Plaisir brûlant, plaisir indécent

La grande soeur a les mains sur les hanches de la cadette et l’aide à faire l’amour en Andromaque. C’est le prix qu’elles doivent payer pour acheter le silence…

Lorsque je repris, plus fort, plus loin et plus vite, je ne tardai pas à entendre Vera me dire entre deux gémissements :

Fais-le… moins fort…

Ça te fait mal ?

Non au contraire. Je… Tasia si tu continues je vais… je suis pas sûre, je crois que j’ai envie de… de…

C’est bien ! C’est magnifique ! Ne t’en empêche pas. Laisse venir, laisse venir je t’en prie ! Après on pourra partir ! Imagine-toi dans cinq minutes en dehors de cet appartement !

Ce fut la phrase magique : je vis ses yeux s’illuminer. Je poursuivis, elle me donnant des indications pour parvenir au summum convoité.

Est-ce que ça vient ?

Oui ! Continue comme ça… Non, ça repart. Fais-le plus loin.

Et comme ça ?

Attends. Continue… que je vois… Oh oui ça revient, ça revient ! Ça se rapproche ! Tasia !! OUI ! OUI ! OUI !

Continue, c’est bien continue !

Je t’en prie Tasia me regarde pas. Je veux pas que tu me vois en train de…

J’ai les yeux fermés, ne t’en fais pas.

Pieux mensonge : je me devais de garder les yeux ouverts pour avoir un œil sur le coït et le contrôler. Il était temps de placer la touche finale. J’accélérai encore, allant le plus profond possible, les lèvres vaginales frottant désormais contre la base du pénis.

Donne tout maintenant, lâche-toi ! Jouis Vera, jouis ! Jouis ! Jouis!

En cet instant je le savais, et pas depuis que cet instant d’ailleurs, le viol n’existait plus. Vera avait totalement oublié la situation. Elle n’avait absolument plus conscience de sa nudité totale, de son anus, de son vagin et de ses seins apparents. Pas plus conscience que ce partenaire était un prédateur dont elle ne voulait pas. Son seul désir n’était plus que d’engloutir cet instrument étranger dans son corps, le relâcher, l’engloutir, encore et encore, toujours plus loin, toujours plus vite et intensément.


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Deux copines d’été en plein émoi…

Sandrine a demandé un câlin très tactile à Chloé…

Mon majeur effleura le bouton, le titilla, le chatouilla. Certains ronds furent presque imperceptibles, d’autres bien plus larges. J’appuyais tantôt à peine, tantôt davantage, tout en maniant les vitesses avec brio. Parfois je démarrais immédiatement en quatrième ou cinquième, et le corps de Sandrine se raidissait tandis qu’elle affichait un visage angélique. Parfois j’y allais par étapes, démarrant en première et passant sagement la seconde puis la troisième. Parfois encore j’étais en quatrième, puis revenais d’un coup en première.

Bref, je lui en faisais voir de toutes les couleurs. Son visage n’était pas toujours apaisé… Pupilles dans le vide, sans un regard à mon égard, à certains moments elle paraissait souffrir. Heureusement, chacune de ses attitudes me suppliait de continuer et ne manifestait que du bonheur, sans que je parvienne à détecter ce qu’elle appréciait le plus. Je n’avais pas un auditoire difficile : quel que soit le geste, Sandrine en était comblée.

Je poursuivis vers la fente, en restant toutefois en surface.

Celle-ci était chaude, humide. Les yeux de Sandrine s’écarquillèrent davantage, sa bouche s’ouvrit plus grand comme si elle voulait crier. Il me semble qu’elle aurait vraiment voulu, et faisait mille efforts pour s’en empêcher, se contrôler, quitte à se contorsionner sur elle-même. Son dos se relevait, s’aplatissait de nouveau contre la moquette, de même pour sa tête.

Vache, on risque de se faire mal à faire des gestes si saccadés. Ses jambes de même se tendaient et se dépliaient. C’était une petite danse immobile très curieuse, qui la rendait toute jolie et magnifiait son corps, surtout lorsque cette douce cambrure se dessinait ainsi sous elle, dessinant finement son derrière et mettant ses hanches en valeur. Les jeux de l’amour sont ainsi, plus ils sont doux d’un côté, plus ils sont violents de l’autre.

Appelant du renfort, mon majeur fut aidé par deux autres doigts, le tout allant et venant entre l’ouverture et le bouton, Sandrine bougeait tant que j’en avais du mal à faire tous les gestes que je voulais. Mes doigts étaient des guerriers de lumière, menant un combat pacifique dont la finalité ne devait être que le plaisir.

À force de caresses, j’avais étalé cette humidité partout.

Aux entrecuisses, au bouton : le bas-ventre de Sandrine n’était plus qu’un organe brillant. Mon majeur n’étant plus seul, je pouvais caresser la fente de l’index tout en m’occupant du bouton avec le pouce.

Quant aux lèvres du bas, tantôt je les frottais l’une contre l’autre, tantôt j’étais située entre les deux. C’est lors d’un de ces « entre les deux » que Sandrine s’accrocha à mon bras et ne le desserra plus, nouveau témoin de son bien-être. Voulait-elle me transmettre un message ? Sans doute, sa main faisant faire d’autres mouvements à mon bras dont elle ne semblait, pour la première fois, pas totalement satisfaite. Pourquoi ne parlait-elle pas ? Tant pis si la magie en était un tout petit peu brisée, si je continuais à faire des gestes moins plaisants, là elle finirait par se briser pour de bon.

Sandrine, dis-moi. Dis-moi ce qui te ferait plaisir…

Plus profond je t’en supplie. Entre. Va à l’intérieur.


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Sulfureux passé

Echange entre un couple éphémère… ou pas.

Je sais qu’on est en train de passer une soirée romantique. Je veux juste que tu saches que… je ne suis pas forcément celle que tu crois. Cette bouche que je viens d’embrasser a déjà accueilli des centaines d’autres langues que la tienne.

Seulement de langues ?

Non, évidemment ! Autant de langues que de bites. Bon, je vois que t’en es pas choqué et que tu le prends plutôt avec humour.

J’adore les filles franches. Comme ça tout est dit, pas de tralala. Puis tu sais de mon côté, j’ai aussi eu d’autres nanas. Pas des centaines, c’est vrai ! Mais si j’avais pu en avoir des centaines, j’imagine que je me serais pas privé.

Que ça ne nous empêche pas de nous lire des poèmes et de nous dire des petits mots doux.

Ça va de soit. J’espère que de ce côté il y a soudainement moins de concurrence.

Beaucoup, beaucoup moins. Les garçons à mots doux, j’ai bien assez de deux mains pour les compter. Et pour le reste, mon passé ne te dérange pas du tout ?

Au contraire ! D’abord parce que j’ai affaire à une connaisseuse qui doit connaître des tas d’astuces bien cochonnes comme tout… Ensuite parce que c’est un défi : je serai la millième bite dans ta bouche, ta chatte et ton anus, celle qui dépassera toutes les autres en sensations fortes. En tout cas c’est l’objectif que je viens de me donner.

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Lorsqu’un coeur balance alors qu’un corps s’agite

Soirée spectacles à la communauté. Chloé réfléchit à ses sentiments amoureux…

J’enfilai la robe blanche, me peignis, me mis un peu de brillant dans les cheveux, y fis un nœud. Un petit regard dans le miroir : j’étais splendide. Me précipitant en dehors du dortoir, je m’arrêtai soudain. Non. Tout de même, je ne pouvais pas lui faire ça.

Je revins, pris la robe bleue, le peigne, et courus à la veillée. En plus, si tant est qu’on soit dans la séduction, autant être à armes égales… À vaincre sans péril, on triomphe sans gloire. Il était tard, il faisait frais, on allait avoir froid avec nos gambettes à l’air, qu’importe, faut savoir souffrir pour être belle.

Assise avec les autres, Clarisse fut toute surprise de me voir vêtue ainsi, et toute contente que j’ai pensé à elle. Pour se changer, elle s’éloigna. La Clarisse du début d’été aurait fait le tour de passe-passe sans bouger de sa place. La Clarisse de maintenant savait que Charlie était dans le coin et que, tant qu’à faire, mieux valait qu’il assiste à une apparition de fée plutôt qu’une métamorphose de crapaud en princesse.

Le spectacle débuta sur une petite scène aménagée devant nous, le feu de bois dansant derrière les comédiens. On alterna entre petites scènes martiales et lecture de légendes médiévales. Tom fut de la partie et joua un moine, puis un soldat. Plusieurs filles avaient les yeux qui brillaient devant son jeu, pas de danger pour lui, la relève était assurée.

Coup du sort, Tom et Charlie avaient une scène commune dans laquelle ils s’affrontaient. Ça, c’était le comble. Encore qu’on ne pouvait y voir une allégorie de la réalité, car au fond ils n’avaient jamais été en bisbille. La scène fut bonne, et leurs épées de bois s’entrechoquèrent en une parfaite chorégraphie. On nous parla de dragons, de malédictions, de lutins, d’autres choses encore dont je ne me souviens plus.

En fait, je crois qu’on n’écoutait pas vraiment. Les paroles de Charlie nous parvenaient aux oreilles comme du velours, telle une jolie musique ensorceleuse. Non, ce n’était pas le même sentiment qu’avec Tom. C’était bien davantage.

Moins de passion et d’attirance physique. Plus d’amitié, de tendresse, d’amour.

Je n’aurais su l’expliquer par des mots. Ces dernières semaines, tous trois avions développé des rapports si intenses… ils avaient mûri d’eux-mêmes sans même que l’on s’en soit rendu compte. C’est maintenant qu’on s’en apercevait.

Généralement, dans le titre de chaque histoire, on retrouvait « prince », « fée » ou « chevalier ». La toute dernière se nommait « La révolte des princes ». Je sortis de mon hypnose et cette fois-ci, écoutai attentivement.

Charlie et trois autres garçons étaient des princes de différents royaumes. Après s’être fait la guerre, ils allaient devoir unir leurs forces pour vaincre l’armée d’un terrible magicien semant la désolation derrière lui. Un conte me rappelant les histoires de chevalier que je m’imaginais lors de caresses.

