas, mais plutôt dans ce que nous mettons dedans. C’est exactement comme les monstres créés dans la littérature, au fond : ils ne font que refléter l’humanité, et non l’inverse ! Vous comprendrez donc que je ne pense pas que Dieu ait fait l’homme à son image, mais que l’homme a fait Dieu à son image… Et cette image évolue avec le temps, avec les mœurs…

. Qu’est-ce que pour toi l’égalité homme-femme ? Jusqu’où mener cette vision ?

La vache ! L’égalité homme-femme, c’est… l’égalité ? L’égalité, c’est de rester soi-même face à quelqu’un malgré ses différences. C’est-à-dire ne pas changer son comportement parce que j’ai une femme en face de moi… sauf si la séduction entre en ligne de compte, bien entendu. Je ne séduis pas un homme et une femme de la même manière. Tout simplement parce que je ne le fais pas pour les mêmes raisons ! Mais l’égalité ne peut se mener que jusqu’au bout, que ce soit pour des histoires de sexe, de couleur de peau, de lieu de naissance, d’œil qui dit merde à l’autre, de nombre de bras ou de jambes… Soit on est vraiment tous et toutes égaux et égales, soit on ne l’est pas, et c’est la loi du plus fort.

La sexualité et la séduction en général…

. Que faut-il à une femme pour être féminine ? A un homme pour être masculin ?

Une jupe pour l’une, et des muscles pour l’autre… et vice versa ! Des muscles pour l’une et une jupe pour l’autre ! On a tous et toutes notre « idéal » de la féminité et de la masculinité. Et puis je pourrais très bien répondre : « de longs cheveux blonds, une poitrine ni trop grosse ni trop petite, un cul d’enfer, et tout ça enrobé d’intelligence, du sens de la répartie, et un petit côté salope en intimité »… Je pourrais répondre ça, et demain tomber amoureux de tout à fait l’inverse !

. De fortes envies de sexe au quotidien, cela s’explique-t-il par des goûts personnels ou la biologie ?

Il semblerait qu’il y ait comme pour tout, un mélange des deux. L’idée selon laquelle les hommes ont un appétit sexuel plus grand que celui des femmes, est sûrement plus social que biologique. D’ailleurs, depuis que les femmes n’ont plus honte de leurs appétits, l’écart se réduit dans les statistiques !

À suivre…

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Entretien avec Zeppo 4/6

Quatrième partie de l’entretien avec l’auteur Zeppo…

Ta création dans son ensemble…

. Que ressens-tu par rapport à tes personnages ? Te ressemblent-ils, te sont-ils opposés ? Sont-ils des amis ?

Je dois bien avouer que mes personnages féminins sont parfois inspirés de certaines personnes réelles ! Ou du moins, certains traits. C’est bien de la fiction que j’écris, et si telle ou telle personne s’est retrouvée dans un de ces personnages, ça n’a pour l’instant été que bien vécu par ladite personne ! Pour les personnages masculins, je ne vais pas dire qu’il n’y a rien de moi, ce serait mettre des œillères sur ce que c’est qu’écrire ! Mais ce n’est pas le but recherché. Les personnages servent l’histoire, et non l’inverse. Alors oui, ils peuvent parfois me ressembler ou m’être opposés complètement, suivant ce dont j’ai besoin !

. Aimerais-tu coucher avec eux, ou certains d’entre-eux ?

Joker ! 🙂

. Injectes-tu de l’amour dans tes histoires ? Peut-on écrire du sexe sans un gramme d’amour ?

Ça me paraît assez difficile, en effet. Après, ce n’est pas forcément de l’amour « durable », si je puis dire. Certaines nouvelles ne sont que des portes ouvertes à l’amour. Je ne crois pas qu’on puisse n’écrire que des histoires de coup de foudre sans mentir au lecteur. Pour moi, l’amour est une construction, le coup de foudre n’est que de l’attirance très violente. Mais ce n’est pas encore de l’amour à proprement parler. On ne peut pas faire d’érotisme sans sentiments, c’est clair. Mais les sentiments sont bien souvent ambivalents… le syndrome de Stockholm en est un bel exemple !

. Ecris-tu en fonction de ce que le lecteur pourrait aimer, ou bien as-tu l’écriture plus intuitive ?

Clairement intuitive. Je me laisse porter par l’histoire. Je sais d’où je pars et où je veux arriver. Mais là où j’arrive, ce n’est pas forcément ce que j’avais prévu. J’essaye au maximum de me mettre dans la peau de mes personnages. Et s’il arrive quelque chose qui change le cours de l’histoire, je ne reviens pas en arrière afin de garder mon chemin. Je recalcule la trajectoire, simplement.

C’est bien sûr surtout le cas pour les nouvelles, ce que j’ai le plus écrit pour l’instant. Parce que les nouvelles, je les écris presque d’un jet. Certaines sont composées de petits chapitres. On devine alors en combien de fois j’ai écris cette nouvelle.

Je répondrai plus clairement après l’écriture du roman en cours… mais à tous les coups, ça va être assez semblable, parce que je me suis déjà laissé plein de liberté dans ce sens, quand j’ai construit le schéma du livre ! Si j’arrive à me surprendre moi-même, alors je devrais aussi réussir à surprendre les autres… C’est un peu ça, ma devise !

. Comment fais-tu pour mieux vendre, te faire connaître, fidéliser le lecteur ?

Heu… Je n’ai pas de technique pour ça. Je reste moi-même, simplement. Comme je disais, je n’écris pas avec l’idée que ça plaise forcément. Un de mes recueils (Contes Fantasti’X) en est sûrement un parfait exemple. L’érotisme a pour moi vocation a se retrouver partout. Les romans à l’eau de rose seraient sûrement plus intéressants si les auteurs se permettaient d’y mettre des scènes érotiques, parce que ça changerait leur vision « angélique » du personnage !

Je crois qu’en fait, ma technique pour vendre, c’est de ne pas essayer de vendre… Mais je dois avouer que c’est pas super efficace !

. Si ton œuvre totale pouvait se résumer en un message, quel serait-il ?

« lâche-toi » ? Je crois que ceux et celles qui m’ont lu sauraient mieux répondre que moi… mais chacun(e) aurait sa propre réponse, sûrement !

. Ecrire peut-il te provoquer une excitation sexuelle ? Et lire ? Rêver ? Imaginer ?

Tout. Les scènes érotiques que je garde sont lues parce qu’elles m’ont excité ! Lire me procure énormément de plaisir et quelques auteur(e)s me provoquent ça assez facilement ! Rêver et imaginer, je pense que tout le monde peut le faire… si on n’arrive pas soi-même à s’exciter, personne ne le pourra !

Sexe et société…

. Si la société d’aujourd’hui était réduite à un couple, quels seraient ses problèmes sexuels ?

Le manque de communication, sans hésitation !

. Familles recomposées, sites de rencontres, dénonciation du harcèlement, banalisation de la pornographie… en quelque décennies, notre image du sexe et de l’amour a été chamboulée. Pour le meilleur ou pour le pire ?

