Entretien avec Melle Mélina 1-2

Voici une auteure, encore une découverte sur Atramenta. Qui semble beaucoup s’amuser à écrire… et semble s’être beaucoup amusée aussi à répondre à toutes ces questions.

  • Qu’est-ce qui crée l’étincelle d’une histoire ? Qu’est-ce qui la déclenche ?

Eh bé ! On attaque fort ! Je vais essayer d’être la plus concise possible, tout en sachant que les réponses que je vais apporter à cette question sont légion.

Parfois je me balade dans la rue et soudain une idée qui provient d’on ne sait où me pénètre (ooooouuuuuuuiiiii oooohhh ooouuuiiii). Parfois, c’est une image qui me donne l’envie d’écrire un texte. L’étincelle peut provenir de partout, une musique, une image, une scène de la vie quotidienne, un rêve…

Je ne sais pas ce qui la déclenche…

Tout ce que je sais, c’est que l’idée qui émerge doit être originale… Je ne me réveille pas en me disant,

– Tiens, je vais écrire un texte où un homme trompe sa femme avec la meilleure amie..

Vous voyez, le genre de scénario qu’on a déjà tous et toutes lus un jour…

  • Quelles sont les techniques pour « affronter » une nouvelle ou un roman, le poursuivre coûte que coûte et en venir à bout ?

J’ai deux méthodes de travail.

La première est très « scolastique ». J’écris un plan, j’écris les grandes lignes de mon histoire… Puis je détaille de plus en plus le plan… Je peaufine… je peaufine… Je gomme, j’efface puis je structure…Une fois le plan détaillé posé sur papier (m’enfin, écran pour être honnête…), je peux au gré de mes envies développer les parties — et ce, indépendamment de la chronologie du texte.

C’est une méthode très efficace mais qui prend beaucoup de temps.

La deuxième est une méthode plus « récréative », j’y vais, « roule ma poule ». Pas de plan, pas de prise de tête. Je ne sais pas où je vais, mais j’y vais. Cependant, cette méthode de travail (qui peut accoucher de texte pas franchement mirobolants) nécessite une certaine énergie. Pour ce genre de texte, il ne faut pas traîner…

Imaginez, vous commencez un texte le dimanche, vous avez une pêche du tonnerre de Zeus, votre texte respire de cette énergie, le lecteur est bousculé… malheureusement vous ne pouvez le finir que trois jours plus tard, le mercredi…

Et il se trouve que vous avez le moral dans les chaussettes… Cela se traduira par une différence de rythme et le lecteur le sentira ! Il ne sera pas bousculé, il sera complètement paumé.

  • Écrire est un plaisir demandant des contraintes. Comment trouver le juste milieu entre contrainte et plaisir ?

Pour moi écrire égal plaisir. Si je ne suis pas dans le « mood «  (langage de d’jeun pour prouver que je ne suis pas une has been, non mais oh!), je préfère faire du sport. Je ne m’oblige à rien. J’ai le temps.

Je n’ai aucune obligation alors pourquoi m’imposer d’écrire lorsque l’envie est absente ? Donc pour être plus directe : pas de contrainte. No passaran les contraintes !

  • Quelles sources d’inspiration pour écrire ? Simplement l’imaginaire, ou bien la vie personnelle, celles des autres, les médias ?

Je suis une « enfant de la télé » (je ne parle pas de cette émission débile). Mais comment se détacher de ce média omniprésent pour les personnes de mon époque (je suis née en 82). Que je le veuille ou non, la télé a laissé une empreinte indélébile dans le dedans de mon crâne.

Mon père était un fan absolu de bd, Gaston Lagaffe en tête… et c’est par la Bd que j’ai eu le goût de la lecture. Les auteurs de bandes dessinées ont presque tout inventé ! Je ne peux pas véritablement peser l’impact que la bande dessinée a encore sur mon imaginaire.

Je pense avoir de l’imagination, mais il est probable que ce que je pense appartenir à ma seule imagination provienne en fait de source déjà publiée ou retransmise à la téloche ! C’est difficile d’être vraiment originale et de s’affranchir de ce qui nous a fait grandir !

Oh bordel, c’est beau ce que je viens d’écrire ! Bordel, je crois que je vais en chialer !

  • On dit parfois que tout roman a un côté autobiographique. Ecrit-on pour exorciser un certain vécu, ou au contraire pour aller au-delà de soi ?

Oui, il y a toujours une part de nous dans nos écrits – quant à l’exorciser, il y a un pas que je ne saurais franchir. Tout dépend de ce que vous avez à exorciser… il y a des blessures trop profondes pour qu’elles puissent se cicatriser de façon pérenne. Mais l’écriture peut devenir une canne sur laquelle s’appuyer.