Les princes se disputaient, tentaient de s’entendre, se battaient et au dernier moment se réconciliaient pour s’unir contre les forces du mal. Et cette impression constante que Charlie était seul sur scène, ou entouré de faire-valoir, que la légende contée n’avait été écrite que dans le but de la faire entendre à deux filles du nom de Clarisse et Chloé.

L’histoire était comme une union fraternelle de chevaliers qui souhaitaient se battre pour aller déshabiller les princesses qui les attendaient, prisonnières du méchant. À être autant en émoi devant une simple scène, peut-être déformais-je encore la réalité… Encore que, on dit que certains contes sont bourrés d’allégories coquines. On appelle ça des lectures à plusieurs niveaux je crois. Je sortais du premier niveau de lecture que j’avais toujours connu, pour entrer dans le second, plus mature. Signe que je grandissais ?


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Les limites de la liberté sexuelle

Tata conte à Chloé l’évolution de la communauté de leurs vacances…

À l’extérieur, on dit surtout que dans les communautés autogérées vous nous permettez trop.

C’est vrai qu’on a parfois trop permis ! Aussi bien chez les adultes que les petits. Il a fallu trouver nos marques et ça n’a pas été facile. À entendre tous nos mots révolutionnaires, beaucoup se sont dits qu’ils pouvaient tout faire, tout se permettre. Certains adultes ont fait n’importe quoi. On a eu des couples improbables de minettes sortant avec des hommes de l’âge de leur grand-père, des fumeurs roulant leur joint devant des petits, des partouzards, des scientologues, des raëliens… On a eu droit à des comportements bizarres, tendancieux… il a fallu se débarrasser d’un tas de monde. J’en soupçonne certains d’avoir monté leurs propres mouvements, ou de s’être fait accepter ailleurs.

Et les enfants ?

Eux, on les a tous gardés.

Rires. Elle reprit :

On ne voulait pas de vraies règles, ou de contrat. Alors on a pensé pacte, éthique.

Oui, et tout ceux qui viendraient s’engageraient à respecter la charte. C’est ça ?

C’est bien ça. Surtout, c’est une âme qu’il a fallu mettre en ce lieu. Une fois l’âme mise, la charte et l’éthique ont suivi très facilement.

Une âme, comment ça ?

Qu’on soit tous animés par une même volonté, un idéal commun, tout en étant chacun très différents. Toute structure ayant une âme peut gravir les montagnes, que ce soit une belle âme ou une âme sale.

Les associations de malfaiteurs par exemple ? Ou les entreprises qui font travailler des mineurs ?

Par exemple. Pour les Trois Chèvres, c’est surtout nous-mêmes qu’on a remis en question. Trop de liberté tue la liberté, surtout chez les petits. Si nos enfants se mettaient nus même en rando et se tripotaient devant tout le monde, on n’avait plus qu’à attendre la DASS.

Y’a des enfants si provocateurs que ça ?

Pas provocateurs, non. S’ils ne savent pas ce qu’on peut faire et ce qu’on ne peut pas faire, ils ne vont pas le deviner. Les adultes doivent leur apprendre, c’est leur rôle. Toi-même, il y a des tas de choses que tu ne fais pas avec l’impression que ça coule de source, alors qu’en fait c’est parce que tes parents te l’ont appris.

Heu… c’est possible.

On commençait à avoir des petites de onze ou treize ans qui allaient au marché du village avec juste un paréo sur le corps, vraiment léger et pas très opaque.

En même temps, dommage que ce soit pas accepté.

Eh oui, seulement on n’est pas dans le monde d’Alice au pays des Merveilles. Il y a un temps où ça n’aurait posé de souci à personne.

Oui, à l’époque où on était moins pudibond.

Les familles nombreuses, celles qui formaient le peuple, ne connaissaient pas la pudeur pour des raisons pratiques. À six ou dix dans un logement avec une seule grande chambre pour les enfants et une unique salle de bain pour tous, l’intimité était inaccessible. On se douche ensemble, on se change ensemble en famille… et encore, souvent il n’y avait aucune salle de bain et tout le village se lavait au lac.


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Tiède soirée mollement coquine…

Qu’entendrait-on si l’on pouvait écouter les dialogues crus entre filles ?

Alors, comment c’était avec ce mec ?

Oh ma foi… à peu près comme prévu.

Sortie, ballade dans Paris ?

Oui…

Verre, plus un petit repas ?

Re-oui.

Dernier verre, flirt, déshabillage, pipe ?

Re-re-oui. Et puis préliminaires, baise.

Et croissants ?

Non, pas croissants. Je suis partie avant. De toute façon il n’y en aurait pas eu.

Tu ne le sauras jamais.

Si, c’est pas son genre.

Sois pas triste, c’est trop gras les croissants.

Le geste fait plaisir. Pour le principe, quoi, pour l’image.

Pour l’image de la nuit passée en charmante compagnie, dans un petit appart’ au quatrième étage, tout cossu avec vue sur la tour Eiffel. Image romantique du petit ami d’un soir se levant tôt le matin pour apporter viennoiserie, pain tout chaud et café tout frais. Je comprends !

Tout ça pour qu’une bouche encore toute poisseuse y croque sans enthousiasme. Puis d’ailleurs, si c’était si typiquement parisien, on appellerait pas les croissants des viennoiseries mais des parisienneries.

Houla ! Tu m’as l’air déprimée toi, aujourd’hui. Je sens que la soirée avec ce type t’a déçu.

J’y peux rien, c’était tiède ! Tout était tiède. Le propos, le repas, la bière (mon dieu ! De la Heineken, pouah), la coucherie. Tout était tiède du début jusqu’à la fin.

Et toi ?

Au début j’étais toute chaude. Puis tiède, puis froide.

Il faut arrêter avec cette expression : « tiède ». Pourquoi le mot serait si péjoratif ? Le sperme est bien tiède, et pourtant on adore.

Exact. C’est quand le garçon est tiède que ça ne fonctionne plus.

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Au-delà de la soumission sexuelle…

Victime d’un chantage sexuel, deux soeurs viennent de subit les pires sévices. Mais tout est-il totalement terminé ?

Rhabillées, l’aîné nous donna enfin l’autorisation de partir. Le petit frère n’osa dire un mot, toujours vidé. Il était difficile de dire s’il éprouvait du remord, s’il ne savait que penser ou si rien ne passait dans son esprit. Néanmoins il paraissait mal à l’aise, et s’était rhabillé également, aussi vite qu’il avait pu. Son regard ne quittait pas Vera, qui elle maintenant l’évitait au possible.

Il eut l’air de beaucoup regretter de la voir partir. De toute façon, il n’y eut évidemment aucun adieux et le départ fut très rapide. Je ramassai mon sac, pris Vera par la main et nous quittâmes l’appartement au pas de course, sans un mot. Le dossier était resté à la même place, je l’emportai comme convenu.

Nous descendîmes l’escalier de l’immeuble. Deux ou trois portes s’entrouvrirent, des regards inquisiteurs nous scrutèrent. Une voisine furieuse. Puis deux petits garçons hilares. Et enfin un adolescent bouche bée.

Tous avaient entendu Vera gémir et crier, laquelle, en état second, marchait tel un automate, sans les remarquer.

Se demandaient-ils qui était la responsable des sons ?

Je ne crois pas. Ils le savaient. La voix de ma petite sœur était bien trop juvénile pour que ce puisse être la mienne : celle-ci avait à peine mué, ressemblant presque à une voix d’enfant, en tout cas de toute jeune adolescente. Tout dans l’apparence de ma petite sœur montrait qu’elle venait de vivre une baise longue et intense : joues rouges, sueur, cheveux décoiffés… Qui plus est, des cuisses au visage, elle sentait le sperme. Nul doute que bien des hommes du bâtiment y repenseraient ce soir, et bien des nuits encore.

Nul doute que ceux qui n’avaient pas osé entrouvrir leur porte avaient observé le passage de ma petite sœur par le judas, puis s’étaient précipités à la fenêtre pour l’espionner encore derrière leur rideau, une fois que nous serions dans la rue. Les regards désapprobateurs m’étaient destinés : j’étais la grande sœur détraquée qui amenait sa petite frangine au cœur de parties de débauche. Ils ne pouvaient pas comprendre… Je m’en fichais. Le flic et son frère, bien entendu, n’auraient pas pareil traitement.

Eux seraient considérés par les voisins avec admiration. Ainsi est fait le monde… Je voyais d’ici tout ce que ce petit porc raconterait à ses copains de collège. De quelle façon il avait été sucé par deux belles jeunes filles. Qu’il avait fait jouir la plus petite par deux fois. Tout cela était si rocambolesque qu’il n’était même pas certain qu’il se risquerait à révéler ce moment, tant il était peu probable qui que ce soit n’en croit un mot.


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Conseils aux babas baiseurs

Seventies : des copines parlent de sexualité débridée hippie.

– Faudrait leur écrire un guide de bonne conduite.

– Bonne idée ! Écrivons ça tout de suite. Qu’est-ce que tu mettrais ?

– Que c’est pas parce qu’on est poilu comme un gorille qu’il faut pas se doucher.

– Qu’il faut faire gaffe avec les barbes trop barbues, quand c’est en bataille on mange en s’en mettant partout.

– Moi je leur dirais, arrêtez de répéter à vos mouflets que Dieu n’existe pas et qu’il n’y a rien après la mort. Vous n’en savez rien, alors pourquoi les traumatiser.

– Là, Clo, tu me fais plaisir. Arrêtez de vouloir communiquer avec les extraterrestres. Vous le savez pas, mais les E.T. sont les pires des réacs.

– Pareil pour les esprits. Arrêtez le spiritisme, les esprits progressistes comme les vôtres ont depuis longtemps atteint des couches supérieurs. Seuls les vieux fachos restent près de leur cadavre.

– Arrêtez aussi de vous balader à poil aussi fièrement : vos chattes ou vos boules, on s’en moque.

– Ne devenez pas babas sur le tard : passer de la cravate au pétard, c’est trop délicat.

– Partouzez et faites du sexe de groupe autant que vous le voulez, mais seulement avec votre femme.

– Vous croyez pas écolo et ami de la nature avec votre pauvre gilet de laine. Tondre une chèvre, c’est cruel.

– Vous croyez pas plus humain parce que vous bouffez de la vache de ferme artisanale. La vache, qu’on la tue à la décharge électrique ou au couteau, elle s’en balance.

