Épiée par le petit voisin

Sans titre 3

Chloé aime bien se sentir épiée par son voisin Julius (garçon de sa tranche d’âge), le soir, lorsqu’elle est dans sa chambre…

Julius change. Lui aussi ! Plus jamais on ne prendra de bain ensemble, apparemment on est désormais trop grands pour ça. Est-ce pour cela que cet idiot se met à me mater dès que je suis dans ma chambre ? Je l’ai vu dès le premier soir. Julius habitant en face, sa chambre est en vis-à-vis de la mienne. Il n’y a aucun autre véritable vis-à-vis, donc je n’ai jamais trop fait attention lorsque je me change ou reste nue. Chaque matin, chaque soir il est désormais au rendez-vous, réglé comme une horloge. Il ne l’avait jamais fait auparavant. Parfois il se poste dans sa cachette (derrière le radiateur) à n’importe quel moment. Se pense-t-il discret ? Il n’est pas prêt pour les opérations camouflage de la guerre du Vietnam. Ah ces hommes… Cachez le nu et tous le chercheront. Les garçons seraient-ils différents si on les laissait faire salle de bain commune, douche communes, vestiaires communs à tout âge avec les filles ? Possible. Peut-être a-t-on besoin de ces interdits pour que les mâles se mettent en chasse et puissent un jour nous faire enfanter. Peut-être que sans mystère les générations futures seraient plus dures à assurer. En plus de l’intrigue, aux garçons, il faut aussi du défi. Être le plus fort, ou du moins le faire croire. Je déteste ça, je ne leur en veux pas c’est dans leurs gènes. Même du temps de la préhistoire il fallait montrer qu’on était en meilleure forme que l’autre pour avoir la femelle, on est dans le combat depuis des millions d’années. Défi de vaincre, de posséder, de séduire. Épier sa proie, lutter contre les concurrents, l’approcher, la piéger. C’est triste et beau à la fois.

On devrait toujours en revenir aux gènes. C’est à cause d’eux que les garçons ont soif de conquêtes féminines, et que les femmes cherchent davantage l’homme unique. Le mâle veut perpétuer la race en propageant sa semence partout. Tandis que la femelle n’a qu’un seul ovule par an, maximum, à offrir. Même avec contraception c’est pareil puisque ça joue au niveau du subconscient. Toutes ces réflexions je me les ferai plus tard, elles n’encombrent pas mon esprit d’enfant. D’ailleurs Julius est dans un schéma bien plus basique. Pas tellement conquérant. Tout de même, quel paradoxe. Julius a pu me voir nue de près si souvent… désormais il se cache pour m’apercevoir nue de loin. Quelque chose m’échappe. « C’est signe qu’il grandit », me répond Estelle lorsque je lui en parle. Et d’ajouter « Signe aussi, Chloé, que tu devrais peut-être te mettre à fermer les volets le soir ». Seulement moi le matin, j’aime bien être réveillée par les rayons du soleil.

Au début perplexe, je me prête ensuite au jeu. Après tout pourquoi pas. D’abord histoire de rire, un peu, de le faire enrager, beaucoup. J’invente plein de petits trucs pour le faire fulminer derrière sa cachette de pacotille. Meneuse de revue, actrice, metteuse en scène, je mets en place de formidables petites taquineries. Celles-ci sont nombreuses… Par exemple en me mettant derrière le placard pour me déshabiller, là où il ne peut voir que ma tête et mes épaules, renfilant une robe de chambre pour tout déplacement. Ou encore en faisant mine d’avoir chaud et de vouloir ôter ma nuisette, et au dernier moment j’éteins la lumière et il ne distingue plus qu’une ombre. Il m’arrive aussi de n’avoir qu’un t-shirt au ras des fesses, suffisamment bien choisi pour qu’on voie presque, sans bien distinguer. Enlevant le dos tout en restant de dos. Bref je fais ma pute, comme on pourrait dire. Ces petits coups de Trafalgar durent des jours et des jours. Suis-je cruelle ? En tout cas j’y prends plaisir. Je n’y vois pas de méchanceté, plutôt une espièglerie. C’est aussi une façon de le punir là où il a péché, bien que je ne sois pas certaine qu’il ait vraiment péché. Je pensais que le jeu le lasserait. Qu’à force de me voir sans me voir, il laisserait tomber. C’est tout le contraire. On dirait que plus je le titille, plus il est accro. Ainsi, Julius reste fidèle à son poste, chaque soir, tel un militaire suivant les ordres au point de rester seul au front bien que la guerre soit terminée.

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