Je ne suis pas du genre à juger, et encore moins à juger un processus qui à mon sens n’est qu’en cours. Mais une chose est sûre : avant de trouver un juste milieu, les deux extrêmes seront aux manettes !

. Que faire face à cette misère sexuelle touchant toutes les couches de la population ? Pourquoi tant de laissés pour compte ?

Je considère qu’il n’y a de misère sexuelle que celle qu’on s’impose. Ne pas réaliser tous ses fantasmes, ce n’est pas un échec. Je crois qu’il faut commencer par là. C’est d’ailleurs un peu le message de mon dernier recueil (Onanisme général). Le sexe n’est pas un but, mais un moyen. Combien de gens qui réalisent tous leurs fantasmes en sont plus heureux sur le long terme ? Il y a ce dont on rêve, ce que l’on peut faire, ce que l’on peut se permettre, et ce que l’on a réellement envie de faire. On jongle tout le temps avec tout ça. Et on peut être heureux avec peu… on peut même être heureux dans la chasteté, pourquoi pas ? Ce qu’il y a de bien avec le sexe, c’est que chacun voit midi à sa porte. Parler de « misère sexuelle », c’est dangereux, pour moi. Parce que ça implique une « norme ». Une norme à une activité « intime ». Comment on définit cette misère ? Si tu ne baises pas trois fois par semaine ? Par mois ? Par an ? Parce que tu te sens frustré, que tu aimerais baiser plus mais que tu ne peux pas ? Quelles en sont les raisons ? Psychologiques ? Sociétales ? Physiques ? Parler de misère sexuelle, c’est imposer une norme à quelque chose qui n’en a pas besoin pour exister…

. Le pouvoir et l’argent, formidables alliés sexuels : vérité dérangeante ou affreux cliché ?

Ça l’a été pendant très longtemps. Je crois qu’aujourd’hui, ça s’inverse, doucement. Mais il est clair qu’avoir beaucoup d’argent, ça a toujours aidé à avoir du temps pour les choses plus « frivoles » comme le sexe ! Et c’est encore le cas aujourd’hui, mais ça va changer, j’en suis certain. Cela dit, si on parle de littérature, et donc de faire rêver les gens, on peut comprendre que ce cliché ait la vie dure, car bien souvent les pauvres rêvent en cachette de devenir riches et puissants… et si en plus, ça peut leur permettre un petit harem !

. Innombrables femmes harcelées au quotidien, un peu partout et depuis très longtemps : montée en épingle de cas isolés ou triste phénomène de société ?

Ce ne sont en rien des cas isolés. Ni un triste phénomène de société. C’est un fait, avec toute la froideur qu’ont les faits. L’homme a écrasé et continue d’écraser la femme à travers le monde. Mais avec quelle force on les défend ? À coups de lois sur la parité ? Tout en continuant de considérer qu’un homme est plus « fiable » ? La parité, c’est un peu considérer que c’est un handicap d’être une femme. Il faut absolument sortir de ce schéma sans fin : ce n’est pas à l’homme de sauver la femme. C’est à la femme de se rebeller ! On peut considérer que le « dénonce ton porc » est allé trop loin, et c’est sûrement le cas. Mais bordel, ce que j’aimerais être une femme pour vivre ça de l’autre côté ! Ça n’en a peut-être pas l’air, mais c’est une révolution, ce truc. En cours, bien entendu. D’où le fait que pour le moment, les extrêmes s’expriment pleinement. Mais regardons au fond des choses ce qu’il y a : des femmes qui disent stop ! Et ça, ce ne sont pas des cas isolés non plus ! Je crois que beaucoup d’hommes sont en accord avec ce mouvement-là. Le seul problème, à mon sens, c’est que le sujet n’est plus que la femme, quelle place elle doit prendre, etc. Mais on oublie que malgré toute notre bonne volonté, nous avons été élevés par des parents en opposition presque totale avec le schéma naissant. Accompagner les hommes dans ce changement pour ne pas le laisser à la traîne et ne pas encourager la situation inverse (la femme qui dominerait l’homme), il me semble que ça devra à un moment être mis sur la table, après ce moment jouissif pour les femmes de voir enfin ces gros porcs mis devant leurs responsabilités…

. Toujours passer par la séduction, la drague et la discussion pour en venir au sexe : hypocrisie à proscrire ou jeu charmant ?

Jeu charmant et nécessaire. Parce que je suis persuadé que dans l’acte sexuel, on communique. Par les regards, par les coups de reins, par les étreintes. Nos corps expriment bien plus de choses que nos mots. La drague fait naître des sentiments… le sexe les confirme.

Quand on aura enfin compris que si on veut être aimé, il ne suffit pas de donner des gros coups de reins, on aura bien avancer, je pense ! D’ailleurs, demandez aux femmes : les coups de reins les plus puissants ne sont pas forcément ceux qui les font jouir le plus fort… Toutes les femmes ne sont pas masochistes, même si elles vivent avec des hommes !

Par contre, on ne peut pas nier que ça puisse faire du bien à tout le monde, une partie de jambes en l’air déchaînée où l’intellect n’a pas sa place, où la drague n’est pas nécessaire. Et c’est très excitant aussi. Mais les buts ne sont pas les mêmes, les circonstances non plus, et ce n’est vraiment pas à la portée de tout le monde !

À suivre…

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Entretien avec Zeppo 3/6

Troisième partie de l’entretien avec l’auteur Zeppo…

. Livre érotique : simple amusement ou bien outil de développement personnel ? Pourquoi ?

Tout à la fois. On peut écrire dans le but d’ouvrir les gens à une façon de penser, etc., c’est le lecteur, la lectrice qui choisit. En fait, c’est comme tous les livres : ça dépend beaucoup moins de l’auteur que du lecteur !

Ta vision personnelle de la littérature…

. Quels sont tes coups de cœur littéraires, que ce soit en érotique ou tout autre style ?

Oh la vache ! Je vais citer Des milliards de tapis de cheveux, de Andreas Eschbach. Parce que justement, c’est le livre qui m’a fait comprendre pour de bon que la fiction n’est pas que distraction. Mais il y en aurait tant d’autres… Et tant que je n’ai pas encore lu !

. Dans un polar ou un livre d’horreur, on peut prendre plaisir à imaginer des choses que l’on n’aimerait pourtant jamais vivre. Est-ce également le cas en littérature érotique ? Quel est ce mystère ?

On a tous rêvé un jour ou l’autre de découper en petits morceaux toutes les pourritures qui nous rendent la vie moins rose ! Mais nous ne sommes heureusement pas tous psychopathes et nous ne faisons qu’en rêver pour pouvoir les supporter jour après jour !

Je crois que dans la littérature érotique, le processus du fantasme est encore plus présent. On peut être excité(e) à la lecture d’une scène qui est à la limite du viol (voire complètement un viol), mais on ne s’imaginerait jamais prendre du plaisir dans cette situation, que ce soit en tant qu’agresseur ou victime. Le processus d’identification au personnage, quand le corps s’en mêle, peut être impressionnant, à mon avis. Et on a tous en nous, ce petit côté morbide qui nous fait aimer les événements horribles. Dans la littérature, on y a le droit, alors on ne se prive pas. On peut toujours dire après : « ouais, mais c’est qu’un livre, ça veut rien dire… » sauf qu’on sait tous sans le dire que ça veut dire quelque chose !

