Fatou n’a pas encore prononcé ses voeux. En séjour dans une communauté new age elle en profite pour se lâcher, sous l’oeil observateur de notre narratrice Chloé…
— Extrait de « En attendant d’être grande », la vie d’une femme libérée nous racontant son passé, de sa naissance à son âge adulte —
Dans les bois, en dehors des Trois Chèvres, pendant l’heure du repas, la nuit, entre deux rochers, à l’aube, dans un mobil-home, sous une tente, à même la terre… Fatou fit du cul un peu tout le temps, un peu partout et à peine discrètement. La majeure partie des seize vingt-cinq passèrent en elle (pas nécessairement « sur » elle).
Je trouvais cela très beau de se partager avec qui le souhaitait, sans distinction ni discrimination. En trois jours, elle vit passer plus de verges qu’elle n’en avait jamais vues auparavant, qu’elle n’en verrait jamais plus par la suite. Dans les giclées qu’elle reçut, il y aurait eu de quoi faire un million d’enfants.
Je fus moi-même surprise d’actes aussi crus.
Elle acceptait tout, accro aux garçons, à leur pénis, à son propre plaisir,
prenant dans le vagin, dans la bouche, dans l’anus, et recevant la semence à tout endroit du corps. Il y eut peu de tendresse, peu de postures d’égal à égal où on fait l’amour lentement yeux dans les yeux.
Plutôt des levrettes, chevelure empoignée, positions obscènes et dominatrices, Fatou se laissant faire en poussant d’interminables « HAN ! HAN ! HAN ! » puissants, presque « virils », et pourtant si féminins, l’essence même de la femme africaine. La minette n’était ni exigeante ni compliquée, chaque garçon lui plaisait. Incroyable contradiction venant de cette si gentille fille, maman dans l’âme, si douce.
Chez l’humain, les extrêmes se côtoient. Les meilleurs poèmes cachent les plus perfides perversions. En tant que libertine fleur bleue, j’en suis une preuve vivante.
Je pensais qu’en une après-midi notre Fatou
aurait l’entrejambe en feu et ne parviendrait plus à s’asseoir.
Erreur ! Comment faisait-elle, elle aussi pucelle qu’une Jeanne d’Arc peu de temps avant ? Clarisse et moi on déclencha un plan d’urgence : nos habits d’espionnes furent remis, et on patrouilla partout pour mirer la belle.
Cette fois, nous ne fûmes pas les seules de la partie. Toute une petite équipe se mit en place, chacun se passant le mot quant aux allées et venues de la jeune fille. Tu vois ! Pas plus obsédées que les autres la Clarisse et la Clo. Tout dépend de ce qu’on décide de décrire !
Si j’avais détaillé nos vadrouilles nature, tu aurais cru à des vacances écolos. Nos jeux chastes, tu aurais vu de simples vacances enfantines. Nos créations communes, dessins, histoires, participation aux ateliers, et ce récit aurait conté des séjours artistiques.
Mon petit doigt me dit que cela aurait suscité en toi moins d’intérêt… n’est-ce pas ? Si je prends la totalité des vacances, nos découvertes sensuelles n’ont pas occupé plus d’un quart du temps… ce qui est déjà beaucoup, et je vois large.
Même avec un corps en éveil et une libido comme la mienne, on conserve des limites.
En attendant, les observations de Fatou et ses mille et une nuits vécues en deux trois jours allaient bon train. Souvent, il fallut se contenter de les entendre. Pas toujours… Les partenaires n’étaient pas très discrets, en tout cas considérablement moins que lors des escapades de grange.
Une libertine digne de ce nom doit savoir se contrôler, au moins en certaines circonstances… Nullement coutumière de la chose, Fatou ne maîtrisait rien. Jusqu’à ne pas toujours parvenir à bien coordonner ses gestes, c’en était limite flippant. Son corps devait chauffer dans le vide depuis tant d’années !
« HAN ! HAN ! HAN ! », encore et toujours, et ça y allait sévère. Côté sons c’était morne. Sauf lorsque de grands cris survenaient, pas toujours très érotiques, faisant songer à un viol ou un accouplement animal. Certaines copines en étaient choquées (tout en observant), on les rassurait, non elle n’était pas possédée, oui elle était consentante, non elle ne souffrait pas.
Plus le spectacle nous heurtait, plus nous voulions en voir. Les copines les plus « traumatisées » étaient les plus accros. Lors des virées, le plus dur pour le groupe était de semer les petits, qui sentaient, frustrés, que quelque chose leur échappait.
Néanmoins, Fatou possédait cette grâce propre à certaines garces : quelle que soit la situation elle conservait une sorte de classe et d’élégance, même dans les postures les plus tordues.
Comment pouvait-on se faire marteler à quatre pattes ou jambes en grand écart sans être un instant vulgaire ?
Eh bien si, la belle y parvenait. Si elle s’était filmée elle aurait gagné des fortunes, surtout en cette époque où le porno était perle rare… avec de la matière non pas pour un seul film, mais bien une saga ! « Fatou dans la paille », « Fatou contre un arbre », « Fatou, triple rendez-vous »…
Un baroud d’adieu au péché avant de partir pour une existence à l’exact opposé de ce qu’elle vivait là. Car la visiteuse n’avait en rien renoncé au but de son voyage : d’ici une semaine, elle et d’autres jeunes signeraient un pacte avec le divin.
Fidélité, vie maritale, enfants, église, et sur les trois trous le mari n’en aurait droit qu’à un seul, qu’il n’explorerait que pour éjaculer, et il n’éjaculerait que pour la reproduction. Elle en avait d’autant plus besoin, et raison, de profiter de ses toutes dernières queues dans la bouche ou le petit tunnel et de ses ultimes giclées externes.
Profite Fatou, profite ! On en profite avec toi. La plupart du temps du reste, ce fut classique,
Fatou et ses partenaires s’en tenant aux trois B (bonne baise de base) des familles, sans chichis ni fioritures.
Enfin, avec quelques fioritures.
On parvint à zyeuter presque une dizaine de ses coups, je pense qu’on en rata au moins le double. Une fois ou deux, de plus petits parvinrent à être présents. Ils faillirent nous faire repérer et nous agacèrent, ne faisant que rire. Au moins ils n’étaient pas traumatisés, on pouvait le dire.
La veille au soir de son départ fut chaste. Fatou ne cessa plus de prier. Elle échangea avec Estelle nombre de confidences que je ne parvins pas à entendre. Le repentir la rachèterait, elle le savait depuis le début. Voilà ce qui arrive quand on crée une religion basée sur le schéma péché-pardon-paradis (après les trois B place aux trois P).
Il est plus malin d’accumuler tout un tas de péchés sur quelques jours que d’en commettre bien moins sur des années. Oh oui, maline, si maline Fatou ! Combien de « Je vous salue Marie » devrait-elle dire pour rattraper tout cela ? Encore que les évangélistes sont un peu particuliers… si ça se trouve, c’est à elle qu’on ferait un exorcisme. Pour ma pomme, Fatou m’avait convaincue : non, le sexe cru n’a rien d’avilissant. Et non, je n’entrerai jamais dans les ordres… ni dans le rang.
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