Le fils du copain de maman dort dans la maison. Pour Chloé, c’est le moment où jamais de vivre une expérience très spéciale…
— Extrait de « En attendant d’être grande », la vie d’une femme libérée nous racontant son passé, de sa naissance à son âge adulte —
Léopold et moi avions désormais toute la nuit devant nous. J’avais mon sujet d’expérimentation à disposition, jusqu’à l’aube s’il le fallait. Tu l’auras compris, ma démarche n’était pas une proposition et je tenais à un Léopold ronflant. Cette nuit était la mienne, pas la sienne, lui endormi c’est là qu’il était le plus intéressant… je sais, ce n’était pas une pensée très sympathique.
En cas de réveil, je me précipiterais vers la sortie, courrais vers ma chambre et il croirait avoir rêvé. Un beau rêve j’espère.
Les rêves troublants sont courants à son âge, dit-on.
Le garçon dormait sur le dos. J’approchai à pas de loup, ôtant les chaussons. La manipulation aurait été trop compliquée pour le dévêtir entièrement, même s’il était d’usage qu’une fille et un garçon au plumard ne portent rien. Mon propre pyjama rejoignit les chaussons, la moitié du protocole serait au moins respecté.
Pauvre Léo, me voilà devant toi comme tu meurs d’envie de me voir, toute proche, si près, et tu ne le sauras jamais ! Petite salope que je suis, ah qu’est-ce que c’est bon. L’instant d’après, seul le drap du lit me recouvrait. Aucune mauvaise odeur… ouf, il avait pris sa douche avant le coucher, c’était mon jour de chance.
Me rapprochant, je le considérai un instant. Somme toute, mieux valait qu’il garde son pyjama. De près comme de loin, il ne m’attirait décidément pas. J’aurais pu m’intéresser à son torse, son ventre, son cou… au moins un peu.
Jouer avec les poils, faire frissonner la peau, la caresser… ?
Non, en fait je n’en avais nulle aspiration. La nuit serait peut-être plus courte que je ne le pensais.
Me rendant tout de suite au lieu convoité, je constatai le tissu déformé à cet endroit, comme une petite pyramide. Le bout de chair libéré se dandina un peu de gauche à droite, heureux de ne plus être compressé. Que diable son propriétaire ne le faisait roupiller à l’air libre !
Je l’immobilisai entre pouce et index. Ce n’était peut-être pas tout à fait l’état à même de faire suer une fille, car dressé tout en étant un peu mou. « J’aime les garçons à la fois durs et tendres », avais-je entendu dire Estelle un jour avec son sourire coquin… je compris enfin qu’elle parlait de leur pénis.
Parlait-elle pour autant de cet état précis ?
Je la voyais plutôt préférer quand c’était au max, bien gros et bien dur comme il faut…
Sur ce genre de détails les filles sont toutes pareilles et très terre à terre, dit-on. A moins qu’une toute dressée magnifiquement longue garde un côté tendre. Possible.
Dur et tendre à la fois… Parfois lorsque Estelle parlait de sexe on avait l’impression qu’elle parlait cuisine, d’ailleurs elle utilisait parfois le mot « recette », « ingrédient » ou même « dosage » pour décrire ses rapports avec les mecs. Vraiment je ne comprenais pas tout ce qu’elle racontait, et elle aimait parfois ne rien vulgariser pour le plaisir de voir mes deux grands yeux ronds et incrédules.
Quoi au juste à la fin, elle pétrissait les mecs, les saupoudrait d’ail et les mettait au four ?
En observant plus longuement, j’appris que ce drôle petit soldat était d’humeur changeante. Redevenu tout mou, il se redressa légèrement pour se rabougrir de nouveau.
Au repos, il n’aurait pas eu de quoi rendre Julius jaloux… au garde-à-vous, si.
Mes yeux à moins de dix centimètres, je n’avais jamais eu l’occasion d’observer un vrai garçon d’aussi près, enfin cette partie-là. C’était donc ça qui fascinait tant les filles ? Qui était à l’origine de tant de blagues salaces et rumeurs incertaines ? Cet organe, pourtant légendaire, était banal… vraiment, on en avait vite fait le tour.
Les bains en duo m’avaient-ils blasée ?
La sexualité humaine me paraissait moins mystérieuse,
peut-être était-ce l’amour qui changeait tout, ce sentiment magique capable de rendre beau un garçon laid, et je suppose de rendre attrayant ce bout de chair adipeux.