. Qu’aimes-tu lire en général et pourquoi ?

De la littérature érotique, un peu. Mais ce qui me transporte le plus, c’est la science-fiction et la fantaisie… Justement parce qu’on arrive à parler de l’humanité que nous connaissons sans qu’elle ne soit nommée. Comme le faisait La Fontaine en son temps avec les animaux. Lorsque les personnages ne sont pas les humains qu’on connaît et qu’on côtoie tous les jours, ça permet plus de libertés quant aux réactions qu’ils ont, parfois bien surprenantes ! Mais maintenant que je pense avoir un peu trouvé ma voie dans la littérature érotique, je m’y intéresse de plus en plus sans avoir peur de tomber dans le plagiat ! Et il y a des choses vraiment intéressantes… Je vous conseille encore d’aller voir les podcasts de Charlie, vous y découvrirez de belles pépites qui prouvent que je suis loin d’être le premier à penser que ce type d’écriture est quelque chose de transversal : tous les sujets peuvent avoir une charge érotique qui amène le lecteur et la lectrice beaucoup plus loin dans le questionnement philosophique que sans cette charge.

Littérature érotique et société…

. A une époque, bien des ados et même préados ont découvert l’érotisme via les pages de sexe cru de « S.A.S. ». Ces lectures peuvent-elles jouer sur l’éveil sexuel, avoir un aspect pédagogique ? Ou bien doit-on laisser cela impérativement aux plus de dix-huit ans ?

Là, on touche à un sujet brûlant ! Pour moi, la réponse est simple : c’est aux parents de voir. La loi doit sûrement garder cet interdit aux mineurs, de façon à montrer qu’il y a un certain danger, que l’ado qui se met à lire sait qu’il ne lit pas un bouquin de la collection Polichinelle, par exemple. Mais les parents doivent accompagner ça, de la même façon que ce n’est pas à la loi ou aux professeurs d’accompagner les adolescents et adolescentes dans leur construction sexuelle, mais bien aux parents avant tout. Laissez-les devant un Predator à 10 ans et vous êtes partis pour quelques nuits sans sommeil ! Regardez-le avec lui en lui expliquant quelques rouages du scénario ou des effets spéciaux, et vos nuits seront plus paisibles ! Le sexe est partout et est pourtant de plus en plus tabou dans les rapports parents/enfants. C’est justement à l’heure où l’accès à l’érotisme et la pornographie est si simple et gratuit qu’il faut en parler, expliquer où est la barrière entre fiction et réalité, entre fantasme et vécu…

. Quelle est la limite dans la littérature érotique ? Faut-il des tabous et des interdits, si oui lesquels ?

Non, il n’y a aucune limite à mettre. Les tabous existent dans la société, et certains sont même punis par la loi, en cas de besoin. Un auteur, tout aussi tordu soit-il, doit pouvoir s’exprimer. Les lecteurs et lectrices choisiront. J’ai une totale confiance en l’être humain, et ça me perdra, un jour !

. En quoi cette littérature résonne-t-elle avec la société actuelle, à l’heure entre autre d’un certain retour à l’obscurantisme religieux ?

En fait, la religion n’a pas toujours été « contre » le sexe. Par exemple, les puritains que l’on fustige aujourd’hui allaient jusqu’à inciter les couples mariés à le pratiquer régulièrement… et même punir la chasteté dans le mariage ! Mais aujourd’hui, c’est un fait : religion et sexe ne font pas bon ménage, si ce n’est pour la reproduction. Et en réponse, on a le sexe à outrance. Un extrême n’arrive jamais seul, on le sait bien ! Je pense que la littérature érotique permet d’apaiser tout ça, parce que l’érotisme est partout : à plusieurs ou seul(e), au lit ou dans une salle d’attente. L’érotisme est d’abord une tension entre personnes, qui va justement au-delà du simple sexe, même si cela passe par un acte sexuel. Je crois vraiment que l’érotisme, c’est un peu l’écologie dans la politique : il faut en avoir partout ! Non pas dans le but de sacraliser ou désacraliser le sexe, mais bien dans le but d’en faire un art de vivre. Hier, on disait : « dis-moi ce que tu portes et je te dirai qui tu es », aujourd’hui « dis-moi ce que tu manges et je te dirai qui tu es », demain sûrement « dis-moi comment tu fais l’amour et je te dirai qui tu es ». On vit une période intéressante, de grands changements profonds, mais qui ne passera pas par une révolution sanglante (je l’espère, du moins!). Ces changements n’en seront peut-être que plus pérennes. Et quand on parle d’érotisme, on parle avant tout de relations entre les gens… donc de la société.

. De quelle façon le monde d’aujourd’hui influence-t-il ton écriture ?

Alors là… Une fois que j’en aurai parlé sur un divan, je saurai peut-être y répondre ! Mais il est certain, déjà, que c’est parce que le monde ne tourne pas rond que j’ai ce besoin d’écrire !

À suivre…

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Entretien avec Zeppo 2/6

Deuxième partie de l’entretien avec l’auteur Zeppo…

. Pourquoi avoir choisi cette voie ? Qu’est-ce qui t’y a mené ?

Je crois qu’il n’y a qu’une seule réponse à cette question : le plaisir de faire plaisir ! En fait, je suis un continuel militant. Tout ce que je fais dans la vie, j’y mets un sens. La littérature érotique a cela d’important pour moi : le corps et l’esprit sont touchés ensemble. C’est lorsque je m’en suis rendu compte que j’ai glissé vers cette littérature. Il n’y a que peu de temps que je m’intéresse à ce qui s’est fait avant. Et ça n’a fait que confirmer ce que j’avais remarqué : le livre le plus distrayant du monde peut être chargé de sens, si on veut bien ouvrir son esprit pour recevoir le message de l’auteur. Je sais que mes mots écrits ont fait jouir des gens… Et je crois que ce fait a autant changé ma vie que la leur…

Mais il serait difficile de répondre à cette question sans préciser que jeune adolescent, je me suis branlé de nombreuses fois à la lecture de Xaviera, de Xaviera Hollander. On revient toujours à nos premiers amours !

. Es-tu auteur professionnel, si oui est-ce un métier difficile ? Ou bien es-tu plutôt amateur ou semi-pro ? (En ce cas : ta principale activité est-elle secrète?)

Je suis un simple amateur ! Je n’ai aucune prétention quant à l’écriture. J’écris pour le plaisir et continuerai de le faire tant que le plaisir sera au rendez-vous. Mon activité principale, je ne peux pas vous la dévoiler sans vous tuer juste après !

. Cet univers littéraire exige-t-il un pseudonyme, ou doit-on assumer ses écrits quitte à dévoiler son identité réelle ?