– Laissez pas vos enfants faire n’importe quoi. Toute liberté est contrôlée, sinon c’est pas de la liberté.

– Arrêtez de reluquer les hanches des petites de dix-huit ou vingt ans. Si elles ont envie de se faire sauter, vous inquiétez pas, elles viendront vous le dire.

– Ou vous le feront comprendre d’une façon ou d’une autre.

– Si vous vous lancez dans l’échangisme, faites-le quand votre enfant est à l’école.

Si vous baisez trois fois par jour, arrangez-vous pour que vos mômes ne vous voient pas à poil ensuite, la taille de vos couilles vous trahira.

Rires.

– Sauf si vous baisez trois fois par jour tous les jours de l’année, en ce cas vos enfants se rendront compte de rien car ils verront jamais de différence.

Rires.

– Pour les drogues, profitez de l’été et mettez des lunettes noires pour pas qu’on voit vos yeux éclatés.

– Lâchez-nous avec votre guitare. C’est pas parce que vous connaissez tout le répertoire de Brassens que vous chantez comme lui.

– Arrêtez aussi de nous prendre le chou avec vos toiles. Vos œuvres, ce sont de vraies peintures rupestres.

– Portez pas les cheveux longs juste parce que les employés de bureaux les portent courts. Sinon vous les porterez courts le jour où eux les porteront longs.

– Arrêtez de dire que la terre est votre amie et la nature aussi. La terre se tape de vous. Puis, si la nature nous était pas hostile, on vivrait pas dans des maisons.

– Pratiquez pas l’amour libre. Trompez plutôt vos femmes en le leur cachant, c’est bien plus rigolo.

– N’écoutez plus de trente-trois tours, ces objets proviennent d’entreprises capitalistes, même les albums punks, rocks et New Ages.


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Je veux du slow !

Être collé à un corps en musique est devenu une denrée rare…

C’est pas possible ! Je dois m’interdire de coucher avec des étudiantes et me tourner uniquement vers les quadras et les quinquas !

Rien de plus facile. Tu appelles toutes tes copines et tu leur dis « passe-moi ta mère ».

J’y réfléchirai.

Qu’est-ce que t’as contre les minettes, ce ne sont pas des bons coups ?

Pas des bons coups comme j’aime. Peut-être davantage comme tu aimes. Je te refile mon carnet d’adresses, si tu veux. J’ai de tout.

Détrompe-toi, je suis pas hyper fan des trop jeunes non plus. Sur le moment elles m’attirent, et puis au pieu je les trouve décevantes.

C’est la différence entre la génération slows et la génération twerk. Les filles d’aujourd’hui dansent le twerk, plus jamais le slow.

Sexuellement parlant, je ne vois pas ce que ça change.

Tu n’es pas au courant que le twerk reproduit des mouvements de coït ? Évidemment que ça a une influence sur la sexualité. D’ailleurs, TOUT a plus ou moins une influence. La malbouffe rend gras et fait baisser les performances, le X a décidé toutes les non-suceuses à se mettre à sucer, mais mal, et tous les mecs à sodomiser leurs copines… mal également.

Notre attirance pour les moins jeunes viendrait de là ?

Selon moi oui, en bonne partie. Une nana qui est sur moi et qui est de la slow génération exécutera des ronds lents et langoureux, certains petits, d’autres plus grands. Elle reproduira toutes les phases avec sa lune, ce n’est pas pour rien qu’un derrière on appelle ça une lune, en ancien argot.

Toi la terre, elle la lune. Un peu prétentieux mais poétique.

Rien de mieux pour qu’elle se fasse jouir, et me fasse jouir. Rien de mieux pour qu’elle se caresse le point G.

Et tout ça grâce au slow ?

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Aventures pas sages d’une naturiste en devenir

Sandrine, éduquée au naturisme, conte ses petites histoires pas sages…

C’est marrant Clo. Tes parents sont pas du tout nat’ alors que ta tante et ta cousine le sont. Moi, mes parents sont pro-nat’ et ma grand-mère est une anti.

Une vraie anti ?

Une vraie. Et même pas religieuse, pourtant.

Elle sait ?

Elle sait pas. Il a fallu que j’apprenne à tenir ma langue super tôt, pas facile pour une toute petite. J’y suis quand même arrivée.

Tu la vois souvent ?

De temps en temps, des vacances chez elle. Depuis toute petite, justement.

Chez elle je dormais à poil et le matin fallait me le redire plusieurs fois avant que je pense à m’habiller.

Tout à fait moi.

Ensuite, quand elle a vu mon corps bronzé sans aucune marque blanche… aïe, aïe, aïe. Maman a bobardé que ma peau avait bronzé sous le maillot, que c’était un tissu spécial venu des U.S.A.

Elle a pas avalé ça…

Oh, si ! Les grand-mères, pour leur faire croire un truc improbable, suffit de leur dire que ça vient des U.S.A. Ça marche à tous les coups.

Une autre fois…

Sandrine, c’est vrai qu’il y a des centres où on n’a pas le droit de s’asseoir sur les genoux de son copain ?

Non, ça c’est une légende.

Et où on n’a pas le droit de s’asseoir sans rien ?

Malheureusement oui, pour certains centres. Ils veulent qu’on s’asseye au moins sur une serviette ou un paréo. Du coup, ça incite à l’habillage, c’est idiot.

D’ailleurs l’idée, c’est quand même de sentir la peau contre la roche ou le sable, non ?

Oui. Tout le monde l’a pas compris apparemment. J’adore poser tout mon corps nu partout. Herbe, terre… c’est tout le plaisir.

Décidément on se ressemble ! Sinon, naturisme peut quand même créer des situations bizarres, non ? Je sais pas… si un adulte te frôle sans faire exprès et que son zizi frotte ton dos ?

C’est pour ça que les attitudes sont plus mesurées que dans le milieu textile. Habillés, on peut se permettre de se frôler, de faire moins attention. Nus, on devient plus pudiques dans les gestes.


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Coucher en toute amitié

Chloé et Clarisse, lors d’une conversation sensuelle avec leur cousine…

Qu’est-ce que tu penses de toutes ces filles qui sont de passage ? Questionnai-je, espérant orienter le sujet sur Fatou.

Pas évident de faire une synthèse, parce qu’il y’en a beaucoup qui passent. Nombre de ces nanas sont des hippies d’opérette. Elles se font passer pour des rebelles ayant quitté leurs parents pour vivre au jour le jour de bric et de broc, alors qu’elles sont filles de cadres et que les vieux financent tout. L’herbe, le van couleurs arc-en-ciel, l’essence, tout est payé par des salaires liés aux grands marchés.

On ouvrit des yeux ronds, ne la croyant qu’à moitié. Pourtant, Estelle avait raison. À l’époque, ce n’était pas encore bien connu. Encore quelques années et il n’y aurait plus aucun mystère, car les anciens hippies seraient devenus parlementaires européens ou sénateurs.

Les filles de passage ne sont pas toutes ainsi… D’ailleurs cet été on a plutôt eu un bon cru, précisa tout de même Estelle.

Y’a aussi des relations d’un soir ici, non ? Dit Clarisse.

Non, rarement d’un soir ! Ici on préfère le matin ou l’après-midi.

Rires. Estelle ne nous apprenait rien, là encore j’étais bien placée pour le savoir (dernier niveau de la grange !) et Clarisse de même.

Sérieusement, c’est le terme pour désigner ça, insista Clarisse.

Oh, ça arrive qu’il y en ait, oui.

Ça veut dire des histoires qui durent pas, c’est ça ?

Tout dépend de la façon dont on le vit. Ici surtout, bien des filles et des garçons ne considèrent pas spécialement être « avec » quelqu’un par exemple. Ils n’ont pas une « histoire », ils ne « sortent » pas avec untel ou unetelle.

Ils ont des amis, rien de plus, et si désir réciproque il y a, ils font l’amour avec l’un, l’une, l’autre. Ou plusieurs.

Il doit tout de même bien y avoir des romances ou des aventures sulfureuses…

Oui, bien sûr. Par contre, c’est souvent flou. Difficile à définir.

Qu’est-ce que tu veux dire ?

Il y a des relations d’un jour qui peuvent devenir des relations des mille et une nuits. Ou des histoires des mille et une nuits se terminant en un jour.

Amour du soir, espoir. Amour du matin, chagrin, improvisai-je, soudainement inspirée.

Voilà qui est très joliment dit, complimenta ma cousine.

Quand on se sent libre, c’est n’importe où n’importe quand ? Interrogea Clarisse.

Si le moment s’y prête. Quelle que soit l’heure, que ce soit dans un lit, sous la pluie ou au milieu d’un champ de pâquerettes, l’amour c’est comme une minute qui s’achève jamais. Il faudrait être fou pour ne pas vivre ça le plus souvent possible. Il est vrai que l’amour est comme la femme : volage. On peut être éperdument amoureuse sur le moment, ne plus l’être ensuite, l’être de nouveau un peu plus tard.

Parler de sujets si crus avec finesse et poésie, ce n’est qu’avec elle que ça pouvait se faire.


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En adoration devant la nudité

Sandrine explique à Chloé pourquoi elle adore le nudisme…

Les confidences de Sandrine nous ont comme rapprochées, et elle se sent de mieux en mieux avec moi. Elle m’a raconté tant d’histoires, je dois tout de même lui donner au moins un petit retour. Cet après-midi, nous prenons notre bain traditionnel de soleil, sur la plage. Ne sachant trop quoi avouer, je lui confie mon plaisir à me faire voir, même de loin, en tenue de peau. Même si ce n’est sans doute pas un scoop, elle paraît ravie de me l’entendre dire.

Ici ça s’impose plus ou moins, j’imagine… Une plage où on peut tricher un peu, ça donne envie de jouer avec ça. Je suis pas la dernière non plus. Est-ce que tu fais tout ça juste pour te faire voir ?

Je le fais d’abord pour moi.

Mon premier bonheur, c’est celui d’être caressée par le soleil. (Je crois voir Sandrine frémir à ces mots).

Au tout début, je me rendais même pas compte quand j’étais nue. Ensuite, je me suis mise à adorer ça, juste pour le bien-être. Maintenant, c’est un mélange entre confort personnel et plaisir d’être convoitée. Le truc c’est qu’ici il y a moins de concurrence que dans un centre nat’.

Qu’est-ce que tu veux dire ?

