Savoir pomper comme il faut

Deux histoires, où l’on découvre notamment un parallèle entre le regonflage de chambre à air et la fellation.

— Extrait de « Dialogues Interdits », ma saga de petites histoires sulfureuses ne comportant que des dialogues sans la moindre narration… —

 

Pas comme une chambre à air !

 

— Pourquoi tu vas par là ? L’épicerie c’est tout droit.

— Regarde cet homme.

— Quoi, il te plaît ?

— Je te parle pas de son apparence. Je te parle de ce qu’il fait.

— Heu… eh bien quoi ?

— Eh bien donc que fait-il ?

— Tu le vois pas ? La chambre à air de son vélo, il la regonfle. Passionnant. Le soleil aurait trop tapé sur ta caboche ?

— Observe-le mieux tu vas comprendre. Enfin, tu devrais. Regarde bien le mouvement.

— Bon. Je regarde, je regarde, je regarde… Je m’arrête au deuxième bâillement.

— Qu’est-ce qu’il fait avec cette pompe ?

— Avec sa pompe, il pompe. Que faire d’autre avec une pompe ? Tu devrais me dire où tu veux en venir plutôt que d’enchaîner les devinettes à deux sous. J’ai l’impression d’être dans un épisode des Shadoks.

— Son mouvement est répétitif. Monotone, toujours le même. Toi-même ça t’ennuie.

— Je vois pas comment il pourrait faire autrement. Il varierait le geste c’est pas pour autant que c’en serait un spectacle. Du coup à force de rester plantées c’est lui qui nous regarde. Il va croire qu’il nous intéresse, on ferait mieux de partir.

— Partons, t’en as assez vu. T’as constaté que pomper était barbant. Si tu reproduis ça avec un garçon, si tu lui fais de la même façon qu’on regonfle une chambre à air, tu te limites trop. Tu lui offres un yaourt en dessert au lieu d’une pâtisserie de luxe.

— La fin offre une plus belle surprise que lorsqu’on regonfle une chambre à air ou qu’on mange un gâteau…

— L’éjaculation, une surprise ?

— Toujours. Je suis toujours aussi surprise que si c’était la première fois.

Toute cochonne que je suis j’ai conservé une sorte de candeur !

Rien n’est jamais exactement pareil. La texture, la substance, la quantité… puis bien sûr le bruit et l’odeur, je veux dire le goût et l’odeur. Même avec le même amoureux, selon sa forme et ce qu’il a mangé le résultat reste unique.

— Possible… Je vais moins souvent jusqu’au bout que toi.

— Au fait, qui te dit que je donne de la bouche comme une pompe à vélo ?

— L’autre soir avec Patrick t’étais pas très discrète. Et t’avais laissé la porte entrouverte.

— Ouch ! Je pensais pas, promis… Et toi t’as préféré regarder plutôt que refermer.

— Tente le diable et plains-toi ensuite d’en voir les cornes. Puis réjouis-toi, si j’avais rien maté j’aurais pas pu te donner cette petite leçon.

— Seulement tu te trompes. Il a pris son pied et j’ai pris le mien.

— Tant mieux ! Vous êtes des jouisseurs faciles.

Côté mec, avoir son magnum dans une bouche produit un tel effet que bien ou mal sucé il aime toujours. Faut pas s’y fier… Côté filles, certaines aiment sans plus, toi t’adores. Fort bien ! Si vous aimez autant l’un l’autre, qu’est-ce que ce sera quand vous serez plus expérimentés.

— Pourquoi « vous » alors que c’est la fille qui fait tout le boulot ?

— Là-dessus aussi tu changeras d’avis ! Selon la façon dont le partenaire bande, les mouvements du bassin, ses mots, son souffle, et puis tout ce qu’il peut te faire pendant que tu t’appliques…

— Ah, je croyais que tu songeais au gars qui te tient la tête et te la manipule.

— C’est encore une autre dimension. Qui peut être sympa ! Pour une part seulement.

— Perso, gare à l’amant qui tentera…

— Tout ça pour dire, si tu donnes qu’un mouvement de pompe à vélo, t’éduques pas le garçon et tu te fais pas assez plaisir.

— Je dois reproduire ce que je vois dans les pornos.

— T’as pas vu les bons X alors !

— Un « bon porno », c’est pas un oxymore ?