Je ne crois pas qu’utiliser un pseudonyme soit forcément ne pas assumer ses écrits. J’utilise un pseudonyme pour être plus tranquille, certes, mais aussi et surtout parce que je ne vois pas ce que ça apporte au lecteur. Si j’écrivais autre chose que de la littérature érotique, j’utiliserais aussi un pseudonyme (peut-être est-ce d’ailleurs déjà le cas?). Les livres que je lis, je ne les lis pas parce que j’aime l’auteur ou l’autrice, je les lis parce que leur travail me plaît, alors que ce soit écrit San Antonio ou Frédéric Dard sur la couverture, peu m’importe.

J’ai remarqué qu’en tant qu’auteur de littérature érotique, ce qui marche le mieux, c’est de montrer qu’on vit ce qu’on écrit, laisser imaginer que la fiction pourrait peut-être être autobiographique. Et certains jouent bien le jeu, avec merveille. C’est même totalement vrai, pour certains et certaines. Mais jamais on ne demandera à un auteur de science-fiction de montrer qu’il est déjà allé dans l’espace pour en parler. J’écris de la fiction, et ma vie privée n’a rien à voir là-dedans. Sur les réseaux sociaux, il est facile de se faire happé et de ne plus mettre de barrières entre sa vie d’auteur et sa vie privée. Avec un pseudonyme, il est plus simple de ne pas en arriver là. Et l’imaginaire de ceux et celles qui lisent le livre n’en est que plus libre encore !

Certains hommes m’ont contacté sur Facebook, par exemple, en étant persuadés que j’étais une femme… J’avoue ne pas avoir toujours cassé leur rêve ! 🙂

. Si tu pouvais étendre ta création favorite sur un autre support, que choisirais-tu? B.D., peinture, cinéma, téléfilm, série télé, histoire audio ?

Il y a encore quelques semaines, j’aurais répondu BD sans hésiter… Mais récemment, j’ai entendu un bout de mon premier roman (Comment je suis devenue une pro) lu par Charlie, dans un de ses podcasts les Lectures Érotiques de Charlie (LEC, sur le site https://charlie-liveshow.com/histoire-erotique-nouvelles-erotiques/). Et franchement, ça m’a retourné ! Alors peut-être une histoire audio, aussi… Surtout si elle qui lit !

La littérature érotique en général…

. Ce domaine souffre de deux idées reçues. On l’accuse : 1 – d’avoir un style pauvre et un vocabulaire répétitif pour des histoires très clichés 2 – d’être des livres uniquement faits pour exciter. Ces on-dits sont-ils injustifiés ? Justifiés en partie ?

Le style dépend de l’auteur. Quand on lit Les onze mille verges de Guillaume Appolinaire, on se prend un vocabulaire bien fleuri dans la tronche ! Et de ce que j’ai lu, les clichés sont présents, oui… Mais franchement, les clichés sont présents partout : tournez la tête vers une pub, et vous ne verrez que ça ! Allumez votre télé, votre radio, le monde tourne sur des clichés ! Pourquoi la littérature érotique échapperait à la règle ? Les plus grands best-sellers de littérature dite « générale » sont remplis de clichés… c’est un peu comme de reprocher au rap d’être rempli de politique… Si les clichés existent dans la littérature érotique, c’est parce que les gens adorent ça, simplement ! Mais réduire la littérature érotique à ça, c’est malheureusement surtout ne pas la connaître…

Et ce seraient des livres uniquement faits pour exciter ? Alors ça, j’aurais jamais cru le voir comme un reproche ! Bien sûr que l’érotisme est fait pour exciter ! Mais est-ce qu’on parle de l’excitation du corps, de lèvres qui s’humidifient, d’un membre viril qui durcit dans son jean’s ? Ou de tous les sens à la fois ? Exciter le corps et l’esprit : voilà ce qu’est l’érotisme, même lorsqu’il va sur les chemins de la pornographie. Exciter les sens, c’est ouvrir l’esprit. Il n’y a pas d’érotisme à des fins purement érotiques. La pornographie, peut-être, peut parfois avoir pour seul but de tendre le corps du lecteur ou de la lectrice… l’érotisme, il y a peu de chances !

. En quoi ces lectures peuvent-elles nous faire réfléchir ? Nous ouvrir au monde, aux autres ?

Oh ! On dirait que tu t’attendais à la réponse d’avant ! Comme je l’ai dit plus haut, les lectures érotiques nous mettent dans une espèce d’harmonie avec nous-mêmes, et avec notre monde. Et ça ouvre des portes, parfois. Ce n’est pas dit que ça arrive à chaque fois, forcément. Mais peut-être une fois sur mille… et c’est bingo, là ! Quand on commence à se demander, en lisant une histoire de BDSM, mettons, quand on commence à se mettre à la place du personnage, et se demander si on aimerait ça, ou simplement constater physiquement que malgré ce qu’on aurait cru, ça nous excite… Alors, l’érotisme a atteint son but : l’ouverture à l’Autre. Suis-je comme le personnage ou différent, pourquoi est-ce que lire m’émoustille mais que je ne m’imagine pas du tout à sa place ? Où est le fantasme pur, et de quoi serais-je capable dans la réalité ? Ce sont toutes les questions qu’on peut se poser en lisant de la littérature de ce genre. On en ressort souvent avec plus de questions que de réponses. Il m’est arrivé de ressentir de la honte à vouloir continuer de lire une histoire… c’est exactement ce sentiment qui m’a donné envie de m’y mettre !

Je crois que la littérature érotique n’est pas aussi anodine qu’on le pense : certes, vous en ressortez excité(e), voire même vous vous êtes caressé(e) et vous avez joui ; mais avant tout, vous vous êtes plongé(e) dans un monde qui n’est pas le vôtre (ou pas complètement), et vous l’avez fait vôtre ! Avec cette littérature, on ne peut pas tricher. On ne peut pas « aimer moyennement ». Soit ça ne nous touche pas et on ne ressent même pas l’excitation purement physique que la lecture est sensée nous procurer ; soit on est touché(e), et là il n’y a pas de marche arrière possible. Lorsque votre corps participe à la lecture, vous ne pouvez pas prendre le recul que vous prendrez dans toute autre lecture… Bien sûr, on ne se rend pas forcément compte de tout ça dès la fin de la lecture. Il m’a fallu des mois pour comprendre ça : c’est dans la littérature érotique que les mots prennent leur pleine dimension d’arme massive !

À suivre…

Pour retrouver Zeppo :

https://simplement.pro/u/Zeppo

https://www.lulu.com/shop/search.ep?keyWords=zeppo&type

https://zeppo.dumonde.ovh/

Entretien avec Zeppo 1/6

Voici la première partie d’une interview de l’auteur Zeppo, véritable entretien fleuve diffusée en pas moins de 6 parties !

Ta façon d’écrire et de vivre la littérature…

. Qu’est-ce qui crée l’étincelle d’une histoire ? Qu’est-ce qui la déclenche ?

C’est toujours dans le réel que ça commence. Il suffit parfois d’un mot, d’un geste… et mon imagination part en vrille ! Mon imagination avec un besoin irrépressible de donner du plaisir à celui ou celle qui lit !

. Quelles sont tes techniques pour « affronter » une nouvelle ou un roman, le poursuivre coûte que coûte et en venir à bout ?

