Suite de notre épisode. A présent, Amandine a décidé de passer à l’action…
— Extrait de « Dialogues Interdits », ma saga de petites histoires sulfureuses ne comportant que des dialogues sans la moindre narration… —
— Encore un peu et elle nous aurait pondu une thèse !
— Son ressenti était surtout émotionnel. Intarissable sur le sujet… tout en se répétant pas mal.
— C’est vraiment ce qu’on appelle une obsession.
— La définition même.
— Et ça a duré longtemps son petit manège ?
— À quinze ans elle y était encore ! Je finissais par m’en étonner. Même si elle restait très jeune, l’air de rien elle commençait à avoir l’âge de faire autre chose avec des engins que juste les regarder de loin.
— Les matés avaient de vingt à trente ans. Non ?
— Je songeais à plus raisonnable ! Qu’elle aille piocher dans notre bande de copains… pas chez les joueurs de water-polo.
— Vous en parliez pas ?
— Pas tellement. Mais… je reste une fille. Insatiable curiosité… qui a fini par l’emporter. Note que je l’ai questionnée en lui précisant bien que ce n’était en rien un mal de prendre son temps, que moi-même j’avais encore rien fait.
— Vous aviez le même âge ?
— Oui. Moi je serais dépucelée que deux ans plus tard.
— Et elle ?
— La caricature de la pucelle en chaleur. En un sens, salope avant même d’avoir baisé !
— Donc elle rêvait de le faire.
— Curieusement pas tant que ça ! Amandine n’était pas dérangée d’attendre encore. En tout cas pour ce qui était de faire l’amour.
— De quoi d’autre elle avait envie ?
— Sucer ! C’était LE truc qui la démangeait, qui la rendait dingue. Pourquoi sucer et pas coucher tu me diras, ça j’en sais trop rien.
— À cause… ou grâce… à la plongée ! Son bassin était pas aligné aux mecs… sa bouche, si.
Et puis un mec au repos donne envie de le pomper pour le faire bander.
— Son désir m’effrayait un peu.
— Voilà ce qui arrive quand on pose trop de questions.
— T’aurais pas posé les mêmes ?
— T’as pas idée ! J’en aurais posé bien plus, et bien plus tôt, et des bien pires… Je vois pas ce que ces désirs ont d’effrayant.
— Je la voyais d’ici boire trois verres pour se désinhiber puis incruster un apéro des joueurs de water-polo… Son corps n’étant même pas encore tout à fait celui d’une fille de quinze ans !
— On parle pas tant de son corps que de sa bouche.
— Quand même y avait trop d’écart.
— Peut-être qu’eux par contre seraient raisonnables ?
— Y avait pas qu’eux ! Le désir d’Amandine avait grimpé depuis des années. Elle me disait que l’envie était si forte, si dévorante, elle se sentait capable de se ruer à genoux devant n’importe quel mec à la première occasion.
— Genre si elle tombait sur un vieux sexagénaire pervers ?
— Va savoir ! Je lui ai dit que sa bouche était petite, son corps menu, son visage encore un peu enfantin… et qu’elle devait au moins rester dans sa tranche d’âge. J’étais prête à fomenter un plan : la rapprocher d’un copain de notre âge et m’arranger pour qu’il se passe un truc entre eux. Que ce soit fait, enfin. Que ça la calme un bon coup. Tu vois ?
— Elle avait besoin de toi pour ça ?
— Je le pensais ! Naïve que j’étais… Amandine m’en a pas laissé le temps. C’est arrivé lors d’une soirée. Un concert pour tout le camping, de rock je crois bien. Plein de familles devant la scène, des couples… Toute la bande de copains-copines présente. Il suffisait de faire quelques mètres pour être dans la pénombre, à l’abri des regards. Amandine a pris un premier copain par la main, ils sont allés derrière un buisson… Je n’ai vu que de loin.
— Mais c’était assez clair pour que tu comprennes.
— Oui c’est sûr, la fille disparaît sous le buisson et le mec y a que sa tête qui ressort avec yeux dans le vague et bouche ouverte, limite bave aux lèvres…
— Et elle s’est lâchée à quel point ?
— Jusqu’au bout de la nuit… ou presque. Tous les grands étaient dans la fête, sans s’occuper de nous. Encore heureux. Le garçon est revenu, l’air béat. Il a dit aux copains que ceux qui voulaient, c’était tout de suite ou jamais.
— Il y a eu beaucoup de candidats ?
— Nous étions dans le plus grand centre naturiste d’Europe ! Les ados se sont passé le mot. Autour du buisson c’est devenu la vraie fiesta.
— Et personne pour balancer ? Vu que tout le monde a pas voulu non plus je pense…
— Il existe comme une frontière dans les groupes de jeunes. Ceux qui le sentent pas s’éloignent sans poser de questions. Et puis,
la proposition n’a pas été transmise à n’importe qui. Seulement auprès des délurés, des excités…
— Ce qui fait quel chiffre ?
— J’ai pas compté !
— T’es restée dans les parages ?
— J’y tenais, et pas pour me rincer l’œil. En fait j’étais plutôt anxieuse. Et seule à l’être du reste !
— Qu’est-ce qui t’inquiétait ?
— L’effet de groupe. Que ça vire au viol. Qu’elle sache plus ce qu’elle fait, qu’un garçon lui tienne la tête de force, l’oblige à une éjaculation dans la bouche, à avaler, tente de la sauter…
— Elle avait pris un truc ?
— Sur le moment je pensais que oui. Un cacheton, une bouteille d’alcool… Plus tard je comprendrai que non :
Amandine avait pour unique ivresse… le plaisir !
— Avec quoi. Dix mecs ?
— Peut-être bien jusqu’au double. Sans plaisanter.
— Putain ! Faut qu’j’m’asseye.
— Faut qu’t’essayes ?
— Que-je-m’a-sseye ! Idiote !… En tout cas on en revient à ce qu’on disait tout à l’heure. Même des mecs sages…
— Exact ! À la base aucun n’était spécialement coquin ! Et je les connaissais bien, et tous. Un mois par an depuis ma naissance, tu penses. Qu’ils deviennent libertins pour l’occasion, d’accord. Mais prédateurs, pas question ! Je voulais juste m’en assurer. D’avoir affaire uniquement à des cochons… et pas à des loups.
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