Attention, si on écrit dans un but thérapeutique, il faut bien garder en tête que les critiques peuvent aussi être négatives et ce n’est jamais évident lorsqu’un lecteur met le doigt sur une douleur qu’on a exprimée dans l’écrit en question.

Moi j’écris pour raconter des salades, et cela me convient.

  • Une idée du visage du lectorat ? Est-il simple d’établir une communication avec ses lecteurs ?

Tous mes écrits sont publiés sur des plateformes gratuites. Sur ce genre de site, le lecteur peut laisser un message (auquel je réponds systématiquement). Mon lectorat ? Mais ai-je seulement un lectorat ?

  • Comment accorder la vie d’auteur érotique avec une vie plus classique (de famille , de bureau…) ? Faut-il ou non cacher cette activité littéraire ?

J’ai écrit des textes érotiques parce que cela m’amusait… M’excitait ? Non… Non mes écrits de l’époque ne m’excitaient pas. Simplement m’amusaient et de savoir que certaines nanas mouillaient leur culotte ou d’autres mec l’avaient bien dur était une belle récompense qui m’amusait.. Oui je sais je me répète mais c’était ma main courante : m’amuser.

A l’époque, j’étais sur un site … disons… boderline où les récits de zoo (pas les zoos, mais la zoophilie) et les récits incestueux pullulaient. J’avais donc honte d’envoyer mes connaissances, mes proches lire mes conneries.

Maintenant, je n’écris plus d’érotisme… j’y reviendrai peut-être un jour mais comme je ne prends plus de plaisir… Je suis une gosse… Une gosse qui ne jure que par Barbie puis s’en délaisse pour jouer aux légos… C’est pareil.

  • Des projets actuels en cours ? Littéraires, ou autres ?

Il y a plusieurs textes en cours. Un texte qu’on écrit à trois autrices – pas prêt d’être publiés celui là ! On est toutes les trois, reines de procrastination… On écrit chacune notre tour un passage puis, une fois celui ci écrit, on passe le témoin à l’autre… Cela va déjà faire six mois que j’attends le passage de celle qui me précède ! Ça va… cool, on a le temps…

Sinon, je suis sur un projet qui me teins particulièrement à cœur c’est ma collection « Terra Incognita ». une série d’aventure, une série d’action et de dépaysement avec mon personnage fétiche Maya !

Je peaufine la sixième aventure. Je pourrais vous en parler sur une centaine de pages tant je suis enthousiaste d’écrire ses pérégrinations. Le prochain s’ appellera : Maya et les tablettes d’émeraude !

Ça en jette non ?

Une sorte de Indiana Jones au féminin, de Bob Morane et Lara Croft…

  • Les thèmes «sulfureux» sont-ils ton domaine de prédilection ?

J’aime bien m’engager sur des voies sur lesquelles on ne m’attend pas et comme je n’aime pas proposer des textes qu’on a déjà lu cent et deux cents fois… il m’arrive d’emprunter des chemins de traverses et aborder des sujets dits « sulfureux » ou tout du moins « controversés ».

  • Pourquoi avoir choisi cette voie ? Quel a été le déclencheur ?

J’ai déjà répondu un peu à cette question. C’est le souci d’écrire quelque chose de différent.

  • Auteur professionnel, semi-pro, amateur ? Si amateur : l’activité principale est-elle secrète ? Si pro : est-il difficile de vivre de sa plume, de nos jours ?

Amateure… l’idée de publier m’a déjà effleuré l’esprit… mais je n’ai pas d’ambition autre que celle d’écrire en dilettante.

  • Cet univers littéraire exige-t-il un pseudonyme, ou doit-on assumer ses écrits quitte à dévoiler son identité réelle ?

J’aime bien l’idée d’avoir un blaze qui sonne bien… C’est mon véritable prénom mais bon, de là à donner mon vrai nom… pour que les fans m’attendent en nombre incalculable devant ma porte à quémander un autographe… Et vivre avec des gardes du corps, être la cible incessante des paparazzi… whoua ! Non merci !

  • En quoi ces lectures peuvent-elles nous faire réfléchir ? Nous ouvrir au monde, aux autres ?

Lorsqu’on lit le marquis de Sade, on se rend compte que la sexualité est la même depuis des siècles… Nous n’avons pas évolué sur ce plan. M’enfin, si ! Un peu sociétalement oui on a évolué, on ne fait plus de prison parce qu’on aime la bite… mais clairement, les plans à trois, à vingt cinq, ça existait déjà au 18e siècle, c’est fou non ?

  • Livre érotique  : simple amusement ou bien outil de développement personnel ?

Amusement !

Découvrir les histoires de melle Mélina ? C’est ici sur son espace Atramenta

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *