2ème partie des réponses très intéressantes de Melle Mélina, auteure découverte sur Atramenta…
- On accuse la littérature érotique… d’avoir un style pauvre, un vocabulaire répétitif et des histoires clichés… et d’être uniquement conçue pour exciter. Accusations injustifiées ? Justifiées ?
Il y a de grands auteurs qui s’y sont attelés et qui ont apposés des lettres de noblesse à ce genre de littérature.
Cela dit, n’omettons pas qu’un grand nombre de lecteur (que je croise sur les plateformes dédiées) ne recherche que le plaisir qu’ils ne retrouvent plus dans la pornographie visuelle. Ces lecteurs se foutent du style.
Certains auteurs qui sont dans la recherche de reconnaissance ont été tentés de conquérir ce public et bien malgré eux ont appauvri leurs histoires pour ne proposer que des scènes de sexe.
- L’I.A. saura-t-elle un jour, selon toi, écrire de vraies belles histoires (érotiques ou non) ? Quel sens tout cela a pour toi ?

Assurément. L’IA en est déjà capable. Après, si l’auteur gruge son lectorat, grand bien lui fasse mais cet auteur ne se pose pas les bonnes questions : Pourquoi écrire ? Si ce n’est pas son texte mais celui de Gemini ou de Chat, sa seule ambition est alors la reconnaissance mais où est son plaisir ? Hein ?
J’imagine qu’il y aura toujours de bons auteurs, des personnes passionnées mais ( et c’est valable pour toutes les autres expressions de l’art), nous sommes dans une période « Kleenex ». Des textes à usage unique, qu’on jette après utilisation…
Je profite de cette époque dit Kleenex – tout le monde peut écrire – moi y compris – ça ne fait pas un peu trop de tiret tout ça ? – non, vas-y continue, je trouve cela même plutôt marrant – cela dit, ça gâche la compréhension de la réponse – alors j’arrête avec ces tirets – je disais que je profitais moi-même de cette époque Kleenex car si j’avais proposé mes écrits aux siècles passés, je n’aurai jamais pu être publié, ne fut-ce par le manque de talent, n’est pas Hugo, Maupassant, Diderot, Dumas, Vian, Camus qui veut.
- Un ou deux coups de cœur littéraire, que ce soit en érotique ou tout autre style ?
Inconditionnelle de Gabriel Garcia Marquez : « cent ans de solitude ». Salman Rushdie : « deux ans, huit mois et vingt huit nuits ».
Et chez mes « contemporains », des auteurs et autrices que vous trouverez sur Atramenta, et revebebe, je vais en nommer cinq, cinq nanas. Jocelyn Witz, Wedreca, Laetitia, Juliette G, et EdenPlaisir.. mais y ‘en a plein d’autres… (si je ne les citais pas, je me serais faite déchirer !).
- Dans un polar ou un livre d’horreur, on prend plaisir à imaginer des choses que l’on n’aimerait jamais vivre. Est-ce également le cas en littérature érotique ? Quel est ce mystère ?
Alors, j’adore les livres d’horreur et d’épouvante (un peu moins les polars). Mais imaginer des choses qu’on aimerait pas vivre dans la littérature érotique n’est pas dans mes capacités. Pourquoi ? Question de crédibilité. Je suis une prout prout en ce qui concerne la douleur.. Non, c’est vrai, la seule vue d’un martinet et je pleure ma mère. Alors, écrire un texte BDSM (par exemple), bin…
Le lecteur le sentirait immédiatement que je suis pas crédible. Continuons dans le BDSM, il y a des mots que je n’emploie pas, c’est juste hors de question. Maître ? Même mon avocat, je ne l’appelais pas maître ! Non mais oh ! Alors imaginer une histoire où une femme se rabaisse à appeler un homme « Maître », désolée, mais je passe mon tour ! (un coup à lui mordre les roubignolles ça!)
- Quelle est la limite dans la littérature érotique ? Faut-il des tabous et des interdits, si oui lesquels ?
Je n’aime pas la censure. On peut écrire des textes affreux, pourquoi pas…mais vouloir exciter des lecteurs avec des textes qui vantent les vertus de pratiques interdites par la loi, c’est non. Imaginons un acte pédophile…
Tout dépend de l’intention… vouloir faire bander des tarés, c’est juste dégueu… mais remettre la pédophilie dans un contexte plus psycho et que l’acte sert l’histoire (par exemple, on suit l’errance écœurante d’un tueur en série ou d’un pédophile), cela sera dérangeant mais l’intention de l’auteur sera celle de raconter une histoire et non de faire bander.
- En quoi cette littérature résonne-t-elle avec la société actuelle, à l’heure entre autres d’un certain retour à l’obscurantisme religieux ?
Si ça peut faire chier les obscurantistes, allons-y gaiement !
- Quelle technique personnelle pour mieux vendre, se faire connaître ?
Je n’en sais rien et je m’en carre les ovaires.
- Faut-il écrire selon le souhait du lectorat ? Ou bien selon ses propres envies ?
A chacun sa réponse, personnellement, j’écris selon mes envies… je ne cherche pas à devenir populaire.
- Familles recomposées, sites de rencontres, dénonciation du harcèlement, banalisation de la pornographie… en quelques décennies, notre image du sexe et de l’amour a été chamboulée. Pour le meilleur ou pour le pire ?
Réponse de normand, ça va ?
