La veille, Chloé a vécu sa première séance de caresses… données à sa copine Sandrine. Les retrouvailles sont songeuses…
— Extrait de « En attendant d’être grande », la vie d’une femme libérée nous racontant son passé, de sa naissance à son âge adulte —
Dès le lendemain, Sandrine et moi étions de nouveau réunies. Bien sûr, nous aurions pu faire comme si rien ne s’était passé. C’est courant dans ces cas-là paraît-il.
Si l’on n’en fit pas tout un débat, le sujet fut abordé.
— Tu sais Chloé, maman elle nous en aurait pas voulu si elle nous avait vues.
— Pourquoi toutes les mères sont plus chouettes que la mienne ?
— Elle sait qu’on est à l’âge des expériences.
Et c’était juste une expérience… j’aime les garçons. Les filles c’est pas pareil.
— Je sais, tu m’as déjà dit ! Combien de temps elle met ta mère, pour faire des crêpes ? J’ai l’impression que toutes les deux ça a duré une éternité.
— T’as trouvé le temps long alors ?
— C’est pas ce que je veux dire ! Je veux dire… Comment on dit ? Ah oui voilà : j’avais perdu la mesure du temps.
— J’imagine que ça a été plus court qu’on l’a cru. Dix minutes à tout casser peut-être. Ou moins.
— C’était comme une prière. Qu’elle dure une seconde ou un siècle ça revient au même car le temps s’arrête.
— Oui, enfin, on a l’impression qu’il s’arrête.
— Peut-être qu’il s’arrête réellement. Un truc métaphysique ?
L’échange resta bref. La suite de mes réflexions, je la gardai pour moi. Qu’en conclure ?
Qu’on avait le droit à des expériences entre filles tout en aimant les garçons.
Qu’il est compliqué d’
être concentré sur le plaisir de l’autre tout en s’occupant du sien.
Qu’une expérience avec son prochain vaut toutes les solitaires.
Nous n’avons pas eu l’idée de recommencer, ni de tenter quoi que ce soit d’autre. Je ne crois pas que Sandrine y ait songé sans m’en parler, entre nous il n’y avait plus de tabous. Reprogrammer un plan moquette pour qu’elle me caresse à son tour, je n’aurais pas dit non.
Peut-être aurais-je aimé, peut-être pas, en tout cas j’étais partante pour tenter. Egoïsme de sa part, timidité ? Peur de ne pas être à la hauteur ? Oh, après tout nous avions mieux à faire. Ou au moins tout aussi bien. En fait, et c’est heureux, Sandrine et moi aimions suffisamment nous balader, parler et jouer ensemble pour que ce soit suffisant.
J’avais du mal à n’imaginer aucun lien entre le naturisme de ma copine et ses attitudes. Certes, sans être naturiste j’avais vécu plus d’expériences sensuelles qu’elle… à moins qu’elle ne m’ait pas tout dit. Quoi qu’il en soit, cet art de vivre menait à des tentations, c’était évident.
La copine aimait ce mélange de sainteté et de perversion.
Sans cesse partagée entre le plaisir du soleil et celui d’être observée… Une Sandrine de plus en plus aventurière. Lors de ses prochains séjours nudistes, je ne serais pas étonnée qu’elle fasse voir des étoiles aux garçons, qui eux lui en feraient voir de toutes les couleurs.
Pureté, vice… Avec les années, on apprend à faire cohabiter ces deux personnalités. On les entremêle, on les harmonise et elles finissent par s’entendre, avancer de concert. L’une aide l’autre, elles se font des clins d’œil, deviennent complices.
Sur la fin du séjour, maman décida de passer un peu de temps avec moi. On partit se balader, elle m’emmena au cinéma, à la piscine. Ce ne fut pas désagréable. Pourtant, si l’année dernière j’en aurais sauté de joie, là je manquais d’enthousiasme. Maman paraissait déçue.
Quoi, c’est elle qui m’avait appris à vivre sans mère ! Les parents sont ainsi, lorsqu’ils tentent de rattraper le coup c’est trop tard, leurs petits ont tant poussé qu’ils ne les reconnaissent plus. Concernant ses sorties et rencontres elle ne m’en dit jamais rien, ce qui est encore plus coupable qu’inventer un bobard.
Après, sans ses escapades je n’aurais jamais pu m’amuser autant avec Sandrine. En retour, je restais également très vague quant à mes activités, prenant plaisir à laisser planer des doutes en lui racontant n’importe quoi.
« Oui, sur la plage un garçon de quinze ans est venu me parler, on s’est rien dit de spécial, il m’a quand même offert une glace ».
« Sandrine, elle connaît plein de mecs, elle m’en a présentés quelques-uns ».
« Y a un vendeur ambulant qu’a voulu nous offrir une bière avec la gaufre qu’on a achetée. Quand même on a dit non ».
Maman me fit la remarque que j’avais changé. Je prenais beaucoup plus soin de moi,
mettant mes jambes en valeur, me faisant une chevelure plus sexy.
Dans sa bouche, ça sonnait tant comme un compliment qu’un reproche. Surtout, elle était à la masse la maminouche : ce n’est que là, maintenant, qu’elle s’en rendait compte ? Elle avait de la chance que je sois sage, j’aurais eu cinq amants dont trois majeurs qu’elle ne s’en serait aperçue qu’une fois devant le juge.
Ce que j’avais appris, c’était à évoluer selon le regard du mâle. Son œil est sensible au plus petit détail, enfin je parle du gentleman. Un nœud dans les cheveux, une mèche sur le front, une robe repassée… tout compte fait, tout compte. Les féministes disent que cela donne la sensation d’être une boite de Corned Beef. Eh, Corned Beef toi-même !
Tu parles, elles qui ne portent que des salopettes trop larges et des polos de mecs, personne ne les mate. Jalouses que vous êtes. Quant à moi, tant qu’à être boite de Corned Beef, autant en être une premier choix que premier prix. Quant aux garçons, dis-moi comment tu mates je te dirai qui tu es.
Certains louchent direct sur le cul, d’autres sont charmés par le sourire.
Certes, ces derniers regardent le cul ensuite, n’empêche, ce n’est pas pareil. Il y a des subtils et des délicats, il y a des lourdauds et des grossiers, il y a des poètes, des cochons, des romantiques, des Casanovas, mais tous finissent par te reluquer l’arrière-train, quoi qu’ils en disent et quoi qu’il arrive… Quoi… de plus naturel ?
Maman semblait fière de ma nouvelle bouille, et à la fois inquiète. Pas envieuse, enfin je ne crois pas. Elle pourrait, elle pas loin d’être une plante fanée devant une fraîche petite fleur en cours d’éclosion.
Au cours de l’après-midi je la mets en confiance en me tenant à carreau. Une culotte, une robe pas trop courte, aucune démarche trop minette. Regarder devant soi, lui tenir la main et se mettre des œillères. Prudence… Je suis toujours en phase de négociations pour cet été. Son anxiété s’estompe, elle conclut que mon look signifie que je deviens plus mûre, responsable, puisque pas allumeuse.
Pas besoin maman, j’allume même quand je ne fais rien !
Du reste, elle me dit que j’avais bien géré mon temps et n’avais fait aucune bêtise pendant ces vacances. Ah ? Et qu’en savait-elle au juste ? D’où elle sortait cela ?
Des bêtises, en un sens je n’en avais pas fait. En un autre si.
Très belle surprise : le soir même, maman m’annonçait que c’était d’accord, que je pourrai partir cet été chez Marthe, avec Clarisse. Je lui en aurais presque dit je t’aime. Surtout, je n’avais pas encore idée de ce que j’allais vivre.
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