Je voulais bien croire qu’il fallait une sacrée dose d’amour pour s’insérer cela dans le corps. D’amour ou de désir… Je n’avais pas l’un, je n’avais pas plus l’autre. Maline que j’étais, comment expérimenter un objet que je ne désirais pas ?
— Autre extrait. Quelques jours plus tard… —
La vie continuait… Et sur un élément, j’avais besoin d’un petit debriefing avec ma cousine.
— Estelle, t’arrives à comprendre comment j’ai pu ?
— Quoi, faire ce truc avec Léopold ? Sans problème. Rassurée ?
— Je comprends pas pour autant.
— Simple : un corps est conçu pour faire envie. Pour être excitant. C’est biologique, dans nos gènes. Tu vois ? Le besoin de reproduction et tout. Purement animal ! Nous sommes dévorés par notre côté animal, par notre évolution ancestrale !
— Heuuuu…
— Quoi, c’est pourtant clair !
Une bite à disposition excite une fille.
Rien de plus naturel. En tout cas quand c’est la seule du coin et qu’on a une petite poussée de libido.
— Tu peux avoir envie de presque n’importe qui alors ?
— Mais c’est par pour autant que je passe à l’acte.
— Et les homos ?
— Tout pareil ! Sauf qu’ils sont attirés par un corps infertile pour eux.
— Pourquoi lui ? Pourquoi Léo ?
— Je t’ai dit ! Cet appartement c’était comme une île déserte avec un seul garçon. Dans une vie en communauté t’aurais eu l’embarras du choix. Ou minette étudiante au cœur de la capitale. Là on était au siècle dernier, quand la fille de ferme avait rien d’autre que le fils du boucher à cent lieues à la ronde.
— Je peux me dire que c’est animal, logique, biologique et aérobic. N’empêche, j’ai goûté et j’ai pas apprécié. J’ai caressé et… c’était… tout juste intéressant. Si c’était juste animal j’aurais dû adorer, non ?
— Bien entendu ma Clo ! Parce qu’on sait aussi dépasser notre nature animale ! C’est ce qui fait de nous des hommes et des femmes. Quand tu seras avec un beau garçon au charme dévastateur, te plaisant physiquement et mentalement, tu verras le goût sera pas du tout le même.
Cette verge deviendra friandise.
— Alors c’est juste dans la tête.
— C’est une part dans la tête. Une part de biologie, une part de charme, de hasard… Souviens-toi : alchimie !
— Qu’est-ce qui compte le plus ?
— Tout compte ! Je suis pas comme ces cérébrales qui disent que la bouille du type compte pas, ni son corps ni sa bite. Je dis juste que le reste compte aussi.
— Et un bel homme qui n’a aucune autre qualité que d’être un bel homme ?
— Un petit coup au lit et on oublie.
— Et mon attirance pour Carl, biologique elle aussi ?
— Oh, pour Carl je dirais… petite lubie sans importance de petite gamine.
— Estelle !!! Je m’étais mise debout, poings serrés. Elle m’avait choquée.
— Ma Cloé, je t’assure ! Enfant on se fait une montagne de trucs minuscules. On le comprend en grandissant.
— Moi je t’assure du contraire.
— Bon bon, te fâche pas. D’accord, pourquoi pas… Qui sait ? Après pour la séparation, c’est toujours mieux de se quitter pas trop tard. Le Carl, tu l’as connu tout beau tout frais… Il se serait vite usé, comme tout homme. Les hommes s’usent. C’est comme, je sais pas moi, une machine à laver. Plus le temps passe, plus y’a des dysfonctionnements. Et contrairement à l’électroménager un homme se répare pas.
Je n’appréciais pas beaucoup son discours. Pour Estelle, donc, si la relation maman-Carl avait perduré, ma passion serait retombée. Bon, peut-être n’avait-elle pas tout à fait tort non plus. Estelle n’était pas toujours dans le vrai, mais ne se trompait jamais non plus tout à fait.
Aurais-je eu la même passion pour Carl trois ans après, rien n’était moins sûr. D’ailleurs maman aurait sûrement déteint sur lui, et il serait devenu aussi barbant qu’elle. En même temps, je cherchais aussi à me faire une raison. Il fallait bien s’en faire une…
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