C’est bien : la dénonciation de l’harcèlement…la désacralisation du sexe, c’est bien…
– Ce qui est pas top top… Les sites de rencontres. Chacun fait ce qu’il veut de son cul, ça ne me dérange pas, je m’en carre les ovaires (ah, ça je l’ai déjà dit!) mais ce qui m’emmerde, c’est que l’on devient des produits consommables. On choisit son partenaire comme on choisit une brosse à dent ou un bol de céréales… ou son papier toilette. Nous devenons de la viande, un troupeau qu’on mène sagement à l’abattoir… ou simplement vers l’abrutissement.
Quant à la banalisation de la pornographie, c’est plutôt emmerdant… les garçons veulent tous avoir un pénis de cheval et pouvoir pénétrer chrono en main une nana la labourer, la tringler, la défoncer, la déchirer la… Ouh là attendez, je mouille comme la salope que je suis !

(une demi-heure plus tard)…
Bref, les gars ont une image faussée de ce qu’est l’amour..
Quant aux nanas, elles veulent toutes avoir des seins siliconés, des lèvres pulpeuses à souhait, avoir trois quatre partenaires, se la prendre dans le cul sans avoir mal et même accepter une fellation après le passage anal…
- Que faire face à cette misère sexuelle touchant toutes les couches de la population ? Pourquoi tant de laissés pour compte ?
Il faudrait sensibiliser les producteurs de porno, les acteurs et les actrices.. Qu’ils fassent un petit effort de pédagogie… Sur Youtube, j’ai vu que la belle Nikkita Bellucci avait expliqué quelques secrets (notamment sur les litres d’éjaculations, c’était du lait…). Il faut que les gros porcs de producteurs se rendent compte du mal qu’ils font et qu’ils se remettent un peu en question . Non les doubles pénétrations ne sont pas des pratiques anodines !
- Le pouvoir et l’argent, formidables alliés sexuels : vérité dérangeante ou affreux cliché ?
Pour moi, c’est une vérité. L’affaire Epstein le démontre.
- Toujours passer par la séduction, la drague et la discussion pour en venir au sexe : hypocrisie à proscrire ou jeu charmant ?
Jeu charmant ! J’aime bien ( évidemment quand ça ne devient pas trop lourdingue). Hep Mademoiselle ? T’es BBBBBOOOOOOOOOOnnnne !
Oh putain je fonds !
- Pourrait-il y avoir une forme de divinité ayant créé l’univers ? Une vie après la mort ?
Je n’en sais rien mais je laisse la porte ouverte. Je crois en Gaïa, en la Terre comme étant une entité vivante capable de réflexion, je crois en la mer.
- Différences hommes-femmes… Biologie ancestrale ou construction sociale ? …Ou peut-être un peu des deux ?
Un peu des deux. Les hommes viennent de Mars et les femmes de Vénus… j’aime bien cette idée… Et on le perçoit quand même un peu non ?
- Qu’est-ce qui pourrait rendre notre rapport à l’autre plus sain ?
L’écoute… être à l’écoute, simplement. Un peu d’empathie… Tout simplement.
- Quelle sexualité au quotidien ? Vie sage, de couple, abstinente, libertine ?
Sage. J’ai eu une période beaucoup moins sage . Les nuits fauves. Où je cherchais à me salir… je n’allais vraiment pas bien et j’ai couché avec des vrais salauds dans des lieux dégueus… Maintenant, je suis sage ? Je ne ressens plus le besoin de me salir.
- Faut-il réaliser ses fantasmes ?
Euh… Ça dépend desquels… J’aurais tendance à répondre par la négative. Quand on vit un fantasme, on a envie de le refaire jusqu’à en vouloir un autre… et on aura tendance à monter de plus en plus dans le subversif… Jusqu’où ? Hein ?
- Un souvenir sexuel particulier à nous partager ? (Formidablement intense, ou au contraire incroyablement décevant)
Je suis (ou plutôt j’étais) une nageuse. Je faisais de la natation synchro. Nos entraînements se faisaient lorsque la piscine était fermée au public… En même temps, sur l’autre moitié du bassin, les poloïstes s’entraînaient. Piscine fermée veut dire : vestiaires fermés. Nous nous changions sur les gradins… Forcément, ça crée des liens, des désirs… Vous voyez où je veux en venir ?
Bref, une fois, un poloïste ( Lionel si mes souvenirs sont bons) avait en charge la fermeture de la piscine, c’est lui qui avait les clés… Bref, une fois toutes les copines et les musclors partis, Lionel et moi avons tenté de le faire dans l’eau. Nous sommes pourtant de bons nageurs…
En fait, ca a été une bonne partie de rigolade et sacrément sportive parce que le faire dans le grand bassin, c’est tout simplement pas possible. Nous avons fini dans le petit bain et nous avons imaginé des positions qui ne sont même pas dans le Kamasutra.
- Auteur professionnel, semi-pro, amateur ? Si amateur : l’activité principale est-elle secrète ? Si pro : est-il difficile de vivre de sa plume, de nos jours ?
Amateure… l’idée de publier m’a déjà effleuré l’esprit… mais je n’ai pas d’ambition autre que celle d’écrire en dilettante.
J’ai oublié de répondre si amateur, l’activité principale.
Je suis maître nageuse, éducatrice sportive.
Découvrir les histoires de melle Mélina ? C’est ici sur son espace Atramenta