Je n’ai pas vraiment de technique ! Je ne vis pas de mon écriture, alors je n’écris que quand je suis inspiré (et que j’ai le temps). La page blanche ne me fait pas peur : si ça arrive, c’est que je ne suis pas prêt à écrire ça, alors je passe à autre chose, tout simplement. Parfois, rien à voir avec l’écriture, d’ailleurs… Je sais que le besoin d’avoir un crayon en main reviendra me titiller le corps entier !

. Qu’est-ce qui fonctionne le mieux… écrire dans la joie et l’apaisement, ou plutôt dans la pression et la souffrance ?

La pression et la souffrance peuvent être synonymes de joie… C’est d’ailleurs un peu mon cas, dans l’écriture. Lorsque j’écris, c’est tout mon corps et mon esprit qui sont en tension. C’est même parfois douloureux, surtout aux poignets ! (sifflotte) Et ces moments de tension sont pour moi une joie indescriptible, aussi difficiles soient-ils à vivre, parfois ! J’en ressors souvent avec le corps dégoulinant de sueur, et un sourire qui illumine mon visage !

. Ecrire est un plaisir demandant des contraintes. Comment trouver le juste milieu entre contrainte et plaisir ?

À fond dans l’un comme dans l’autre ! Je ne vois pas d’autre façon d’écrire, pour moi. La relecture et la correction est une sacrée contrainte autrement moins jouissive. Mais en général, le résultat me plaît… Alors je me fais mal et me corrige, modifie, améliore… J’arrive même à demander l’avis de quelques personnes, maintenant. Et tant que le résultat me plaira, je continuerai d’écrire… Et toujours de cette façon !

. As-tu tes propres tabous en matière d’écriture ? T’arrive-t-il de te censurer ?

Je crois que l’auto-censure a ça de pernicieux qu’elle se fait à l’insu de notre plein gré ! Mais de façon consciente, non. Il va de soi que lorsqu’on écrit une histoire, on a un but, et qu’on doit s’interdire certaines choses pour l’atteindre. Mais je ne crois pas dans ce cas qu’on puisse parler d’auto-censure ! Non, je ne me refuse rien… On le fait assez au quotidien pour ne pas avoir envie de se mettre d’autres barrières dans l’écriture. Ce que j’aime, dans le fait d’être lu (qui est différent du processus d’écriture), c’est réussir à « bousculer » de façon positive. Quand un lecteur ou une lectrice te dit « Je n’aurais pas cru, mais je me suis identifié(e) à ce personnage… Pourtant, ce n’est pas moi »… Je crois que là, on a réussi quelque chose d’important !

. De quoi t’inspires-tu pour écrire ? Simplement l’imaginaire, ou bien ta vie, celles des autres, les médias ?

Comme je le disais, ça part toujours du réel, parfois d’un détail insignifiant, qui fait tilt dans mon cerveau et/ou dans mon corps, et je pars de ça… L’imaginaire fait le reste. Je n’ai pas trop la prétention de décrire le réel tel qu’il est. D’autres le font très bien. Même si les lieux, les personnages, peuvent sembler réels ou plausibles, mon but n’est pas de dire « c’est comme ça dans la vraie vie ». Mes personnages ont souvent des corps appétissants, des regards profonds, un physique qui attire et communique. Je suis bien conscient que ce n’est pas la réalité. Mais mon but est de faire rêver, car je suis persuadé que ce sont les rêveurs qui ont fait et feront encore avancer l’humanité dans le bon sens… Si on empêche les gens de rêver, on court droit dans le mur…

. On dit parfois que tout roman a un côté autobiographique. Ecrit-on pour exorciser un certain vécu, ou au contraire pour aller au-delà de soi ?

En fait, quand on exorcise un certain vécu, c’est toujours pour aller au-delà de soi, dépasser la situation dans laquelle ce vécu nous a mis. Mais non, j’écris pour mon plaisir, d’abord. Puis on m’a dit que mes mots touchaient jusqu’à exciter, parfois. Et s’il y a bien un moment où nous avons l’esprit ouvert, prêt à se dépasser, ce sont ces moments-là où, une main entre les cuisses qui va et vient, on laisse consciemment nos pulsions s’exprimer. Dans l’imaginaire, mais aussi dans le réel. Ce sont ces moments-là où va s’imaginer subrepticement avec une personne du même sexe que soi, sans avoir pourtant jamais été attiré(e) avant… ou bien où on va se mettre une gifle, juste pour voir si on apprécie ou pas. Les moments où on se lâche à ce point sont propices aux questionnements sur soi-même, mais aussi sur ce qui nous entoure. Je crois que c’est pour ça que j’écris : ouvrir l’esprit des gens, leur montrer que le plaisir est partout, en tout le monde, et qu’il n’y a pas à avoir peur de l’Autre, parce qu’il jouit comme nous !

. As-tu une idée du visage de ton lectorat ?

Aucune… à part 2-3 personnes ! Ahah ! Plus sérieusement, je sais surtout qu’il est très restreint, sûrement plus féminin que masculin. Je pense que les hommes préfèrent être excités par les mots d’une femme que d’un homme, malheureusement. Je ne fais pas de généralité, bien sûr… Il n’y a pas pire que les généralités pour se placer sur une voie remplie de peur et d’incompréhension. En fait, je n’ai pas eu beaucoup de retours des lecteurs(trice)s, si ce n’est les Services Presse que j’ai moi-même demandés. Donc non, je n’ai pas vraiment d’idée sur ce sujet-là… Et d’ailleurs, ça m’importe peu qui me lit… Par contre, j’aimerais beaucoup avoir plus de retours, connaître leurs ressentis, savoir s’ils ou elles m’ont compris, ou même simplement comment ils ou elles m’ont compris… Notre propos est toujours objet d’interprétation qu’il peut être intéressant de connaître !

. Est-il simple d’accorder cette vie forcément un peu sulfureuse avec une vie plus classique de famille ? Caches-tu cette activité littéraire à certains ?

J’ai utilisé un pseudo dans ce but, oui. L’imaginaire… sans lui, il n’y a pas d’érotisme dans la littérature. Sans nom et sans visage, je laisse la part belle à l’imaginaire de mon lecteur ou ma lectrice ! Peu de gens le savent, autour de moi… Et tant mieux, en quelque sorte. Ces écrits ne sont qu’une toute petite part de moi, ça me chagrinerait que des amis ne me voient plus que par ce biais-là…

Ton parcours, ton futur…

. Soudain, ton dernier livre se vend à 10 millions d’exemplaires… indescriptible joie ou énorme angoisse ?

Énorme angoisse… je pense que je me cache dans une cabane au fin fond d’une forêt canadienne pendant les 10 prochaines années ! Heureusement, il n’y a aucune chance que cela m’arrive un jour !

. Sur quoi travailles-tu actuellement ? Quelle sera ta prochaine sortie ?

En ce moment, j’ai peu de temps pour écrire, malheureusement ! J’ai commencé un roman, après 3 recueils de nouvelles. Une espèce de road-trip, parsemé de plein de choses que j’aime… à commencer par du sexe, mais pas que ! Je n’en dis pas plus… Ce serait dommage que je me spoile moi-même !

