Chloé passe un séjour chez sa tante Marthe, qui gère une sorte de petite communauté. La nièce, auprès de celles et ceux de son âge, y a lancé une sorte de mode nudiste…
— Extrait de « En attendant d’être grande », la vie d’une femme libérée nous racontant son passé, de sa naissance à son âge adulte —
— C’est incroyable ! Même après tout ça, quelque part tu restes une Sainte Nitouche.
— Donc le désir est bien là ?
— Quoi de plus doué qu’une fille qui cache son jeu. En principe t’es bien placée pour le savoir. Encore que… pour cacher ton jeu t’es moins forte que la moyenne je crois !
— Et toi Ukyo, t’en penses quoi ?
— Je sais pas… chez moi je suis souvent nue quand je suis seule et que personne peut me voir. Ça peut pas être de la mise en scène ou du plaisir d’être vu !
— Est-ce que tu te caresses pas plus facilement après avoir passé une heure nue chez toi ?
Elle rougit. Un instant je pensais avoir fait une gaffe, avoir comme trahi un secret.
— Ben, peut-être, heu…
Estelle la rassura.
— Et c’est normal ! Ça éveille tes sens… nous les filles on est ainsi. Dès sept ans on commence déjà à être dans une forme de séduction, de sensualité. Seule ou non ! Pas encore sexuelle… mais presque. Déjà un peu. Même nue et seule on a l’impression d’être en représentation. Et quand il y a d’autres personnes alors là…
— Même les petites qui nagent avec nous ?
— Si elles faisaient que recopier les grandes elles seraient pas si souvent nues. T’as remarqué ? Elles sont de plus en plus à poil, plus encore que vous, et plus seulement aux abords de la piscine. Et regarde-les bien, elles prennent soin de marcher avec grâce, de tortiller des hanches, de pas s’allonger n’importe comment sur une serviette.
— Toutes ?
— Certaines.
D’autres sont encore dans l’ignorance de leur cul.
Pour le moment… C’est le destin de toute femme, un jour ça tombe comme ça, on découvre le sens du beau. On se regarde dans le miroir, et pour la première fois on se dit « mais… quelle est donc cette merveille ? ».
Sans doute un passé que j’avais connu moi aussi. Le plus étrange était de se dire que tout ceci, de fil en aiguille, était lié au coït. La nature est bien faite, si insidieusement perverse. J’ignorais s’il fallait m’en réjouir ou m’en effrayer.
La petite qui nous avait accompagnées la toute première fois à la piscine avait lancé la mode auprès de sa tranche d’âge… d’abord auprès des filles, puis cela s’était étendu aux garçons. Des petits, en plus des petites, étaient dans nos pattes.
Et j’étais tant focalisée sur les plus âgés que je ne m’en étais pas aperçue !
A mes yeux, un humain, avant sept ans, est asexué.
Je n’étais pas loin de la réalité tant ils jouaient avec n’importe qui sans état d’âme…
Marthe avait dit vrai : les plus jeunes, in fine, influencent les moins jeunes. Ça va dans les deux sens ! Et quand ce ne sont pas les enfants envers des adultes, ce sont les tout-petits envers nous. Là, les maternels et C.P. banalisaient le nu de plus en plus, ce qui m’arrangeait pour la suite. Bénis soient-ils ! Sans eux, qui sait si ce qui arriva ensuite aurait pu se produire.
— Autre extrait, toujours dans la même communauté… —
Pour une fois je vais laisser un prénom tel quel tant la coïncidence est drôle : notre petite préférée s’appelait Eve. Il lui arriva une véritable histoire biblique, en compagnie d’un copain dont j’aurais adoré qu’il s’appela Adam.
Eux deux avaient tant pris l’habitude de rester nus que je fus interloquée, un après-midi, de les voir vêtus en permanence, snobant la piscine, distants l’un envers l’autre. Eve m’assura qu’ils n’étaient pas fâchés… et me raconta.