Je suis sûre que dans tes centres y’a un tas de jolies filles plus grandes que toi. Du coup y’a pas toujours des regards pour toi, et même certains garçons de ton âge matent que les plus grandes. Non ?

Bravo. C’est vrai que des fois je suis un peu jalouse.

Tu devrais pas ! T’es super jolie.

Arrête… (Elle rougit !)

C’est moi qui devrais l’être ! Regarde ici, ceux qui matent le font plus en direction de toi que de moi.

C’est pas vrai.

Ici on est les reines. Dans un centre nat’ on serait perdues au milieu de mille splendeurs.

Oh, y’a aussi un paquet de boudins !

Tu vas dans les grands centres. Sur le tas, y’a forcément une concurrence déloyale. Ici, on a notre cour de courtisans. Si deux superbes jeunes filles de vingt ans s’installaient dans la même tenue, tu verrais les têtes tourner !

Les hommes sont cruels… dès qu’ils trouvent mieux, ils t’oublient.

Cette discussion n’avait rien eu d’exceptionnel. Comparée aux autres, c’était à la limite de l’anodin. Pourtant, elle sembla marquer Sandrine. Peut-être parce que c’était la première vraie confidence intime que je lui faisais ? Les deux jours qui suivent, ma copine se montre de plus en plus tactile. Même ses petites provocations à la plage changent… je commence à comprendre qu’elle ne cherche pas tant à titiller la gent masculine que ma propre personne. Elle se met à vouloir des chatouilles, me tient parfois la main quand on marche dans la rue, veut qu’on s’échange nos fringues… ça ne me gêne pas. Mais où veut-elle en venir ?


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Un corps à faire rêver les garçons

Une jeune fille noire séjourne ici. Son corps excite déjà les garçons de la communauté…

Le « pire » (ou le mieux, c’est selon), c’est que Fatou ne cherchait nullement à être sexy, tout en l’étant en permanence malgré elle. Quelle que soit sa posture, Fatou était excitante. Debout, assise, allongée sur le ventre, sur le dos, à chaque heure de la journée, on aurait dit qu’elle prenait la pose afin d’attirer l’œil. Ce qui pourtant n’était pas le cas, tout du moins au début. Qu’elle soit sans rien, en robe, en paréo ou en t-shirt et jean, qu’elle lise un magazine ou mette la table, elle restait attirante.

Quant à sa peau, elle était d’une telle douceur que dès qu’elle était nue, les enfants de trois à douze ans se battaient presque pour l’enlacer. Je vis plusieurs copains se défaire de la petite étreinte et partir en se cachant l’entrejambe… Charlie, lui, se foutait éperdument de tout cela et observait ce petit manège en rigolant. Estelle aussi.

En fait, Fatou avait ce type de corps dont m’avait parlé ma cousine, autant taillé pour la baise que la maternité.

On pouvait voir en elle une maman comme une amante.

Malgré les principes d’amitié, certaines filles la regardèrent d’un sale œil. Ah, enfin une réaction propre à un monde « normal ». Enfin un signe me montrant que nous restions dans le monde réel, et non un jardin d’Éden. Et dans le même temps, la copine était si aimable et joyeuse qu’il était compliqué de vraiment médire d’elle, même pour ses concurrentes. Concurrentes ?

Le fait est que cette ambiance commençait, subrepticement, à la faire changer. « En mal » dirait un curé, « en bien » dirait toute personne censée. Peu à peu, Fatou se mettait à flirter. Non pas flirter au sens actuel du terme qui signifie se rouler des galoches. Je parle de ces petits jeux de regard, ces postures affriolantes (désormais volontaires), ces titillements, ces allusions.

Cela ne venait pas d’elle, plutôt de la totalité des garçons du groupe la draguant plus que copieusement. Seulement, elle commençait à avoir du répondant. Et ce répondant-là n’était pas pour les éconduire, bien au contraire. Le plus drôle, c’est que pour trouver des prétextes tactiles, les garçons faisaient tout comme les gamins de dix ou onze ans : ils chatouillaient, blaguaient ou proposaient des jeux. Je ne pense pas que la belle avait été d’emblée attirée par eux.

Je crois surtout qu’être autant convoitée, au centre de toutes les attentions, l’excitait.

Au fond, elle était davantage excitée par elle-même.

Qu’importe : l’essentiel est que cet élément primordial soit présent. Elle avait beau le cacher, c’était clair comme de l’eau de roche. La jeune fille était telle une petite enfant qui découvrait la vie : la sensation peau contre peau, la séduction, le plaisir de la nudité, le plaisir d’être observée…

Tout à fait moi à mon âge. Rien de tout cela n’était prévu : une sorte d’erreur de parcours, un dos d’âne sur un chemin lisse et emprunt de piété. À ce stade, ça allait encore… il n’y avait même pas de quoi aller à confesse. D’ailleurs, elle n’avait pas prévu d’aller plus loin. Ce fameux cul, elle avait la ferme intention de le garder sans le prêter à qui que ce soit, sauf pour le jour où elle trouverait un mari.

D’ailleurs, elle priait chaque soir et gardait toujours sa petite croix de baptême autour du cou, y compris lors des baignades. Les petits, et même certains de mon âge, lui demandaient qu’elle leur apprenne à prier. « Alors qu’avec moi ils n’ont jamais voulu ! » s’écria Estelle en les voyant. Ils étaient ainsi chaque soir, jusqu’à une petite dizaine, à prier ensemble, faisant râler quelques mamans anticléricales. Que voulez-vous, le rôle d’une évangéliste est d’évangéliser.

Le truc, c’est que les garçons l’évangélisèrent à leur façon avant qu’elle n’ait eu le temps de les évangéliser la première. Il aurait fallu d’un petit rien pour que tout se déroule normalement… et il suffit d’un petit rien pour que tout dérape.


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L’amant de la situation

Petit dialogue en mode post-coït…

Alors, ça t’a plu ?

C’était… efficace.

Efficace ? Toi quand tu fais l’amour, tu cherches… « l’efficacité » plutôt que le plaisir ?

Simple façon de parler. Pour tout te dire, tu es mon premier vrai homme.

Tu n’as pas eu beaucoup de relations, auparavant ?

Si, un certain nombre. J’ai commencé depuis un bon bout de temps. Justement, j’ai l’habitude de me faire tirer par des gamins. Parfois de quatorze ans, voire un an plus jeunes, presque jamais par des plus âgés que moi.

Merde… tu es mineure ?

Je fête mes seize ans la semaine prochaine. Rassure-toi ! J’ai la majorité sexuelle, aucun risque niveau juridique. D’autant que j’étais très, très consentante.

Les plus grands ne sont pas attirés par toi ? J’en suis vraiment étonné.

En toute modestie je crois que j’attire un peu tout le monde, de dix à quatre-vingt-dix ans. Par la force des choses, j’ai surtout l’occasion de fréquenter des treize-seize, que ce soit dans les soirées, au cours de théâtre ou en vacances. Logique… j’ai beau avoir des airs de jeune fille je n’en suis pas une, et les parents me surveillent de près.

Et la rue, les boites ?

Bien sûr, je pourrais me créer des occasions.

Que veux-tu, c’est surtout que je ne suis pas plus que ça attirée par les plus âgés.

Toi pourtant, je t’ai trouvé chouette. Puis je voulais enfin essayer.

Alors tu m’as choisi par rapport à mon âge ?

Oui. Entre trente et quarante avec une vraie allure de mâle, mature, costaud, viril. Pour la vigueur des coups et la taille du sexe évidemment je ne pouvais pas être certaine, j’ai fait confiance en mon intuition féminine. Elle ne m’a pas trompée.

J’ai cru que tu avais mal, à un moment donné. J’ai voulu arrêter…

Et je t’ai dit de continuer. Tu as été vif, et pourtant très gentleman ! J’ai un peu grimacé, c’est vrai. Je te dis, certains amants n’ont presque pas de poils et se dépucellent dans ma chatte. Forcément, ils sont faciles. Pas d’endurance, peu de forces, et puis leur sperme ne gicle pas : il n’y a ni quantité, ni qualité. Les queues se dressent au quart de tour en restant un peu mollassonnes, puis débandent tout aussi vite.

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Être une meilleure baiseuse grâce à la boxe…

Une jeune fille nous conte sa passion pour la baise, et sa façon de s’améliorer…

L’époque ayant suivi celle de ma conception n’a pas été bien meilleure. Ce fut celle de la malbouffe et du porno. Qui dit malbouffe dit manque d’endurance, de souplesse et de vigueur : tout ce qu’il faut pour renoncer à une sexualité un tant soit peu pimentée.

Qui dit porno dit tringlage à souhait en mode boum-boum j’y vais à fond, parce que « plus mes couilles tapent contre ta raie meilleur c’est ». Ô seigneur, que les temps sont tristes ! Et le pire, c’est que moi qui fais la fière et ma râleuse, je n’ai pas été, pendant bien longtemps, plus performante que la plupart des garçons ayant eu la chance ou le malheur de me sauter. Tout du moins, c’était le cas jusqu’à l’année dernière.

Depuis, je progresse. Peu à peu, pas à pas. J’ai encore tout à apprendre, mais j’évolue. Entre la boxe et la baise, c’est la loi du yin yang. L’un m’améliore pour l’autre, l’autre pour l’un.

M’accoutumer à la ligne haute me permet de mieux écarter les cuisses, donc d’adopter de nouvelles postures. Coucher dans ces postures renforce mes jambes donc renforce mes coups. Faire des coups plus forts me donne une plus belle endurance au plumard. Et ainsi de suite. Le rythme est venu tout seul, et impossible de ne pas rester motivée de cette manière.

THE astuce sublime et suprême d’auto-motivation que tout un chacun devrait connaître et utiliser, et dont je n’ose pourtant pas beaucoup me vanter. D’ailleurs, peu de copines et de petits copains sont au courant. Lydie, elle, a fini par l’apprendre et en a beaucoup ri, même si j’y ai vu davantage d’admiration que de moquerie. Si sportivement je ne suis pas à son niveau, sexuellement je l’impressionne. D’ailleurs, si elle continua à me conseiller pour la boxe, elle se mit également à me demander conseils pour le cul.

Quant à mon petit secret, elle plaisantait assez souvent sur le sujet.

