Chloé et Clarisse, bien que pas encore en âge de faire du sexe, s’imposent un défi d’abstinence… mais lequel au juste ?
— Extrait de « En attendant d’être grande », la vie d’une femme libérée nous racontant son passé, de sa naissance à son âge adulte —
Chaque fille ou garçon de passage dans ma vie laisse une marque : c’était le cas d’Elodie. Son aptitude à l’abstinence m’avait épatée. Elle aurait pu se créer tant d’occasions de jeux sexuels, ou plus encore. Les garçons du groupe ne demandaient que cela !
Je suis certaine que plusieurs d’entre eux auraient pu lui faire l’amour, au moins lui glisser un doigt ou une langue quelque part. Où, c’est selon. Dans la bouche pour un gamin, dans l’oreille pour un gentleman, dans la chatte pour un entreprenant, dans l’anus pour un sulfureux.
Moi j’étais dépendante, droguée réclamant sa dose. Il me fallait au moins espionner un acte,
me faire draguer un peu, peloter, recevoir un bisou dans le cou,
échanger une petite galoche secrète, ça ou n’importe quoi, enfin, qu’il se passe quelque chose.
Etais-je capable de faire comme Elodie, c’est-à-dire ne jamais rien faire ? Ça pouvait se tenter… Après tout, le groupe de copains-copines était constitué. La plupart reviendraient aux prochaines vacances, qui n’étaient pas si loin. Cela me laissait tout le temps de préparer un nouveau plan, encore meilleur.
Le premier avait été pour nous trois : allumer, faire enrager les garçons, tendre une perche, voir. Elodie partie, je n’avais pas envie de le poursuivre sans elle.
En attendant… il fallait que vérifie un point.
Passer une semaine entière sans rien, absolument rien à me mettre sous la dent, au cœur d’une telle atmosphère de tentations. Possible ou irréaliste ? Je proposai à Clarisse d’essayer à mes côtés. Et obtins un éclat de rire en guise de réponse. Pour elle, rien de plus simple.
Elle enchaînait déjà des semaines entières sans rien de cochon,
sans même l’ombre d’une caresse nocturne.
Ceci dit, elle m’encouragea dans la démarche et promit de la suivre avec moi. Le zéro absolu serait imposé. Rien en solitaire, rien avec une fille, rien avec un garçon.
Pas d’espionnage ni d’exhibitionnisme, pas de film chaud à la télé, aucun flirt. Un défi personnel, pour me rassurer, en un sens, quant à mon état de santé. Vérifier que je n’étais pas fêlée.
Les deux premiers jours, je fus irritable à souhait. C’est là que je crus vraiment devenir folle. Quel challenge débile ! Sans Elodie j’étais de nouveau la plus belle en cette contrée, de nouveau la reine des lieux plutôt que la princesse. Et je m’interdisais d’en profiter !
Les garçons ne comprenaient pas, surtout après m’avoir vue si aguicheuse. De fait,
quelque part j’étais encore plus catin à leur égard.
Pfff… Pour eux on est toujours catin d’une façon ou d’une autre, que ce soit dans l’acte ou l’absence d’acte. Mon intérieur me démangeais, c’était insupportable.
Le soir, il fallait presque que je m’attache les mains, et ça n’empêchait pas les sauts et contorsions que je faisais malgré moi. Une vraie possédée ! Clarisse n’était pas à l’aise… Elle me dit que ce n’était pas grave, qu’on pouvait laisser tomber.
Non. Voilà qui n’était pas mon genre…
Je fis beaucoup, beaucoup plus de sport que d’habitude, à m’en faire des douleurs musculaires et courbatures comme si j’avais expérimenté l’intégralité du Kama Sutra en une nuit. J’évacuais en aidant tata dans les tâches les plus éreintantes possibles. J’évitais de parler aux garçons, me levais tôt, restais dans mon coin…
Puis, tout changea sans même que je ne le vois vraiment. Les jours passaient et je m’intéressais de plus en plus à tout sauf au sexe. A la fin de la semaine, j’étais calmée. Hallucinée d’avoir réussi, ô combien fière de moi.
Clarisse et moi avons fait le point. Que faire ? Je me sentais dorénavant si bien… Plus mûre, comme si j’avais vécu en accéléré la période de dévoiement que toute fille connaît entre dix-huit et vingt-cinq ans, et que j’avais acquis la sagesse d’une trentenaire.
Par défi, en cette rentrée, on s’imposa une seconde semaine. Désormais, l’objectif me semblait semple à atteindre. Ce serait l’occasion de poursuivre le sport, peut-être lire davantage.