— Éloigne-toi du porno choc et laisse-moi te faire découvrir le porno chic. C’est ce qui m’a appris l’art de la subtilité.

— On ira sur Internet ce soir ? T’aurais dû me faire voir depuis longtemps.

— La découverte est très récente !

— Je me demande pourquoi tu parles « d’éduquer » le garçon.

— Élémentaire ma chère ! Donne-lui des plaisirs inventifs et délicats, il sera lui aussi inventif et délicat. Fais ta bourrin il te bourrinera.

— Remarque, pas désagréable.

— Bourrinage choisi, d’accord. Bourrinage subi, non !

— Je subis rien du tout.

— Si la seule et unique possibilité est celle-là, quelque part tu subis. Même consentante… Si le sexe brut et sauvage est UNE possibilité parmi d’autres, là tout change.

— Admettons.

Et quelles sont ces folles techniques que connaît notre reine du sexe ?

— Rien d’incroyable. Des succions, des coups de langue, prendre en compte l’ensemble de l’appareil, cochonnets compris, technique du décalottage-recalottage…

— Admettons encore. Tu admettras de ton côté, j’espère, que sur la fin il est bon de pomper.

— Précisément. Pomper dès le début revient à tout centrer sur l’aboutissement, comme si tu voulais commencer par la fin, que tout se termine au plus vite. Enfin quoi ! Pour moi c’est pas imaginable. Dans le cadre d’un viol là d’accord, je pomperais à fond pour faire jouir le plus vite possible et pouvoir partir. Dans une relation consentie par contre…

— T’exagères ! Je suce pas comme si j’étais forcée !

— Pas loin.

— Nous n’avions pas besoin du cycliste pour que tu me parles de tout ça.

— Une image vaut mille mots. Pense au Christ qui s’exprimait en paraboles. De simples conseils se seraient bien vite envolés. Grâce à l’image de cet homme à genoux devant son vélo… les mots resteront ainsi gravés. Les illuminations bouddhistes arrivent souvent par ce chemin. On est tranquille, insouciant dans son quotidien et soudain hop ! Une rencontre, une vision, un petit rien et tout change. C’est le flash ! Le déclic !

— J’ai jamais entendu dire que le Dalaï-Lama était un suceur de première.

 

Révélation musicale

 

— Oui bien sûr, quand on aime une musique il est normal que le corps bouge. Je dis juste que certains styles sont plus sexuels que d’autres.

— Ceux qui font twerker ?

— Non, le twerk est pas naturel : on le danse pour s’exhiber, par mode, sur un peu n’importe quelle musique. Je parle des petites danses inconscientes de certaines parties du corps.

— Les titres qui font remuer du bassin ?

— Pas que. Aussi les rythmes saccadés, très hip-hop. Si le rythme est lié à du vrai bon rap, la fille peut en devenir une sacrée suceuse.

— Un bon rap pourrait inciter à… ?

— Je pense oui. Suffit de voir l’effet produit ! Les mecs devraient en prendre conscience : ils remuent de la tête d’avant en arrière, de la même façon qu’on suce une bite. J’adore… Tellement drôle ! D’autant qu’en général c’est écouté par des homophobes sexistes, souvent un peu islamisés. En vrai l’écoute révèle en permanence leur homosexualité refoulée.

— T’es bien certaine ?

— Essaye ! Laisse-toi aller à écouter du rap, remue la nuque, la tête… Des images vont arriver.

— Pour toi d’accord. Pour moi peut-être aussi… Ce qui veut pas dire…

— Voyons c’est pourtant évident ! Des amateurs qui restent toujours entre mecs. Quand ils traînent au quartier, quand ils sortent. Pour ceux qui ont de petits groupes, regardent leurs clips ! Tous entre mecs, serrés les uns contre les autres ! Jamais l’ombre d’une minette ! Passant le bras autour du cou du copain, lui mettant une main sur l’épaule ! Se toquer une poitrine contre l’autre pour se saluer ! Ou alors pour les pros, un plan hyper cliché où on engage une ou deux meufs, pour le coup afin de les faire twerker un peu, pour faire croire que. Pile le genre de mise en scène de ceux qui n’y connaissent rien aux filles, rien à la séduction… Et ensuite la nuit, dans les recoins sombres des grandes villes,

mes copains gays se les tapent.

Si si, crois-moi !

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