« Essaye de pas confondre ! Si tu te mets à sucer le prochain contre qui tu fais du sparing ou à boxer ton petit copain sous la couette, tu vas te gâcher la vie ! »

« Tu t’améliores en ligne haute… ce soir tu vas pouvoir tester une nouvelle position ! »

« Arrête d’esquiver autant, apprends à encaisser plus… d’ailleurs ça te servira aussi pour cette nuit… ».

J’en passe et des meilleures, et quelques pires. Néanmoins, Lydie restait parfaitement digne de confiance. Jamais ma confidence ne fut divulguée à qui que ce soit, et toutes ces vannes furent discrètement chuchotées à l’abri des oreilles indiscrètes. Je ne regrettais pas de le lui avoir dit, notre complicité s’en était renforcée. J’ignore pourquoi, depuis elle me mettait un peu sur un piédestal. Elle semblait s’être mise en tête que j’avais la réponse à tous ses questionnements sexuels, et que je saurais la coacher pour décupler ses orgasmes. Au début, j’étais si flattée que je jouais le jeu, quitte à lui donner des réponses dont je n’étais pas certaine.

Et quelle était la meilleure technique pour pomper en retardant l’éjaculation, et par quelle astuce repérer le moment où il allait venir afin de prendre sur le visage ou dans le mouchoir, et comment se préparer pour une sodomie, et quelle était la meilleure posture pour participer au mouvement, et que sais-je encore. Bien sûr, toute jeune fille a plus ou moins son idée sur ces interrogations… sans avoir la réponse absolue pour autant.

J’ai fini par lui dire que si j’en savais peut-être un peu plus qu’elle, elle restait plus douée pour la boxe que moi pour la baise, et que mes talents restaient somme toute limités. Qu’elle me questionne pourquoi pas, qu’elle ne me voit pas non plus comme une référence.

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Accidents salvateurs

Retour d’un casting très singulier… et sexuel par défaut.

Alors ce casting ?

Je suis prise !

Dans quel sens ?

Quoi, tu n’as jamais vu de film pour grandes personnes ?

Bien sûr que si.

Alors, tu es déjà au courant : c’est dans absolument tous les sens.

Ça restera entre nous.

Bien sûr, bien sûr…

Je te jure !

Je te fais confiance, je sais que tu ne diras rien. Seulement, un métrage est fait pour être vu. Et de manière virale, car la baise fait le buzz. Mes séquences seront vues, et pas qu’un peu. Si je reste une illustre inconnue ma carrière sera de très courte durée. Si je trouve mes marques, je serais matée des millions de fois. Donc je me fais pas d’illusions : en principe, ça se saura tôt ou tard.

Tu ne le crains pas ?

Je m’y suis préparée…

— J’en reviens toujours pas que tu aies décidé de tourner du X.

Comment t’es venue l’envie ? Petite fille tes copines se voyaient en maîtresses d’école alors que toi tu t’imaginais attrapée en sandwich ?

Ha ha, Dieu merci non ! C’est une question de déclics. Le premier déclic, je l’ai eu à quinze ans. Ou plutôt, je dirais… j’ai eu ce qui devait enclencher ce déclic. Un accident qui aurait pu être fatal. J’avais les mains occupées par un tube de crème, et la brosse à dents en bouche. Oui, j’ai toujours eu la manie de faire plusieurs choses en même temps.

Autre qualité indispensable dans le milieu !

Certes. Bref, maman m’a dit je ne sais quoi depuis la cuisine, comme je ne l’entendais pas bien je me suis rapprochée… et vlan ! J’ai trébuché sur un jouet du petit frère. La brosse s’est enfoncée dans ma gorge, super profond. Je l’ai retirée, tout allait bien. Maman était paniquée, elle a appelé le Samu. Ils m’ont examinée… deux beaux jeunes hommes me faisant ouvrir bien grand pour regarder tout au fond, mmmm ! J’ai beaucoup aimé. Je sais, c’est idiot.

Et t’as compris que tu étais capable d’exécuter des gorges profondes.

Pas immédiatement. Je savais à peine ce qu’était une pipe, alors une gorge profonde j’en étais à des années-lumière. La seule fois où j’en avais entendu parler c’était dans un documentaire au sujet de Mark Felt, cet agent du F.B.I. qui se faisait appeler « Deep throat » lorsqu’il était informateur. Quelque temps plus tard, j’ai maté mes premiers pornos sur Internet, avec une copine.

J’ai tout appris en une après-midi : le cunni, le gang-bang, la partouze, le fist, le gode…

c’était un tout nouvel univers qui s’ouvrait.

Et toute une nouvelle panoplie de possibilités aussi.

Encore que je ne les ai pas toutes adoptées, loin de là. Le fist par exemple, non merci…

Qu’est-ce que tu as pensé de toutes ces vidéos ?

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Deux petites voyeuses excitées et cachées dans la grange

LA planque a été trouvée pour mater les adolescents s’adonnant aux joies du sexe…

Cette fois, plus la peine de courir aux quatre coins de la communauté : le lieu de rendez-vous était redevenu unique. En plus, la première fille que l’on aperçut fut notre Estelle. Je compris où elle se rendait rien qu’à son pas… Ce je-ne-sais-quoi de léger, de plus guilleret que d’habitude.

Lorsqu’elle s’installa sur la paille, Clarisse et moi étions déjà confortablement installées. Sébastien la rejoignit quelques instants plus tard, garçon d’un an ou deux son aîné, qui vivait là presque à l’année. Elle l’accueillit par un petit rire de joie, ils se chuchotèrent quelques mots doux à l’oreille. Ce petit rien suffit à les exciter. Ils firent l’amour tout simplement, se câlinant longuement, se caressant les cheveux, s’embrassant.

Estelle était clairement dans sa saison des amourettes. On la revit plusieurs fois, et pas toujours avec le même. À travers le bois vermoulu, on percevait des morceaux de la scène, on devinait, on recollait les pièces du puzzle. C’était le charme.

Estelle nous montra, à notre grand surprise, qu’une fille pouvait aussi prendre magnifiquement les affaires en main en montant sur le garçon. Je comprenais enfin les dires de papa maugréant qu’elle « chevauchait » des mecs à longueur de temps. J’avais pris ça pour une métaphore.

Pour notre bonheur, Estelle fut la fille qui revint le plus souvent. Elle dut avoir trois partenaires différents, quatre peut-être.

Elle fit partie des rares filles à faire des choses avec la bouche, ce qui en faisait une amante fort recherchée, je suppose.

Oui, malgré les mœurs libérées de l’époque, cette pratique n’était pas du tout une institution comme aujourd’hui. Devant tout cela au final, (tu t’en seras douté) Clarisse et moi étions aussi humides l’une que l’autre. Dans les moments intenses, on respirait presque aussi fort qu’eux et Clarisse me prenait la main, allant jusqu’à y planter ses ongles et à me faire mal.

On finit par ôter nos fringues et nous caresser au rythme du couple, nous imaginant dans le corps de la belle. Après tout, nous n’en étions plus à ça près… Je dirais même qu’on aurait dû commencer par là. Quant à Estelle, ce que nous préférions d’elle était ce visage angélique pendant qu’on la pénétrait. Toujours égale à elle-même en toute situation, même la fois où un garçon voulut l’attraper à quatre pattes. Ce jour-là, je me demandai bien comment une fille en pareille position pouvait garder toute sa grâce.

Avec elle les actes les plus « hards » devenaient poétiques.

Même le drap était trop terre à terre pour elle. Généralement, elle l’envoyait valser et préférait se rouler dans la paille avec son prince chanceux. C’était drôle, ils passaient ensuite autant de temps à s’enlever les brins de paille du corps pour ne rien laisser paraître.

Si Estelle n’avait pas été là, j’aurais été convaincue des années durant, que le sexe cru était sale et avilissant… avec en tête l’image de Tom mettant Stéphanie à genoux devant lui, celle de Fatou se faisant démonter dans tous les sens. Car, bien que cette dernière avait un petit côté Estelle, elle s’était tout de même donnée un sacré rôle de petite chienne. Ouf ! Une partie de notre innocence était retrouvée.


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Une cousine qui aime le sexe

En matière de secrets érotiques, Chloé est une intuitive…

Il est clair que depuis cette année, il est devenu flagrant qu’Estelle couche. Encore un terme que j’ai dû apprendre, il y a peu je le confondais avec « se coucher », ce qui donna lieu à quelques gaffes dans la cour de récré. Je pensais jusqu’alors qu’on entendait par là qu’avec un petit copain il était agréable de se coucher près de lui et de dormir.

Apprenant la vérité, je saisis que ce retrait de deux lettres change tout. J’imagine alors que coucher revient à faire l’amour toute la nuit, de onze heures du soir à six heures du matin. L’idée est un peu terrifiante, quoique belle, évidemment elle est surtout fausse. Je regrette que tout soit aussi sexuel dans l’existence.

Dormir simplement auprès de son bien aimé, on ne pourrait donc pas ? Plus grande, cela m’arrivera pourtant souvent. Pouvoir fréquenter quelqu’un en se passant de sexe est un rêve d’enfance que je réaliserai. Même s’il est vrai que je rencontrerai bien des difficultés à faire accepter cela au petit ami ou à l’amant, surtout d’un soir.

Bref, Estelle couche et je le sais. Non pas que ma cousine cherche à le faire savoir. Au contraire, quoiqu’on pourrait supposer que la jeune fille a toujours été discrète, et pas du tout frimeuse ni exubérante : c’est juste qu’elle ne m’a jamais refusé le moindre sujet de conversation. Je l’ai deviné autrement… un petit rien qui a changé en elle, dans sa voix, ses yeux. Ses gestes semblent plus sûrs, elle paraît mieux dans son corps, et plus jolie que jamais.

Le sexe semble lui réussir.

J’interroge un peu l’intéressée… Toute une nuit, c’est vraiment possible ? Elle me révèle alors qu’il est rare de rencontrer un garçon capable de vous faire ça plus d’une demi-heure durant. Et tout compris, du bisou déclencheur au retrait. Une nuit s’étalant sur au moins sept heures, j’en présume que même quand on couche, on passe bien plus de temps à se coucher qu’à coucher.

Je n’étais pas tant que cela dans l’erreur. J’ignore combien de garçons Estelle fréquente exactement, et me demande si Marthe a toujours une bonne influence sur elle. Mon intuition me dit qu’Estelle ne serait peut-être pas si volage si sa mère ne l’avait été elle-même depuis bien des années. Je me gronde : là, je raisonne comme maman.