Ce matin, levés tôt, ils allèrent barboter, puis se baladèrent dans l’espace vert sans rien sur eux. Là, ils surprirent une copine d’Estelle avec un allemand de son âge venu avec ses parents pour le week-end,
planqués derrière un arbre, bien sûr en train de baiser.
Certains auraient été « morts de rire », d’autres curieux, d’autres envoûtés. Eux en furent très gênés. C’est là qu’on retrouve le côté biblique : soudain, ils s’aperçurent de leur nudité et allèrent se revêtir. Je lui assurai que c’était différent, que leur nudité à eux n’avait rien à voir avec cela… Rien à faire, elle ne voulait plus, tout comme lui. Les pauvres !
Ceci eut un avantage. Les petits s’entraînant les uns les autres, piscine, douches et solarium furent laissés libres pour les « grands ». (Les « grands » c’était nous, d’où les guillemets). De fait, ce que nous faisions étant moins considéré comme des « gamineries » par les garçons, et deux d’entre eux, les plus entreprenants et s’étant chauffés l’un l’autre, se joignirent à nous…
Enfin la tranche d’âge qu’il fallait ! Eux deux seuls au milieu d’un véritable petit harem, je savais que les autres ne tarderaient pas : jalousie oblige, pas question de leur laisser tel privilège. Surtout que je fis tout pour les récompenser, jouant à la charmée, me frottant à eux au cours des jeux, de fait les copines le faisaient aussi…
Adorables petites salopes que nous étions, les deux copains étaient enchantés.
D’autant qu’ils savaient que les autres observaient de loin, verts de jalousie. Dès lors que convoitise et compétition entrent en jeu, un garçon est prêt à n’importe quoi. Et une fille tout autant, quoi qu’on prétende.
C’est tout juste si je n’eus pas envie de bouleverser mes plans. De remplacer mon projet par une GROSSE récompense offerte juste à eux deux, de nous toutes, en leur tendant un gentil petit guet-apens. Je gardai la suggestion pour une autre fois, pour l’heure il ne fallait pas lâcher la proie pour l’ombre.
Mon tout premier désir, dont je ne t’ai encore rien conté, était plus réalisable, et surtout tellement plus beau.
Ukyo remarqua que lors des jeux d’eau,
la gent masculine avait tendance à se coller à elle en priorité.
Et à durcir lorsqu’elle se laissait trop faire… Une copine lui garantit qu’un garçon était dur dans les situations les plus absurdes.
Elle avait remarqué que lorsque son frangin était tout dur pendant longtemps, c’était lorsqu’il jouait aux petits soldats dans son bain. Sauf que là, cette situation n’avait rien d’absurde (note : et à y réfléchir, même le petit avec ses soldats ce n’était pas absurde). Encore une qui me chipait la première place !
La nippone était donc la star du moment. Lors de la douche, tandis que nous n’étions plus que toutes les deux, un garçon qui n’avait pas osé venir se planqua pour l’espionner. Oui, elle seule. Zut à la fin, qu’avait-elle de plus que ta narratrice ? Nous fîmes mine de ne pas remarquer.
Lorsqu’il fut parti, on se rendit à son poste d’observation. C’était fou : il avait empilé du matériel de bricolage pour y grimper, l’édifice était branlant, dangereux. On ne tenta même pas de s’y hisser. Le garçon avait pris des risques insensés ! Qui plus est, là où il était, il n’avait pu voir grand-chose.
Peut-être juste sa silhouette ! Une jolie petite japonaise en ombre chinoise, charmant n’est-ce pas ? Moins on en voit, plus on désire. Ukyo était émue. Elle dut s’asseoir pour s’en remettre. Tout ça pour elle, rien que pour elle… Enfin, pour son cul.
Son corps… Evidemment, on ne se planque pas pour observer un esprit, et puis son corps c’était elle malgré tout. Une fois de plus l’exotisme triomphait ! Il faudrait que je songe à des séjours à l’étranger. On mate toujours en premier celle qui est différente, qui débarque de loin… Au Japon, ce serait moi la princesse !
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