Il y a peu, Chloé a vécu une expérience extatique… en solitaire. Juste en passant nue au milieu d’invités. En séjour chez tata Marthe, elle décide de se confier à sa grande cousine Estelle.
— Extrait de « En attendant d’être grande », la vie d’une femme libérée nous racontant son passé, de sa naissance à son âge adulte —
Ce matin, nous poursuivions un gros boulot collectif : planter une palissade partout autour du domaine. Inquiète, j’en profitai pour confier ma mésaventure à Estelle. Ma cousine savait d’emblée que j’avais un secret, quand je fais du zèle au travail c’est toujours pour m’isoler avec elle et lui parler.
— Alors ? Qu’est-ce que t’en dis ?
— Inquiétant, oui. J’avoue ! Et en même temps formidable. T’as même pas besoin d’une pénétration. Capable d’être
en quasi-extase juste en te dévêtant et en organisant une petite mise en scène.
Quelque part j’aimerais avoir une telle facilité ! Quand je pense que certains mecs disent que je m’excite facilement… Comparée à toi…
Il arrivait désormais que l’admiration sexuelle vienne d’elle. J’en fus très touchée.
— Après, il faut une situation. C’est pas comme si je pouvais m’exciter sur commande. C’est tout ce que t’en penses ?
— Tu dois calmer tes ardeurs. Si tu te laisses trop aller à tes envies tu vas finir par te mettre en danger. Tout ça c’est juste l’adolescence, une grosse poussée d’hormones. Dans ces cas-là, sors moins le grand jeu,
mets-toi un doigt et on n’en parle plus.
C’est plus prudent… Pour les trucs plus chauds, t’as le temps.
— Je suis pas malade alors ? Ni folle ?
— Bien sûr que non.
— Bon tant mieux. Rien d’autre ?
— Rien d’autre qui me vienne à l’esprit pour l’heure. Pourquoi ?
— Je pensais que tu me gronderais.
— Tu y tiens ?
— Je sais pas !
— Tu m’as avoué ça alors que rien t’y obligeait. En pensant que je te gronderais… Donc t’avais envie de te faire engueuler.
— A force de voir aussi peu papa et maman ça doit me manquer.
— Et sur quelle rengaine je devrais ?
— Genre je n’aurais pas dû chercher à les allumer et tout.
— Y avait aucun prédateur ! Je suppose que t’es pas idiote, t’aurais pas fait ça n’importe où, n’importe quand et avec n’importe qui. Tu l’as fais parce que tu te savais en sécurité, en un lieu où c’était possible. Non ?
— Si.
Si j’avais été honnête jusqu’au bout, j’aurais plutôt répondu « j’espère ».
— Alors aucune remontrance à te faire. T’avais un fantasme, tu l’as réalisé. Par contre, comme je t’ai dit reste prudente. Ça te dépasse trop, si ça t’en donne des migraines faut que tu tempères un peu.
Je vins dans ses bras.
Oui bien sûr, j’avais cherché à les allumer sans espoir d’un retour.
Même pas les allumer en fait, juste m’exciter toute seule.
Comprends cela, ô lectrice, ô lecteur. Lorsque la fille d’un ami, âgée d’une douzaine d’années, profitera de son statut d’enfant pour se coller à toi en minijupe, fais comme si tu t’en foutais.
Ou si elle s’arrange pour que tu la surprennes nue… Ou si elle passe devant toi en ne portant qu’un t-shirt bien trop court, ou… Joue l’indifférence, contente-toi d’en sourire. Il faut bien que jeunesse se passe… Ça lui passera vite.
Laisse-la s’exciter toute seule, que ses tentatives de te séduire ou te choquer restent vaines, qu’elle aille ensuite se calmer dans sa chambre et tout ira bien. Tu ne seras pas son amour, juste un fantasme pas sage et passager. Chasse ta perversité, ne te fais pas de films… ou alors qu’ils restent juste dans ta tête.
(…)
Cet échange avait créé un nouveau désir en moi : faire revivre pour de bon l’esprit des Trois Chèvres. Après tout, c’était dans la lignée de Marthe. J’y avais tant de souvenirs… Tant que Clarisse commençait à s’en agacer.
— Ah non, s’il te plaît Clo ! Me parle pas encore de Charlie. Je l’oublierai jamais non plus mais faut savoir tourner la page. On est bien trop jeunes pour vivre dans le passé. Tu serais pas amoureuse toi des fois ?
— La nuit entière a été une déclaration d’amour.
Comme un message qui pouvait passer que par le corps. Plus classe qu’un courrier, non ? Même à toi j’ai déclaré ma flamme cette nuit-là.
— Tes souvenirs finissent par me gêner. En plus, à chaque fois tu donnes des détails super intimes.
J’arrêtai de brosser les cheveux de ma poupée, tandis qu’elle continuait de faire des mèches enroulées à la sienne. Et mince. Pardon Clarisse ! Je suis bête.
— Tu sais de mon côté, je me souviens surtout de nos balades, de nos jeux…
Ma copine avait raison. N’empêche… elle garçon, ç’aurait été l’amour de ma vie. Clarisse avec un pénis eut été l’humain parfait pour moi. Ceci dit elle se contredisait : au collège comme chez Marthe, elle-même avait fièrement raconté notre été à des camarades.
Sans tout dire bien entendu. Seulement, l’imagination étant débordante à cet âge, ce fut presque pire que si elle avait tout dit. Surtout au collège, où certains se sont demandés si on n’avait pas partouzé avec des vieux.
Entre les deux endroits, les réactions furent d’ailleurs opposées. Curiosité et admiration au domaine de Marthe, rumeurs exagérées et moqueries au collège. Des garçons approchèrent Clarisse, firent mine de s’intéresser à elle,
juste pour voir si « quelque chose » de sulfureux arriverait.
C’est dire s’ils furent déçus ! Ce genre d’approche est un tue-l’amour. Elle aurait facilement pu faire tourner quelques mecs en bourrique. Pas son genre… Sans doute aussi ne voulait-elle pas s’attirer une réputation de salope. Ce mot n’avait pas le même sens dans l’esprit des autres que dans le mien.
Somme toute, à mon collège à moi, mes petites histoires estivales étaient presque considérées comme anecdotiques. Des vacances avec pas mal de nudité c’était un peu singulier, pas davantage… tout au plus une curiosité.
D’ailleurs, plusieurs copains-copines avouèrent, à cette occasion, qu’une petite « baignade sauvage » pouvait leur arriver, voire qu’eux et leur famille fréquentaient aussi, parfois, des endroits nudistes. En fait, c’était considéré comme tout sauf sulfureux.
Tant qu’il n’y avait pas d’histoires de pelles, d’érections ou de pelotage ça intéressait peu.
Je me gardai bien d’en dire plus.
Jusqu’à ce jour où la télé diffusa un grand reportage sur les naturistes. Il fut très regardé, et ce fut pour beaucoup d’enfants la première fois qu’ils voyaient des parties génitales autres que les leurs. Dès lors, du jour au lendemain, on m’inonda de questions sur ce « camping nudiste » où j’étais allée. Ouch ! On mit du temps à se comprendre. Rien qu’en parlant de la piscine et de la rivière où l’on se rendait toujours « sans maillot », certaines entendirent que nous y allions en combinaison, ou toutes habillées. Si !
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