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Utopie et libération des moeurs

Chloé dialogue avec tata sur la communauté autogérée fréquentée cet été…

Au-delà, on tenait à transmettre des valeurs à nos enfants. Leur enseigner le respect, l’amour de la nature, le goût du travail, la solidarité… tout ça, on n’y parvient pas sans autorité. Il a donc fallu sévir un minimum.

Vous avez bien fait de nous encadrer. Autrement y’a même des grands qui pourraient s’en prendre aux enfants, je le sais.

Il est bon d’en avoir conscience. Et les enfants peuvent aussi se faire du mal entre eux.

Moi, ce que j’aime surtout aux Trois Chèvres, c’est qu’on peut avoir autant de mamans et de papas qu’on veut.

C’est vrai qu’ici, la plupart des adultes participent à l’éducation des enfants d’une façon ou d’une autre, que ce soit les leurs ou non. On a conservé des traces de matriarcat.

Est-ce que tu crois qu’on pourra toujours résister au monde moderne ?

C’est nous le monde moderne. Le monde nouveau, le monde de demain. L’ancien monde, c’est eux ! La société du nouveau et du soi-disant progrès, la société de l’électronique et de l’industriel. Tu verras, ça fera son temps et ça s’effondrera. En attendant, c’est pour ça que notre structure est si fragile.

Fragile ? Je la trouve solide.

Ce n’est qu’une apparence.

On fit silence quelques instants. Le tissage était bientôt achevé.

Et le sexe ? Osai-je enfin dire.

Quoi le sexe ? Répondit-elle en riant.

Dans tous les petits groupes babas par lesquels tu es passée, tu as dû en voir des vertes et des pas mûres, non ? Vous avez pas mal de périodes des amours, à ce qu’on dit.

Des périodes des amours plus anarchiques que celles des animaux. L’horloge biologique n’est pas la seule actrice. Il y a aussi le climat qui se crée entre nous, la température, une magie qui se développe. Ça peut partir d’un rien, d’un sourire, d’un regard. Alors dans le groupe, l’amour se vit avec un grand A. On fait l’amour. Pour un oui ou pour un non, ou sans un mot. Une belle peut aimer un laid, une fine, un gros, ou vice versa.

Il n’y a plus de jeu de séduction comme on l’entend couramment.

Il suffit qu’on ressente une envie, une tendresse chez l’autre, pour fondre et se donner à lui. Seule compte la complicité. Plus besoin de draguer, de se parer d’artifices. J’ai fait, et vu des choses incroyables. Comme ce gros maladroit de cent kilos, certainement rejeté dans la vraie vie, et qui a passé des nuits entières à coucher avec deux superbes créatures d’un vingtaine d’années. Avec de petites doses d’amour comme celles-là, il n’y aurait plus de prostitution. Peut-être bien même, plus de viol ni de meurtres.

C’est drôle, ses mots ressemblaient à ceux de Sandrine. Cette dernière avait compris beaucoup, beaucoup plus que je ne l’aurais cru. Je trouvais Marthe trop modeste. Non, pas d’erreur, elle était bien dans le vrai, à cent pour cent. Il me faudrait encore quelques années pour comprendre qu’effectivement il n’y a aucune vérité absolue.

C’est vraiment à contre-courant du monde extérieur, tata, ce qu’il se passe dans toutes ces petites communautés…

Est-ce que ça te choque ?

Au contraire, c’est beau. Tu as raison et j’y crois à fond. Tu es dans le vrai.

Personne n’est dans le vrai, ma petite Chloé. Nous sommes tous dans l’erreur, car trop imparfaits pour respirer la vérité. C’est juste qu’il y a des traces de vrai dans ce que je dis, et c’est déjà beaucoup.


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Epilogue d’expérience intime entre filles

Chloé et Sandrine ont vécu leur premier câlin intime : entre elles.

Dès le lendemain matin, Sandrine et moi étions de nouveau réunies. Bien sûr, nous aurions pu faire comme si rien ne s’était passé. C’est courant dans ces cas-là, paraît-il. Si l’on n’en fit pas un débat, on ne fit pas non plus silence sur le sujet. En se baladant près de la plage, on en discuta.

Tu sais Chloé, maman elle nous en aurait pas voulu si elle nous avait vus.

Pourquoi toutes les mères du monde sont plus cool que la mienne ?

Elle sait qu’on est à l’âge des expériences. D’ailleurs quand elle m’a trouvée à poil avec les deux cousins, ça n’a pas été une catastrophe. Tu sais, j’aime les garçons. Les filles, c’est pas pareil.

C’est… comme tu dis, juste une expérience. Moi aussi j’aime les garçons.

Je t’aime beaucoup Chloé sans ça, j’aurais jamais rien ressenti, et j’aurais jamais eu cette pulsion.

Combien de temps elle met ta mère, pour faire des crêpes ?

Hein ?

J’ai l’impression que toutes les deux, ça a duré une éternité. Alors que quand on… s’est rapprochées, elle avait déjà dû les commencer, les crêpes.

J’imagine que ça a été plus court qu’on l’a cru.

Vingt minutes, grand maximum.

Oh, non. Moins.

Dix minutes ?

Peut-être bien. Ou moins encore.

Pas moins, impossible. Quinze, même, je dirais.

Je n’en sais rien. Peu importe.

T’as raison, peu importe. C’était l’éternité. Comme un moment de prière. Ça dure une seconde ou un siècle, ça revient au même, car le temps s’arrête.

Oui, enfin, on a l’impression qu’il s’arrête.

Peut-être qu’il s’arrête réellement. Scientifiquement, ça s’explique. Un truc métaphysique, ou quantique.

Je comprends rien à ces termes.

La conversation en resta là. La suite de mes réflexions, je la gardai pour moi. Qu’en conclure ? Qu’on avait le droit à des expériences entre filles, tout en aimant les garçons. Qu’il est compliqué d’être concentré sur le plaisir de l’autre, en s’occupant de soi-même. Qu’une expérience avec son prochain valait cent expériences avec soi-même. Quoi d’autre… Ah oui, et aussi qu’il n’y en avait eu que pour elle. Si notre ultime câlin était donnant-donnant, tout le reste avait été à sens unique. Ce n’est pas grave, et je ne vois pas Sandrine comme une égoïste. Malgré tout, ça me frustrait un peu.


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Accepter le plaisir et le désir, quel qu’il soit…

Même si elles doivent vivre du sexe sous contrainte, Anastasia tient à ce que sa petite soeur se laisse aller. Le plaisir est la seule issue pour s’extirper de cette situation…

Chaque réaction de Vera fut observée, décortiquée. Sa façon de souffler, de gémir. Les soubresauts agitant son corps. Sa façon de basculer la tête en arrière, de plisser les yeux, d’ouvrir la bouche plus grand. Le garçon ne tarda pas à déterminer que ma petite sœur était particulièrement sensible lorsque…

Le sexe restait bien au fond et que son bassin remuait de gauche à droite…

Ses seins étaient empoignés à pleines mains, en toute délicatesse…

ses tétons étaient titillés du bout des majeurs, et du bout de la langue…

son clitoris était caressé en même temps que son vagin pénétré…

la pénétration se donnait par petits coups rapides sur la longueur du gland…

Le pénis ressortait lentement, entièrement, pour rentrer au même rythme…

Son visage était léché…

Et quantité d’autres petits détails mettant ma sœur sens dessus dessous. Nicolas était en train de décoder littéralement ma sœur. On aurait dit qu’en un clin d’œil, il était passé de gamin à mature. Tout du moins, une maturité sexuelle. Autre détail qui me surprit beaucoup : il ne faiblissait pas.

Sa verge restait longue, droite, dressée, fière et dure comme du roc. Aucun état de semi-érection, pas la moindre mollesse en cette tige gluante. Le garçon cherchait à en profiter à fond, au maximum, quand bien même s’épuisait-il et mettrait-il des jours à s’en remettre physiquement. Et pour lui donner tous ces plaisirs avec la bouche et les mains, il se contorsionnait à s’en fracasser le dos. Pourquoi se serait-il privé… il était conscient que c’était sans doute l’unique fois de sa vie où il pourrait être le maître absolu d’une fille. Même une prostituée rémunérée à prix d’or a ses conditions.

On s’en doutera, l’effet fut au rendez-vous, Vera lâcha différents sons, et notamment une série de « Han ! Han ! Han ! Han! » lorsqu’il y allait par petits coups rapides. Profitant du fait qu’elle ne retenait plus rien en elle, il se mit à revenir en prenant tout son temps, faisant de petites pauses. Le pénis s’enfonçait lentement, jusqu’au bout, Vera poussait une sorte de longue plainte sur toute la durée. Il prenait cinq secondes pour s’enfoncer entièrement en elle, la plainte féminine durait cinq secondes. Il en prenait vingt, cela durait vingt.


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Profession libertine

La baise peut-elle aider à monter en grade ?

On me prend toujours pour une catin quand je dis que j’ai couché pour réussir…

Peut-être que tu ne devrais pas le dire.

Pas mon genre. Je n’ai rien à cacher.

Tu devrais surtout expliquer ce que tu entends exactement par là. Expliquer que c’est sans rapport avec ce qu’on imagine… les gens peuvent pas deviner.

C’est ce que je fais, qu’est-ce que tu crois ! Seulement, on est dans une société où on te juge à la première phrase, si ce n’est au premier mot, sans prendre le temps d’écouter la suite.

Dès que la phrase est prononcée on ne te laisse pas continuer ?

Des fois oui, des fois non. Ce qui ne change rien : même si on me laisse poursuivre, la personne ne parvient plus à écouter. Elle n’a plus qu’en tête « coucher pour réussir, coucher pour réussir ». Comme si ces mots hypnotisaient.

On croit que tu t’es faite tirer par des patrons et gens d’influence pour être promue !

Alors que ce n’est pas ça du tout… mais vraiment pas. Ce que je veux dire, c’est que le sexe m’apporte tant de bien-être qu’au lendemain d’un très, très bon coup et d’un orgasme fabuleux, je suis dans la disposition idéale pour prendre les bonnes décisions, bien travailler et créer des merveilles.

Dis de cette façon je comprends parfaitement.