À suivre…

Pour retrouver Zeppo :

https://simplement.pro/u/Zeppo

https://www.lulu.com/shop/search.ep?keyWords=zeppo&type

https://zeppo.dumonde.ovh/

Entretien avec Lionel Parrini, partie 2

Suite et fin de notre entretien avec l’auteur Lionel Parrini

 

. Livre érotique : simple amusement ou bien outil de développement personnel ? Pourquoi ?

Les deux, encore une fois, ça dépend des livres. Ce qui est certain c’est que depuis que la littérature érotique foisonne de moins en moins de personnes se cachent pour en lire. Ça c’est un très bon signe mais est-ce que ça veut dire qu’on baise plus ? Lol , Ça en revanche…. Je laisse ça aux «  experts »:-)

 

Votre vision personnelle de la littérature…

. Quels sont vos coups de coeurs littéraires, que ce soit en érotique ou tout autre style ?

Anne bert, Alina Reyes, Oscar wilde, Christian Gailly, Harold pinter, Herman hesse. Ces auteurs me touchent particulièrement.

. Dans un polar ou un livre d’horreur, on peut prendre plaisir à imaginer des choses que l’on n’aimerait pourtant jamais vivre. Est-ce également le cas en littérature érotique ? Quel est ce mystère ?

Ah oui, bien sûr mais je ne connais pas la clé de ce mystère. Il y a certains fantasmes que je ne voudrais pour rien au monde réaliser ! ( rire)

. Qu’aimez-vous lire en général et pourquoi ?

Vraiment, je suis un curieux et j’aime diversifier mes lectures : théâtre, poésie, romans. Mais j’ai une préférence pour les textes où l’écriture est aussi un jeu pour le lecteur, un acteur à part entière, une matière vivante et pas juste un moyen de raconter une histoire. J’aime donc quand la langue a autant d’importance que l’histoire ( Chistian ostler / Jean Echenoz / Jean-Philippe Toussaint ).

 

Littérature érotique et société…

. A une époque, bien des ados et même préados ont découvert l’érotisme via les pages de sexe cru de « S.A.S. ». Ces lectures peuvent-elles jouer sur l’éveil sexuel, avoir un aspect pédagogique ? Ou bien doit-on laisser cela impérativement aux plus de dix-huit ans ?

Elles peuvent participer à l’éveil sexuel mais je pense que nos jeunes s’éveilleront autrement : avec snapchat par exemple !

. Quelle est la limite dans la littérature érotique ? Faut-il des tabous et des interdits, si oui lesquels ?

Je crois que la limite c’est la mauvaise foi, l’insincérité, la violence pour la violence. Écrire pour produire juste de l’effet, de la sensation, c’est vraiment d’une tristesse inouïe. Un auteur devrait prendre soin de son livre comme d’un enfant : ne pas en faire juste un produit, offrir un morceau de soi, d’intime, de vulnérabilité, de questions. Donner à voir une vision. Sinon comment peut-on être touché ?

. En quoi cette littérature résonne-t-elle avec la société actuelle, à l’heure entre autre d’un certain retour à l’obscurantisme religieux ?

Elle est de fait militante pour une liberté de vivre une vie de plaisirs sans entrave avec consentement, respect, tolérance. C’est important de continuer à écrire sur le corps, le désir, le plaisir, et entre les cases : pour se battre contre toute dictature. Il n’y a pas de règles que des formules à inventer en fonction de chacun. Ayons l’audace de composer plutôt que d’imiter. Le plaisir mérite qu’on le dédiabolise encore et toujours. Et le plaisir peut-être simplement dans l’œil qui contemple une rivière.

. De quelle façon le monde d’aujourd’hui influence-t-il votre écriture ?

Je n’ai pas toujours conscience de ce qui me bouleverse directement ou indirectement ( protection) mais je finis toujours par m’en rendre compte surtout en écrivant. Ce qui m’effraie le plus, c’est cette course à l’individualité, le culte des œillères. Je crois que ce qui m’influence c’est tous ceux qui se battent pour continuer à réalise leur(s) rêves(s) tout en intégrant dans leur travail une démarche pacifiste, désintéressé, à l’écart d’un système qui encourage à devenir un homme-produit. La marginalisation assumée, discrète, finalement délicate, me touche, me booste. De plus en plus de femmes et d’hommes se lancent dans une vie qui fait sens avec ce qu’ils sont et ça c’est une bonne nouvelle qui me donne de l’espoir.

 

Votre création dans son ensemble…

. Que ressentez-vous par rapport à vos personnages ? Vous ressemblent-ils, vous sont-ils opposés ? Sont-ils des amis ?

Ils sont toujours des étrangers que j’apprends à connaître et deviennent des bougies pour moi, dans mon intériorité. Ça finit toujours par devenir des alliés.

. Aimeriez-vous coucher avec eux, ou certains d’entre-eux ?

Non, je n’oublie pas qu’ils sont fiction.

. Injectez-vous de l’amour dans vos histoires ? Peut-on écrire du sexe sans un gramme d’amour ?

Je ne suis pas capable d’écrire sans amour.

. Ecrivez-vous en fonction de ce que le lecteur pourrait aimer, ou bien avez-vous l’écriture plus intuitive ?

L’intuition est ma boussole, je ne réponds pas à ce qui pourrait plaire mais à ce qui me questionne.

. Comment faites-vous pour mieux vendre, vous faire connaître, fidéliser le lecteur ?

Seulement le bouche à oreille et l’avantage du théâtre, les comédiens et les spectateurs le font pour vous.

. Si votre œuvre totale pouvait se résumer en un message, quel serait-il ?

Refusez toute étiquette vous concernant, la vie est mouvement, allez toujours là où vous êtes bien même si ça gêne la morale. Respectez simplement le consentement. L’être libre n’a pas ou trop d’étiquettes pour qu’on réussisse à le définir. Refusez toutes sortes d’emprises.

. Ecrire peut-il vous provoquer une excitation sexuelle ? Et lire ? Rêver ? Imaginer ?

Oui, bien sûr, et la liste de s’arrête pas à ces actions ! D’une façon plus générale, je dirai que tout ce qui nous permet de nous sentir bien crée la disponibilité en nous et donc le potentiel pour être ému, excité. Je crois aussi que nous devons cultiver la porosité : cet état où on s’autorise à laisser passer les émotions, les contradictions, les envies avec un regard curieux, amusé, bienveillant. Être éponge, c’est apprendre à mieux se comprendre et mieux comprendre les autres.

 

Merci beaucoup à Lionel d’avoir répondu à toutes ces épineuses questions… à présent, je vous invite à visiter son site sans tarder

Entretien avec Lionel Parrini

C’est à l’auteur Lionel Parrini, avec qui je partage quelques références littéraires, de répondre au questionnaire. Un entretien en deux parties dont voici la première…

 

Votre façon d’écrire et de vivre la littérature…

. Qu’est-ce qui crée l’étincelle d’une histoire ? Qu’est-ce qui la déclenche ?