Mais…
Nouvel imprévu.
(Autre extrait : quelques semaines plus tard, en séjour chez tante Marthe)
Nouveau week-end. Enfin, tata Marthe s’est décidée à faire évoluer les règles ! Et je pense y être pour quelque chose. La piscine extérieure est en phase d’installation, avec des douches de plein air juste à côté et un espace bronzette. Les moyens restant modestes, ce n’est pas une piscine creusée mais une structure en bois, toute ronde, posée sur le sol : on n’en demandait pas plus. J’ai entendu Marthe parler à une amie, lui disant qu’il faudrait être plus relax, désormais, en matière de nudité.
— Si ça me pose souci j’ai à m’en prendre qu’à moi-même ! J’ai emmené les petites aux Trois Chèvres, elles en sont revenues métamorphosées.
— Elles étaient pas déjà un peu comme ça avant ?
— Ah c’est sûr, nous avions les pensionnaires idéales. Si j’ose dire. Elles étaient faites pour ce lieu.
— Qu’est-ce que tu crains au juste ?
— Je sais pas…
— Les petites aiment être à l’aise.
— Pas seulement.
— Bien sûr pas seulement ! Elles aiment aussi se montrer, qu’on les regarde… fricoter peut-être…
Le groupe aime se séduire. Rien de plus normal.
— Après tu sais, on commence à dire que dans certaines communautés y a eu des cas de grossesses juvéniles, non désirées. De virus… et parfois aussi des histoires avec des pervers.
— On veille au grain !
— On peut pas veiller au grain partout et tout le temps. Ce qu’ils font ou pourraient faire entre eux nous échappe. Normal, c’est un peu dans nos principes.
— Je doute que plus de nudité chamboule le quotidien.
— Je pense le contraire ! Moi je serais surprise que ça ne chamboule PAS le quotidien. Le leur au moins.
— C’est rien du tout d’être à poil !
— Oui, on s’imagine ça nous les adultes quand on voit nos petits s’ébattre joyeusement. C’est rien du tout… jusqu’à cinq ou six ans. A la rigueur, sept ou huit. Après…
— Qu’est-ce que tu vas faire ?
— Chloé s’est mise à porter
une tenue de nuit si légère qu’on voit tout au travers.
En journée elle a un paréo dans le même style. Elle sort de la douche à peine rhabillée… Mettez Chloé en tenue d’écolière, en burka, elle trouvera toujours le moyen de mettre ses formes en avant. Soit je deviens plus stricte, soit plus libérale.
— Elle te met au pied du mur la gamine.
— Et si ça allait trop loin ?
— J’ai beaucoup d’amis qui veulent venir ici… si leurs fils se font dépuceler par Chloé, ou Clarisse, ou les deux, ça risque de jeter un froid.
— Je pense pas non plus que ça irait jusque-là ! Mais… sait-on jamais. Faudra un dortoir filles et un autre garçons, ça sera plus sûr.
— Et tu penses que des règles plus libres pour la douche, la piscine et le solarium vont arranger l’affaire ou la faire empirer ?
— J’espère pas être naïve ! On sera moins dans l’apparence, la robe moulante et cétéra. Aux Trois Chèvres ce principe a fonctionné, enfin en partie, pourquoi pas ici. Je me dis que
la centième fois où les garçons auront vu un joli petit cul et une vulve de près,
cachés par aucun tissu, ils trouveront ça banal et se calmeront.
« De près jusqu’à quel point ? » eus-je envie de dire. Je ne pouvais pas, j’étais planquée, pas du tout censée écouter l’échange.
— Je dis pas que tout risque sera retiré ! Conclut Marthe. Le désir sexuel est plus fort que tout. Quoi qu’on puisse dire, si ça doit se faire ça se fera, elle pourra jamais s’empêcher. Elle ou une autre fille. Même dans les pensionnats privés ces choses arrivent !
Tata avait raison, et je m’en apercevrai de plus en plus dans ma vie d’adulte : une pulsion ne peut toujours se contrôler. Tout le monde ne le comprend pas. Allez expliquer à une amie que c’était plus fort que vous, que vous n’avez pas pu vous empêcher de mettre le bout de son copain dans la bouche, de tout recevoir, de tout avaler…
Bien que fille, elle l’admettra avec difficultés. Ou bien vous dira que pourquoi pas, mais que j’explique alors en quelles circonstances sa verge en érection s’est retrouvée devant mes lèvres. Et là c’est vrai, on tombe davantage dans le crime programmé que le coup de sang.
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