Toi ce n’est pas pareil, on se connaît.

Tu devrais ajouter que c’est donc bien ton talent qui t’a permis de te hisser.

Bien sûr ! Mon talent lié au sexe. C’est à partir de là que les gens ne comprennent plus.

Avoir de beaux orgasmes est aussi un talent.

Un talent partagé alors, rien ne se fait sans la complicité et le tact de l’homme.

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Nudité et méprise involontaire

Deux filles nues sur une plage de vacanciers nus…

Je vais te faire une confidence. Quand on s’est lancé le défi de se faire une semaine en camp naturiste entre copines, j’ai eu peur qu’on nous mate à longueur de temps et qu’on croise des lourdingues. Et quand j’ai vu à quel point on était anonymes dans la masse, j’ai presque regretté que ce soit pas le cas. Peut-être que je suis jamais contente…

C’est pas moi qui vais te juger ! Ça m’a fait le même effet.

Tu me rassures ! On aurait pas dû choisir le plus grand terrain d’Europe. Trop de monde… trop de concurrence aussi. On n’est pas les seules jolies filles, loin de là. D’ailleurs, encore maintenant on est là à marcher le long de la plage et toujours cette affreuse sensation d’être invisible. Bon, c’est pas non plus qu’on se soit pas du tout fait draguer.

Mais très peu matées. Remarque, je pense que ça se fait surtout plus discrètement qu’ailleurs.

Peu importe puisque ça ne se voit pas ! Qu’est-ce qu’on pourrait faire pour se faire au moins un tout petit peu plus remarquer ? Parce que je viens de me rendre compte… en fait, j’ai besoin d’une dose quotidienne. Un minimum, quoi.

On va tenter quelques trucs. D’abord, on se met un peu plus les pieds dans l’eau. Par là.

Putain, c’est froid !

Tant mieux, ça te fait une petite chair de poule à ravir. Grâce à la mer on traîne les pieds, on avance de façon plus langoureuse…

Ah oui, pas mal. Bien trouvé. Qu’est-ce qu’on pourrait faire d’autre… Oh je sais, si on se tenait par la main ? Donne-moi ta main.

Bonne idée. Eh, mais c’est que ça marche nos petites astuces ! Je vois déjà des têtes se tourner.

Faut qu’on marche encore plus lentement, en prenant bien notre temps. Et aussi, pas si loin ! Laissons nos pieds traîner dans l’eau tout près du bord, qu’on soit juste à quelques mètres des vacanciers.

Regarde, fais comme moi… remue un peu du popotin, ça fera encore meilleur effet.

Pas autant ! De façon plus subtile. Comme si un mec t’excitait au point que tu parvenais pas à t’empêcher de le bouger doucement, comme quand on danse un slow. Tu as vu ? Tout le monde nous regarde, maintenant. Quel pied.

Au top. Attends, mieux encore : cambre-toi bien. Poitrine bien en avant, voilà, et je fais pareil. Ça commence à me plaire, regarde je crois bien que mes seins grossissent… là, les mecs vont carrément péter les plombs ! Écoute, on entend même des compliments et des sifflets. Ha ha, faut pas non plus qu’on en fasse trop, il paraît que dans ces espaces la sécurité veille à ce qu’il y ait pas de comportement indécents : là, on est limite-limite.

Heu… Sidonie ?

Quoi !? T’as l’air effrayé tout d’un coup.

Demi-tour. Vite. Et au pas de course. Je viens de comprendre. On est sorti de la plage naturiste depuis au moins deux-cents mètres et on est en plein dans la zone maillots, c’est pour ça que tout le monde nous regarde. Encore cent mètres de plus c’est soit le viol soit le poste.

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Piège féminin, cible masculine

L’héroïne a mis en place son « piège » bienveillant. Le copain est là, ils sont seuls et la température grimpe…

Maman s’en était allée depuis une bonne heure. Papa à peine dix minutes, et en principe Léa s’imposait une marge de sécurité d’une demi-heure entre une sortie parentale et le top départ d’éventuelles festivités… au cas où papa aurait oublié ses clés, quelque dossier, ou aurait un problème avec la voiture. Pour le moment, aucun rapprochement n’avait encore eu lieu. Elle aurait pu débuter par un petit rien. Poser sa tête contre son épaule, l’embrasser… Quelques petits bisous et câlins, en principe, c’est sans conséquence.

Ce jour-ci, ça ne l’était pas. Léa était déjà toute en émoi rien qu’à voir ce beau jeune homme si près d’elle en cet espace intime et clos, d’autant plus qu’elle pressentait désormais une envie très réciproque. En ces cas-là, c’est comme lorsqu’on met un doigt dans un engrenage et que la main puis tout le corps y est entraîné : le moindre baiser, même du bout des lèvres, la plongerait dans un état fou, de cet état où l’on ne peut s’empêcher de passer directement à la suite, sans attendre la balade au soleil couchant ou les premiers rendez-vous, et encore moins les trente minutes fatidiques.

Elle le voyait comme s’il était déjà nu, comme si elle était déjà dans ses bras.

Pareilles images lui venaient-elles à lui également ?

Attendre… il fallait attendre. Laisser la marge de sécurité s’écouler tranquillement. Léa faisait tout pour se calmer et évacuer. Il lui fallait piéger son cerveau, lui faire croire que tout était normal. Réfléchir en quoi le théorème de Ferma pourrait résoudre leur exercice, s’adresser à Thibaud sur un ton distant, le regarder le moins possible, mettre de la musique pour parasiter quelque peu sa voix de velours (radio classique diffusait justement de la musique barbante à souhait), bref, instaurer une atmosphère anti-érotique.

Ou à minima, un tout petit peu moins excitante. La magicienne était en train d’apprendre qu’il était plus évident de piéger un spectateur que sa propre attention. Car malgré tous ces « patchs », rien ne freinait la température qui ne cessait de gagner en intensité.

Agitée, l’adolescente était nerveuse et son comportement devenait étrange, ne tenant en place, son corps remuant malgré elle, reproduisant imperceptiblement un mouvement de coït, ses deux fesses ne parvenant à rester collées sur la chaise plus d’une poignée de secondes. Rien d’étonnant à cela aurait-on dit, car c’était véritablement ce qui s’appelait « avoir le feu au cul ». Et c’était vraiment l’impression de Léa, presque davantage au sens propre qu’au figuré : elle ressentait comme une chaleur émanant du siège, qui la brûlait et l’empêchait de rester statique.


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Couple éphémère pour sexe sans tabou…

Notre belle Charlie avait jeté son dévolu sur François, jeune homme qui l’excite énormément. A présent, les choses sérieuses ont commencé…

Ce fut comme un combat loyal et équitable, sans gagnant ni perdant, ou bien où tout le monde sortirait gagnant. Tout d’abord, ce fut lui qui me domina. Là encore sa bouche goulue me dévora toute crue, cette fois de la tête aux pieds et sur mon corps entièrement nu qu’il tourna, retourna et retourna encore à sa guise avec une facilité déconcertante.

Je ne le savais pas du tout si costaud. À chaque instant je pensais qu’il voulait juste me mettre en position pour me pénétrer d’un coup et avidement, et fus enchantée de constater que ses indécents préliminaires se poursuivaient. Et pour être indécents ils l’étaient, car François, voyant que j’aimais absolument TOUT ce qu’il me faisait, ne se donna aucune limite et me fit tressaillir à répétition.

Sa langue s’enfourna dans mes oreilles aussi loin qu’il le put, il m’aspira les seins si forts que je me demandai s’il n’allait pas les avaler, et ma mouille dégoulinante ne lui fit même pas renoncer à enfoncer ce même membre dans mon vagin, avant d’en badigeonner les lèvres supérieurs et le clitoris.

Mordillant mes fesses et passant cette même langue dans ma raie, il manqua de justesse d’aller jusqu’à cet acte si rare et pourtant si délicieux que l’on nomme anulingus.

J’avais rarement été si bien récompensée d’avoir pompé, quoique dans son esprit ce n’était sans doute pas une récompense : il avait envie de moi, tout simplement. Vraiment envie, pas juste le souhait de me fourrer, envie de tout mon être, envie de chaque centimètre carré de ma peau.

Puis, on se donna tant chacun qu’on ne pourrait plus dire lequel des deux eut l’ascendant. Nus l’un contre l’autre, l’un sur l’autre, l’un dans l’autre au beau milieu de la pièce, ce fut un festival de doigts, de mains, de langues. Mon majeur dans son anus, le sien dans le mien, ma main le masturbant, mes lèvres lui suçant les doigts de pieds…

Un instant au nord, l’instant d’après au sud, sans même savoir si je m’y étais mise moi-même ou si c’était lui qui m’avait manipulée. Tantôt l’un face à l’autre, tantôt mon nez dans son derrière ou ma tête entre ses pieds, on aurait dit une partouze géante en duo.

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Baiseuse 100 % naturelle

Chloé, désormais grande, a ses exigences sexuelles…

Moi je ne veux rien, rien sur moi. Pas même de bijoux ou de barrette dans les cheveux. Ni de maquillage, de chouchou, de boucle d’oreille, de vernis. L’homme, lui, adore que le nu s’alterne avec le vêtu, comme par exemple la belle s’entourant d’un paréo pour aller faire le café au lendemain d’une nuit de fougue.

Pouvant rester dans la tenue de baise même pour faire la cuisine ou déjeuner (toutefois, plutôt après l’amour qu’avant), je décontenance fréquemment. Je ne veux rien sur moi non, même pas de sueur ou de poussière, c’est pourquoi je prends presque toujours ma douche avant de passer à l’horizontal.

Lorsque de retour de soirée au bras d’un homme je file à la salle de bain au lieu de rouler tout de suite avec lui sur le tapis, forcément, ça surprend. Surtout que parfois, je demande qu’il y passe aussi. Rarement cependant, ça briserait le charme. Les plus dominateurs se laissent mater, ça leur fait du bien : avec moi c’est ainsi, pour me dominer à sa guise il faut généralement se soumettre au préalable.

Et si vraiment on meurt d’envie l’un de l’autre, qu’il aille au moins se savonner l’indispensable organe au lavabo, bien que la demande persuade le monsieur d’une mise en bouche imminente, alors que ce n’est pas toujours le cas. Le mieux est d’être à mon appartement : mon savon spécial PH neutre nettoie sans dénaturer l’odeur de fauve du pénis, ce qui me donne déjà davantage envie : un sexe à la vanille, même bio, est un tue l’amour.