Le désir d’explorer une question pour laquelle je n’ai pas de réponse. J’écris pour tenter de comprendre, explorer la problématique, sa complexité, et généralement, cela passe par la fiction et plus précisément l’écriture de pièces de théâtre. J’aime confronter les points de vue.

. Quelles sont vos techniques pour « affronter » une nouvelle ou un roman, le poursuivre coûte que coûte et en venir à bout ?

D’abord, se laisser emporter par la force et/ou la joie qui nous pousse à écrire. Suivre l’énergie de l’excitation. Ensuite prendre conscience de ce qu’on veut dire, identifier le sujet ou plus précisément la question essentielle qui est posée dans cette histoire en cours. Une fois la prise de conscience opérée, travailler la réécriture au service d’une structure qui fait sens avec le sujet.

. Qu’est-ce qui fonctionne le mieux… écrire dans la joie et l’apaisement, ou plutôt dans la pression et la souffrance ?

L’excitation de l’idée initiale doit rester un tremplin. Que ce soit à partir d’une image, d’une phrase, d’un film, ou d’une question que l’on se pose et qui nous donne envie d’en savoir davantage, le plus important est de préserver cette excitation. Si on est sur le bon chemin, l’envie ( d’écrire) ne débande pas. Donc ce qui fonctionne le mieux, c’est lorsqu’on réussit à tenir l’excitation comme une boussole.

. Ecrire est un plaisir demandant des contraintes. Comment trouver le juste milieu entre contrainte et plaisir ?

Personnellement j’y arrive lorsque je fais ce que je viens de décrire dans la question précédente sur la technique.

. Avez-vous vos propres tabous en matière d’écriture ? Vous arrive-t-il de vous censurer ?

Je ne me pose jamais la question de la censure mais de la fidélité du traitement en fonction du sujet. Si le sujet l’exige et si cela me paraît justifié, je peux être trash. Inversement, je peux faire le choix volontaire d’une censure qui n’écarte pas forcément l’intensité. Exemple : la force des hors champs ou des non-dits.

. De quoi vous inspirez-vous pour écrire ? Simplement l’imaginaire, ou bien votre vie, celles des autres, les médias ?

Je suis en mode éponge 24H / 24H. Cette porosité volontaire me permet de m’ouvrir absolument à tout. Je suis d’une curiosité sans limite.

. On dit parfois que tout roman a un côté autobiographique. Ecrit-on pour exorciser un certain vécu, ou au contraire pour aller au-delà de soi ?

Les deux mais je dirais aussi qu’on écrit pour apprendre à mieux vivre et à mieux se connaître.

. Avez-vous une idée du visage de votre lectorat ?

Non, très varié, difficile de l’étiqueter.

. Est-il simple d’accorder cette vie forcément un peu sulfureuse avec une vie plus classique de famille ? Cachez-vous cette activité littéraire à certains ?

Non, je ne cache rien, je ne veux pas de pseudonyme, j’aime la nudité. Ecrire s’est se mettre à nu alors pourquoi se cacher ?

 

Votre parcours, votre futur…

. Soudain, votre dernier livre se vend à 10 millions d’exemplaires… indescriptible joie ou énorme angoisse ?

Joie et délivrance, je vais pouvoir enfin souffler ! Et m’acheter une petite cabane en pleine forêt au bord d’une rivière ( très important).

. Sur quoi travaillez-vous actuellement ? Quelle sera votre prochaine sortie ?

Une comédie ( théâtre) pour une homme et une femme. Ça s’appelle l’étrange annonce. Et c’est une comédie joyeusement suicidaire qui fait chanter !

. Pourquoi avoir choisi cette voie ? Qu’est-ce qui vous y a amené ?

Une commande d’écriture. J’ai la chance depuis quelques années de répondre à des demandes qu’on me fait personnellement. J’écris du théâtre, de la poésie, de l’érotisme et j’aime bien mélanger les genres du coup, ça ouvre des portes !!!

. Êtes-vous auteur professionnel, si oui est-ce un métier difficile ? Ou bien êtes-vous plutôt amateur ou semi-pro ? (En ce cas : votre principale activité est-elle secrète?)

Je me considère comme auteur professionnel dans le sens où toutes mes activités artistiques passent par le carrefour de l’écriture mais je ne vis pas uniquement de mes droits d’auteurs. Mes droits d’auteurs me servent juste à remplir ma cave de vins. Mes autres activités sont donc la production de spectacles vivants, la mise en scène, et l’animation d’ateliers d’écriture. Je suis membre de la SACD depuis 1998, c’est elle qui gère l’exploitation des mes œuvres.

. Cet univers littéraire exige-t-il un pseudonyme, ou doit-on assumer ses écrits quitte à dévoiler son identité réelle ?

Comme je le disais précédemment, personnellement, et sans sombrer dans l’exhibitionnisme, il est important pour moi d’écrire à visage découvert mais je comprends aussi que certaines personnes ne peuvent pas se permettre cela pour des raisons professionnelles, familiales ou autres.

. Si vous pouviez étendre votre création favorite sur un autre support, que choisiriez-vous ? B.D., peinture, cinéma, téléfilm, série télé, histoire audio ?

J’ai également une formation de scénariste donc, j’adorerai un jour travailler avec une production cinéma, on peut toujours rêver !!!!!!!!

 

La littérature érotique en général…

. Ce domaine souffre de deux idées reçues. On l’accuse : 1 – d’avoir un style pauvre et un vocabulaire répétitif pour des histoires très clichés 2 – d’être des livres uniquement faits pour exciter. Ces on-dits sont-ils injustifiés ? Justifiés en partie ?

Ça dépend des livres, des auteurs, un livre érotique peut être juste masturbatoire et parfois être aussi très politique. Il peut être aussi une invitation aux voyages et nous donne à réfléchir sur nous même. Dans l’érotisme finalement, il y a encore de nombreux sous-genres et c’est au lecteur à apprendre à se connaître et orienter ses choix. Par exemple pour moi, Anne bert, est une écrivaine de l’intime, une écrivaine tout court et c’est réducteur de dire que c’est une autrice érotique. J’aime quand l’étiquetage devient difficile.

. En quoi ces lectures peuvent-elles nous faire réfléchir ? Nous ouvrir au monde, aux autres ?

La littérature érotique ouvre des champs que nous pouvons emprunter dans le plaisir, incognito, et permet ainsi de se découvrir des excitations insoupçonnées. ces prises de conscience nous éclairent sur nous-même : c’est ce que je trouve le plus excitant finalement. Donc oser lire de l’érotisme, c’est prendre des risques et c’est toujours bons pour l’homme de se mettre en danger.

 

Entretien à suivre dans la deuxième partie.

Pour visiter le site de Lionel, c’est par là !

Entretien avec Max Heratz, 4ème partie

Quatrième partie de l’entretien avec Max Heratz

. Hypersexualisation, prostitution au collège, prédateurs : exagération ou enfants en danger ? Comment les protéger ?

Les enfants, c’est sacré. Il faut castrer physiquement ceux qui en abusent. Je ne supporte pas qu’on mette un gosse dans le lit d’un prédateur. Nos enfants sont réellement en danger car il y a de plus en plus de cas qui voient le jour. Il faut être intraitable.

