Une nouvelle auteure ayant accepté de répondre au questionnaire de Plume Interdite ! Pour de nouveau un contenu riche en émotions, enseignements et renseignements. Attention, Elodie n’a VRAIMENT pas du tout la langue dans sa poche…

- Qu’est-ce qui crée l’étincelle d’une histoire ? Qu’est-ce qui la déclenche ?
Les émotions, évidemment. Pour ma part, j’ai d’abord osé publier, à l’âge de 22 ans, le premier volume d’une trilogie sur mes aventures charnelles, en choisissant les plus belles, celles qui m’ont le plus marquée, celles dont je n’ai pas trop honte de me souvenir.
Je savais que je devrais apprivoiser le regard des lect·eur·rice·s, gagner en confiance, avant de laisser affleurer mes expériences les plus singulières et troublantes. J’ai également donné vie à deux romans, eux aussi traversés par mon vécu érotique : l’un est le concentré de mes fantasmes (La petite fleur d’Élodie), l’autre dévoile des pans secrets de mon passé (La thèse).
- Quelles sont les techniques pour « affronter » une nouvelle ou un roman, les poursuivre coûte que coûte et en venir à bout ?
Pour un livre autobiographique, tout commence bien avant la page blanche. Depuis l’âge de 13 ans, je confie mes émotions à un journal intime pour qu’elles ne s’évanouissent pas et restent ancrées dans ma mémoire autant que dans mes mots. J’écris aussitôt un résumé de l’expérience vécue, à l’état brut, afin que chaque détail reste fidèle, vivant et proche de la vérité.
Ce n’est qu’ensuite que je reviens sur ces notes, que je les habille et les parfume d’un style plus littéraire que mes premiers gribouillis. Mes « techniques » ressemblent donc moins à une méthode qu’à une promesse : celle de la vérité nue, pure et saine.
Je ne lutte pas pour venir à bout d’un texte ; je lutte plutôt pour ne pas trop en dire, pour retenir ces scènes qui me font honte ou dont je crains qu’elles heurtent certain·e·s. J’ai toujours une petite inquiétude au fond du cœur : qu’une fille trop jeune tombe sur mes livres, pas encore prête à affronter ce que j’y confie de plus intime. Tout comme faire l’amour au cinéma où j’ai peur qu’un enfant ne nous voit. Ces deux expériences m’étant arrivées, cela a probablement contribué à ma gourmandise pour la sexualité.
- Écrire est un plaisir qui demande des contraintes. Comment trouver le juste milieu entre contrainte et plaisir ?
Écrire en qualité d’auteure amatrice d’érotisme est un plaisir charnel qui se savoure. Moi, amoureuse des mots, je refuse toute contrainte : publier mes confessions les plus intimes vécues doit rester une jouissance pure, comme un frisson qui parcourt la peau. J’aime quand mon désir monte, nue sous ma couette chaude, entre rêve et sommeil.
Je me couche tôt, et c’est dans un 5 à 7 du matin que mes doigts dansent sur le clavier. J’écris en laissant les phrases couler comme une caresse lente sur ma peau frémissante, ou je réponds aux lettres enflammées de mes lect·eur·rice·s, ma main glissant paresseusement entre mes cuisses, effleurant, explorant, jusqu’à ce que le plaisir monte en vagues douces.
Nue, offerte à moi-même, l’enchaînement des mots est en phase avec celui de mes orgasmes. Je suis alors dans une libération sensuelle où l’écriture et le toucher se fondent en une seule ivresse. C’est ainsi que je sublime ce frisson du plaisir de la contrainte.
- Quelles sont mes sources d’inspiration pour écrire ? L’imaginaire, la vie personnelle, celle des autres, les médias ?
Dans mes livres, je confesse ma sexualité vécue mais aussi mes rêves érotiques et mes fantasmes les plus secrets. La sexualité est un océan sans fond, aux dimensions infinies, plus vaste que ma vie seule ne pourra jamais engloutir. Sans désir d’enfant ni de conjoint·e pour m’alourdir, je chéris ma liberté totale : je vis ce que je veux, sans chaînes.
Je m’offre à des amant·e·s ou des couples de passage, en définissant avec eux d’avance les grandes lignes du scénario de notre rencontre à venir. Nos sens s’embrasent librement en construisant le contexte et les situations à venir.
C’est là, dans la pratique concrète et brûlante de ma sexualité libre que naît chaque mot. Mes doigts, encore frémissants de ces ébats, glissent alors sur le clavier pour transformer l’essence du vécu en pages palpitantes, où chaque lect·eur·rice peut sentir la chaleur humide de mes confessions. Ainsi, l’inspiration coule de source, nourrie d’une part de honte et d’excitation mélangées au plaisir de me livrer ainsi.
- On dit parfois que tout roman a un côté autobiographique. Écrit-on pour exorciser un certain vécu ou, au contraire, pour aller au-delà de soi ?