S’il le faut je le savonne moi-même, ô gentleman tend-moi ton membre fatigué, mes doigts de fée vont t’en sculpter un tout neuf. C’est pour cela qu’il est bien plus pratique de batifoler avant la soirée qu’après, comme Estelle tenta de me l’expliquer un jour. Ce n’est pas faux et il m’arrive d’organiser les évènements ainsi, même si certains garçons ne sont plus des masses intéressés par la soirée après coup.

Ma foi, on ne tombe pas toujours sur des gentlemans. Ceci dit, j’ai fini par apprécier le fait de s’attraper comme des bêtes avec les vêtements collés par la transpiration. Que veux-tu, même parmi les libertines je saurai plus tard me distinguer.


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Pseudo beau-père au charme ensorceleur

Chloé s’est prise d’une chaude passion pour le petit copain de maman…

Les week-ends, je restais collée à Carl presque exagérément. Mes copines ne tenaient plus la main de leurs parents, moi je tenais celle de Carl. Câlin le soir pour que je dorme bien, une histoire avant, des bisous le matin. Plus quelques câlins hold-up, happés de-ci de-là. Par exemple, Carl lisait son journal assis sur le canapé, j’arrivais sur la pointe des pieds et sautais sur ses genoux. Jamais il ne me demanda de partir. À chaque fois il posa son journal et me câlina. Si !

Cet homme était béni des dieux. Je n’osai aller jusqu’à lui demander de me doucher ou de me mettre en pyjama. La tentation était bien présente… si je poussais le bouchon trop loin, le poisson pourrait s’éloigner de l’hameçon. Mieux vaut un Carl mesuré qu’un Carl braqué. Une seule et unique fois, dans un bain moussant, je pris le risque de lui demander de me laver les cheveux, ce qu’il accepta, sans doute parce que la mousse ne laissait rien voir.

Mes petits coups de provoc consistant à passer devant lui court vêtue (lorsque son fils était absent), le laissaient impassible.

De toute manière, maman me fit rapidement comprendre, par ses regards dont elle avait le secret, que ce n’était pas la fille qui avait priorité sur le beau mâle… Chasse gardée ! La fille en question dut se résoudre à freiner quelque peu. En plus, Carl semblait s’en inquiéter et s’était mis à lire des articles sur la « rupture de l’Œdipe » et les « sentiments ambigus de la préadolescence ». Décidément, je devais me calmer au plus vite.

Maman ne pouvait pas non plus tout m’interdire. Après tout c’était elle qui l’avait amené et qui avait exigé un accueil honorable. Je ne faisais que remplir mon devoir d’hôte. Elle se doutait que je faisais mine d’avoir trouvé un nouveau père pour faire ma tactile. Je parvenais bien moins qu’avant à tromper mon monde avec mes airs de petite fille insouciante.

Malgré ma prudence, il me fallait ma dose. J’étais une droguée de Carl. Il y avait en lui un je-ne-sais-quoi de magnétique, le moindre contact me transportait. Et puis il me faisait rire. Les filles dans mon genre craquent encore plus pour celui qui les fait rire. Faut dire, j’avais le rire facile… c’était peut-être davantage moi qui étais bon public que Carl qui était doué pour les traits d’esprit.

Je le magnifiais, donc je ne le voyais pas tel qu’il était réellement. L’homme se montra totalement digne de confiance : pas une fois il ne répondit à mes avances à peine voilées, ni de près, ni de loin. Ce fut à mon grand dam. Quelle sotte j’étais ! S’il avait donné un retour, j’en aurais été traumatisée. Bien plus tard, je saisis qu’une réponse de sa part aurait fait de lui un prédateur.

J’aurais dû me réjouir qu’il n’en ait pas le profil.

Car malgré les apparences, je n’étais pas du tout prête à entrer dans une relation moi Lolita, toi Humbert.

À l’enfance, les filles sont ainsi. Elles rêvent que le prince charmant les enlève, ou que l’ogre les dévore, mais pour peu que ça arrive vraiment, elles en sont terrorisées. De toute façon, je n’avais aucunement besoin de cela pour vivre des expériences sensuelles à ses côtés. Il me suffisait d’un rien… lui tenir la main dans la rue, en jupe, un petit coup de vent passant entre mes jambes et j’en ressentais de ces frissons !

Ou encore un petit câlin du soir sur ses genoux, revêtue d’une simple nuisette et m’arrangeant pour que le doux tissu remonte innocemment le plus possible vers le haut de mes cuisses. Ou lui murmurer une phrase anodine au creux de l’oreille. Ou faire semblant de me bagarrer avec lui.

Ou lui demander quelques chatouilles. Toute une tripotée de petites astuces qui me mettaient immanquablement dans tous mes états, mélange de candeur et de dépravation si cher à mon enfance. Bien des histoires futures s’orchestreront autour de ces anecdotes de mon jeune âge… En ces temps s’est développée ma sensibilité à fleur de peau. Si belle, si pure que je ferai tout pour la conserver. Une fois grande, j’y parviendrai en grande partie.


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Cris, gémissements, châtiment

Les garçons adorent les amantes donnant de la voix…

Le must du must pour moi, c’est quand la fille crie. Pas quand elle gémit, plutôt quand elle donne de la voix à en faire trembler les murs. Quel pied ! Quitte à ce qu’on l’entende.

Tu crois pas qu’il y a beaucoup de simulatrices ?

On le dit. J’ai dans l’idée que les filles que je fréquente n’en sont pas. Maintenant, les mecs qui fréquentent des simulatrices le prétendraient tout autant. J’espère être assez bon amant pour les faire crier pour de vrai !

Crier, pourquoi pas. Ça peut aussi jouer de bien mauvais tours.

Raconte.

C’était ma première année en tant qu’étudiant. Une petite piaule rien que pour moi, t’imagines ? Minuscule et mal éclairée, mais je m’en foutais bien. Dès le premier jour je me suis mis en quête d’une fille à ramener.

Et tu en as ramenées ?

Mes débuts ont été très maladroits. Je pensais que c’était qu’une question de jours, en fait il m’a fallu presque deux mois de sorties. Au moins, mes initiatives ont fini par payer : ma première vraie copine était accro, et ne disait jamais non. Je voulais la baiser chaque jour à telle heure qu’elle venait toquer chaque jour à l’heure indiquée.

Des filles comme on aimerait en rencontrer plus !

Pas sûr ! Attends la suite. Cette nana était une crieuse. Une vraie. Au début je la pensais un peu exhibitionniste, en fait non. C’est tout juste si elle se rendait compte de son barouf : elle était dans son monde, très spontanée. Je m’étais aussi trompé sur un second point : je pensais qu’elle avait déjà de nombreux amants au compteur, en fait elle avait démarré sa vie sexuelle il y a très peu. D’après ses dires, il n’y en eut qu’un seul avant moi, et je pense vraiment qu’elle a dit vrai. C’est ce qui a faussé nos jugements.

VOS jugements ?

Oui, le mien comme le sien. Elle a cru que j’étais un amant prodigieux, et j’ai cru que j’étais… un amant prodigieux. Et c’est pas le pire ! Car les murs étaient fins. Chaque soir, plusieurs étudiantes, seules dans leur plumard, l’entendaient. Et ses cris étaient vraiment excitants. Plus d’une qui s’est caressée en l’écoutant, et qui a fantasmé sur nous. Du coup, plusieurs se sont mises à fantasmer sur… moi.

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Quand un obsédé croise une princesse libérée…

Chloé nous conte un souvenir sexuel de son adolescence…

De toute façon, j’avais dans l’idée que les garçons se laissant engloutir par leurs pulsions n’arrivent jamais à rien. Enfin, jamais à rien d’intéressant du moins. J’en connaîtrai un vers mes dix-huit ou dix-neuf ans, un peu dans le même style. Celui-là, je lui céderai. Un peu car je tenais à lui et ne voulais pas qu’il parte, un peu aussi par curiosité pour voir jusqu’où il irait. On peut dire que j’en ai fait des études sociologiques de terrain.

J’ignore si ce mâle était fou de moi, en tout cas il l’était de mon corps, et je lui ai fait comprendre que, d’accord, il pouvait tant qu’il le désirait. On est restés ensemble quelques semaines, chaque soir et chaque matin il y revenait. Tantôt à midi, tantôt plusieurs fois par nuit. C’était sauvage et passionné, quoi qu’un peu à sens unique car il ne se souciait qu’à moitié de mes ressentis, tant que j’étais consentante l’affaire lui convenait. Il s’épuisait plus que de raison, s’esquintait le corps sans jamais s’apaiser.

Naïve, je me dis d’abord qu’après avoir joui cent fois, il se calmerait. Eh bien, pas du tout. Je finis par comprendre qu’en ces actes il recherchait quelque chose qu’il ne parvenait jamais à atteindre, c’était pour ça qu’il n’en avait jamais assez. Dès que c’était achevé, sa frustration l’assaillait de nouveau, et il lui fallait sans cesse remettre le couvert telle une fuite en avant.

Que cherchait-il ? De l’amour, des je t’aime, une épouse, un orgasme surnaturel… ?

Je n’ai jamais su. Dommage, j’aurais tant voulu le lui donner. J’ai tout essayé, tout fait avec lui pour le satisfaire, et plus j’essayais, plus il remettait ça, encore et encore. La plupart du temps, l’hypersexualité est ainsi : elle poursuit un rêve imaginaire et se désole de ne pas parvenir à le matérialiser.

Le copain du moment finit par se l’avouer à lui-même, je crois bien, car il conclut notre relation en me disant que « y’a un truc qui fonctionne pas ». Ce n’était pas une réflexion hautement philosophique de sa part, mais ça en disait long. Faut bien commencer quelque part, c’était pour lui un premier pas vers plus de maturité et de remise en question.

Il a été certainement très surpris qu’une fille accepte tout jusqu’au bout, sans jamais le stopper ni en avoir assez. J’en avais assez depuis un bon moment, je n’en laissais rien paraître, bien trop curieuse de voir comment il évoluerait. J’espère l’avoir aidé à mieux se connaître… à mieux comprendre que même une fille aussi endurante que lui ne lui apportait pas davantage de bonheur.


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