« On aurait aussi pu être des bonobos. Je pense que tout le monde peut craquer un jour pour aller voir si l’herbe est plus verte ailleurs. »

 

. Si tu pouvais faire passer une loi nationale liée au sexe, quelle serait-elle ?

La réouverture des maisons closes d’État, surveillées médicalement, fiscalement par l’État avec un corps policier formé spécifiquement aux missions de sécurité pour empêcher les réseaux de prostitution de pénétrer ces lieux qui ne seraient ouverts qu’aux professionnelles occasionnelles ou pas qui se déclarent en préfecture et qui ne pourraient exercer que sous certaines conditions. Bref, une prostitution propre pourrait-on me reprocher narquoisement. Peut-être mais moi j’y crois car éradiquer le plus vieux métier du monde, ça, je n’y croirai jamais.

. Pour toi, fidélité et exclusivité sexuelle ne doivent-elles faire qu’un ?

Ça, ce sont les valeurs qu’on nous inculque dans notre culture. On aurait aussi pu être des bonobos. Je pense que tout le monde peut craquer un jour pour aller voir si l’herbe est plus verte ailleurs. On se lave les fesses et la parenthèse est refermée.

. As-tu une opinion quant aux petits mouvements minoritaires orientés sur le polyamour ? Le matriarcat ?

Je pense que ces mouvements sont sur le bon chemin pour changer nos valeurs culturelles psychorigides comme l’exclusivité dont on vient de parler et qui font tant de mal dans la vie. Pourquoi assiste-t-on à 50% de divorces ? Tout simplement parce que nos valeurs ne sont plus adaptées, il faut les faire évoluer pour retrouver la stabilité.

« On ne peut pas avoir l’égalité absolue. Nous n’aurons jamais de règles, d’ovaire, d’utérus…etc. »

 

. Penses-tu qu’il pourrait y avoir une forme de divinité ayant créé l’univers ? Une vie après la mort ?

J’en sais rien.

Des fois je me dis que quand j’aurai tiré ma révérence, j’irai rendre visite à l’intérimaire qu’on a placé dans mon fauteuil en attendant mon retour et lui botterai le cul.

Soyez modeste, appelez-moi Dieu !

. Qu’est-ce que pour toi l’égalité homme-femme ? Jusqu’où mener cette vision ?

On ne peut pas avoir l’égalité absolue. Nous n’aurons jamais de règles, d’ovaire, d’utérus…etc.

Mais à part ça, je pense que l’égalité est jouable dans l’échelle sociale, mais arrêtez d’en faire des caisses les filles, à force vous n’êtes plus crédibles.

. Que faut-il à une femme pour être féminine ? A un homme pour être masculin ?

Y a tellement de choses !

Pour les deux sexes, c’est une question d’hormones, ça se sent, ça se lit dans les yeux.

Ensuite, pour une femme : une jolie bouche bien dessinée, des ongles peints (en rouge de préférence, je sais je suis vieille France), une belle paire de seins mise en valeur avec des push-up, un beau cul moulé dans une jupe courte et enfin des talons hauts sont pour moi le top de la féminité.

Pour les hommes : du muscle, une barbe de 2 jours, une voix grave et suave et surtout un sexe aux dimensions honorables car, comme disait l’une de mes conquêtes : ce n’est pas la taille qui compte mais il y a quand même un minimum syndical !

« Un coït idéal signifie chez moi la prise des 3 orifices. Mais j’aime aussi attacher, menotter, cravacher, diriger, pour mener ma partenaire au plaisir. »

 

. De fortes envies de sexe au quotidien, cela s’explique-t-il par des goûts personnels ou la biologie ?

Quand c’est tous les jours, six à 10 fois par jours, là il faut consulter, c’es un problème de santé.

. Au-delà, fait-on réellement le choix de sa sexualité ? Peut-on choisir d’être hétéro, homo, d’avoir une faible ou une grosse libido, être fidèle ou infidèle, sage ou frivole ?

Je crois qu’on choisit de s’écouter…. ou pas.

. Est-il utile qu’il y ait un(e) dominant(e) et un(e) dominé(e) dans le sexe ? Si oui, pourquoi ?

C’est un choix de couple. On rencontre de tout. Moi j’aime dominer, mais j’ai rencontré des femmes qui avait le même profil. Pour coucher ensemble elles ont accepté de mettre leur poing dans leur poche et de se soumettre.

Mais il n’y a pas d’utilité particulière d’être dominant/dominé, c’est juste une question de profil, de choix.

. Après des années de vie sexuelle, comment continuer à se surprendre ?

C’est pas toujours facile. Il faut déjà que les 2 aient envie de surprendre et/ou de se faire surprendre. Beaucoup de couples négligent le sexe pour passer à quelque chose de plus platonique. C’est un choix.

. Quelle est ta sexualité au quotidien ? Vie sage, de couple, abstinente, libertine ?

Après de nombreuses années de libertinage, je vis en couple avec une femme qui n’est pas du tout libertine et qui n’aime pas ce milieu mais qui me correspond totalement dans mes besoins sexuels aussi démesurés soient-ils.

. Quelles sont tes exigences de séduction ?

La féminité et la culture. Je ne pourrais pas me lancer dans une phase de séduction avec une femme inculte.

. Es-tu du genre à réaliser tes fantasmes ?

Oui, et j’en ai réalisé énormément.

. Ton souvenir sexuel le plus beau et le plus intense ?

Le jour où j’ai fait basculer ma partenaire dans le subspace après l’avoir fouetté en plein figging.

. Ton souvenir sexuel le plus navrant et décevant ?

Avec une jeune femme, on voulait s’envoyer en l’air pour le fun. Y a jamais eu moyen ! On était plié de rire tellement la situation était cocasse. On avait l’impression d’être 2 ados maladroits qui découvrent le sexe et qui n’y parviennent pas.

On a recommencé quelques jours plus tard car elle voulait vraiment coucher avec moi : même résultat.

Ceci ne m’est arrivé qu’une seule fois et je n’arrive toujours pas à expliquer ce qu’il s’est passé.

. Quelle serait ta recette personnelle pour un coït idéal ?

Un coït idéal signifie chez moi la prise des 3 orifices. Mais j’aime aussi attacher, menotter, cravacher, diriger, pour mener ma partenaire au plaisir.

Ma recette est donc d’être bien outillé et de ne pas oublier le gel.

. Une personne qui te lit se met à fantasmer sur toi et à t’écrire des courriers torrides… fantasmes-tu en retour ? Prends-tu la mouche, en ris-tu ?

Jamais je ne rirai d’une personne qui m’écrit, ce serait peu la respecter. Quand je reçois ce type de missive, je suis flatté car mes mots, mon histoire a provoqué quelque chose chez cette personne.

Je me dis aussi qu’elle n’a pas de chance que je ne sois plus libertin sinon, va donc savoir de quoi serait capable un zèbre de mon espèce ?

. Quel est le délire sexuel le plus improbable que tu rêverais de réaliser ?

Baiser une fliquette en uniforme dans un commissariat.

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