Mes livres autobiographiques le sont pour s’élever au-delà de ma propre chair. J’aime dévoiler mes expériences « normales et sages », les livrer au monde, même voilées, dans une libération voluptueuse. Je garde secrètes celles de l’ingénue lolita – ces émois précoces, avant l’âge légal, qui me faisaient rougir, ces frissons secrets qui choquaient. Ces fragments, trop crus pour être publiés, écrits pour chasser les fantômes du passé, dorment dans mes carnets.
Je suis en thérapie depuis l’adolescence, notamment à cause d’une sexualité trop précoce. En publiant, je tente de dompter ma timidité maladive, cette pudeur abyssale qui m’enserrait comme un corset trop serré. Publier ces confessions érotiques a été une victoire personnelle qui m’a permis de gagner une confiance nouvelle, sculptée au fil des échanges fiévreux avec mes lect·eur·rice·s.
Leurs mots, comme des doigts experts, effleurent mes doutes, me font frémir d’audace. Ainsi, la plume devient amante, guérissant les plaies tout en embrasant l’inconnu.
- Avez-vous une idée du visage de votre lectorat ? Est-il simple d’établir une communication avec ses lecteurs ?
Publier mon adresse e-mail et mes réseaux sociaux dans mes livres – via Atramenta.net, avec sa messagerie dédiée aux aut·eur·ice·s – est une invitation charnelle à l’intimité : « Contactez-moi, dévoilez-vous ». J’adore plonger dans leurs questions, surtout les plus intimes, celles qui frôlent la peau comme une caresse interdite, et découvrir leurs expériences, leurs fantasmes et anecdotes les plus secrètes qui font pulser mon propre désir.
Si je devais deviner à la louche, 60 % d’hommes aux appétits voraces, 30 % de femmes aux confessions fiévreuses, et 10 % de couples en quête d’échanges partagés – hélas, les groupes restent rares, alors que j’imagine en frissonnant ces orgies virtuelles.
Je ne sais si ces chiffres reflètent fidèlement mon lectorat. Mais communiquer avec eux est d’une simplicité délectable : un clic, et nos mondes secrets se mêlent, chairs et mots enlacés dans une danse sensuelle qui nourrit mon écriture.
- Comment concilier la vie d’auteur érotique et une vie plus classique (de famille, de bureau, etc.) ? Faut-il cacher cette activité littéraire ?
Par prudence j’utilise un nom de plume pour que ma famille, mes confrères, mes rares amis n’effleurent pas mes publications torrides. Chez moi, pas un seul exemplaire papier – que des fichiers numériques, fantômes érotiques planqués dans le cloud, à l’abri des regards curieux. Pourtant, dans mes récits, je me dévoile sans pudeur : ma profession, ma ville, la région de mon enfance sont dévoilés comme si je cherchais le frisson d’être reconnue.
Au bureau, mon excitation monte parfois comme une fièvre impérieuse, surtout en période de pulsions hautes. Quand les collègues s’éclipsent – pause déjeuner, réunions, télétravail –, mes doigts glissent entre mes cuisses, m’obligeant parfois à m’isoler aux toilettes, laissant le plaisir m’inonder en vagues rapides dans un orgasme furtif, décuplé par la frustration du silence imposé. Ainsi, l’érotisme s’infiltre partout : caché mais vibrant, il nourrit ma double vie sans jamais la trahir, transformant un instant banal en plaisir sensuel.
- Quels sont vos projets actuels ? Littéraires ou autres ?
Un tourbillon, né dans la moiteur des Maldives, où un lecteur audacieux m’a conviée pour deux semaines de rires complices avec ses amis naturistes et échangistes. Hélas, il a dû rentrer prématurément, happé par son monde réel des affaires, ou peut-être la jalousie de son épouse, ou une culpabilité qui le rongeait.
Seule dans cette villa paradisiaque avec piscine individuelle, bercée par les déclinaisons de bleus du récif et du ciel, le sel sur ma peau blonde, trois idées de roman érotico-politico-financier torrides ont surgies, mélange explosif de luxure et de pouvoir.
Durant dix jours peuplés de masturbations intenses, j’ai jeté les bases de personnages fictifs aux appétits voraces, inspirés d’actualités qui m’ont marquée – intrigues financières où l’argent coule, politique tordue – le tout entrecoupé d’érotisme brut.
J’ai noirci des carnets entiers, notes fiévreuses prises entre des orgasmes solitaires, le soleil caressant mes seins nus, le vent chaud frôlant mes cuisses entrouvertes. C’est un virage créatif et sensuel pour moi : je m’éloigne du pur autobiographique, plongeant dans des fantasmes plus vastes. La publication est imminente, j’ai hâte de partager ces pages palpitantes avec mes lect·eur·rice·s, de connaître leurs retours, et peut-être, qui sait, d’y puiser de nouvelles extases.
En savoir beaucoup plus sur Elodie de Paris ? Lisez-la sur son espace Atramenta, et suivez son actualité littéraire sur son FaceBook.

