Choc des cultures ! Chloé et Clarisse, passant l’été dans une communauté très baba new age, ont décidé de relooker toutes les filles de leur âge qui le souhaitent. Ce qui est du goût de certaines, de certains… mais pas de tout le monde.
— Extrait de « En attendant d’être grande », la vie d’une femme libérée nous racontant son passé, de sa naissance à son âge adulte —
– A quoi ça sert que tu me mettes une autre culotte, personne la verra !
– Ah tu crois ? Sait-on jamais…
– Oh arrrrêête… Vraiment n’importe quoi.
– Oui je sais !
Quand le garçon va jusqu’à te mettre en culotte c’est pour te l’enlever.
Et plus elle est jolie plus il a envie de te l’enlever, comme pour la robe, c’est le truc bizarre de l’affaire.
– Chloé ! Là t’essayes de te faire passer pour experte d’un truc que tu connais pas.
– J’avoue !
– Le plus chaud qu’il pourrait arriver c’est qu’un copain ait envie de jeter un coup d’œil sous la robe, par curiosité. Je crois qu’y sont pas assez bêtes pour ça.
J’adorais ce genre d’échanges, qui pouvaient être volontiers un peu crus. J’en étais presque déçue lorsqu’une copine arrivait à poil : il y n’y avait rien à retirer. Ambiance cent pour cent filles. On était capables de se prendre la tête dix minutes pour savoir s’il fallait tout boutonner ou laisser le haut à l’air libre, et si oui de combien de niveaux.
Les autres s’en mêlaient puis ensuite tout s’emmêlait, on se lançait dans de grandes discussions qui nous faisaient arriver en retard. Superficielles ? Oui, sans problème. J’assume ! Ça aussi ça fait partie de la vie. Et que celui qui nous méprise me donne le nombre de conversations profondes sur la philosophie et la transcendance qu’il a eu ces derniers temps.
Mon coaching était un peu orienté salope, davantage que celui de Clarisse.
« Si on serre bien la jupe ça te moule mieux le cul ».
« Faudrait une robe un peu plus courte, qu’est-ce que t’en penses ? ».
« Laisse un peu voir ton dos enfin, c’est beaucoup plus sexe ! ».
Je n’hésitais pas à titiller, parler cash. Pas pour rien que l’activité restait un brin clivante, c’était de ma faute et je le savais. On ne voyait-on pas cela non plus comme une tentative de colonisation, plutôt un petit piment exotique. Au fond, on appréciait toujours que l’autre amène une petite partie de son monde.
Pas de doute qu’on venait aussi pour ce côté légèrement sulfureux, mais davantage pour « jouer » à la salope qu’en être vraiment. Comme le jeu des métiers quand tu fais l’infirmière ou le pompier, là tu faisais… la modèle ? La pute ? La jeune fille ?
Après coup, la veillée consistait surtout à écouter de la musique, faire un jeu ou raconter des histoires. Bon, je crois tout de même que je me fis un peu mal voir de quelques parents. Pourtant, on disait non aux rares copines quémandant du maquillage. Nous n’en avions pas du reste, il serait temps de s’y mettre à quarante ans lorsque nos peaux vieilliraient.
Toutes retrouvaient là, je pense, des gestes de leurs mamans. Il n’y a pas d’âge pour être nostalgique. Charlie par contre préféra se changer lui-même…
Dommage, le seul garçon que nous aurions pu dévêtir !
Clarisse, comme toujours, avait l’air de s’amuser, de tout prendre à la légère. Mystérieuse Clarisse… avec toi on ne peut jamais être sûr. Que penses-tu, que ressens-tu au juste ? Qui sait tout ce que tu me caches, tout ce que je ne parviens pas à te cacher ?
Tout cela était amusant, quoique fatiguant à la longue. Nous avions désormais un public qu’il ne fallait pas décevoir : de fait, il y avait davantage de pression. Par chance, soir après soir nos leçons portaient : certaines commençaient à se looker toutes seules. Revers de la médaille, nous étions moins les reines des veillées.
Nos minettes en toute logique jouaient les minettes, se faisaient draguouiller, sa pavanaient, posaient, en profitaient. N’étais-je pas en train de former des concurrentes ? Les copains des Trois Chèvres je m’en foutais, elles pouvaient bien faire ce qu’elles voulaient avec eux. Tant mieux même, ça bloquait des places. Mais Tom, là, c’était chasse gardée.
Que ferait-il face à toutes ces filles que j’avais contribué à rendre si jolies ? Seigneur, peut-être avais-je creusé moi-même la tombe de cet amour naissant. Non… je devais avoir confiance. Garder la foi, ne pas oublier sa main, son petit mot doux, son souffle à l’oreille
(presque ma première pénétration en un sens).
Ce serait un défi supplémentaire que de dépasser les copines en charme et en beauté.
En attendant, l’atmosphère des veillées s’émoustilla un peu… Une ou deux fois je crus voir briller quelques paillettes égarées sur le cou, les joues ou les lèvres d’un garçon. A quelle fille cela pouvait-il correspondre ?
Je chuchotai à Clarisse qu’il faudrait songer à une couleur de paillettes différente pour chaque fille, que l’on puisse suivre à la trace les quelques petites amourettes. Commises grâce à nous ? Les paillettes vinrent à manquer… et ô malheur, Estelle n’en avait plus. Ici, aucun supermarché pour se réapprovisionner.
Lorsqu’une fois grande je ferai du relooking à des amies avant d’aller en soirée, je ne manquerai pas, pour les plus délurées,
de les arranger en démarrant de leur nudité complète.
Paillettes sur la toison et la poitrine, dans les cheveux, et seulement après choix des vêtements.
Et s’il vous plaît, une couleur différente pour chaque zone, que je sache qui l’a embrassée et surtout où (et ce n’est pas toujours le même qui fait telle chose à tel endroit). Oui, le nu, même sans piercings, colliers et tatouages, peut s’habiller. Je te raconterai un jour… L’astuce m’a fait faire quelques découvertes très étonnantes.
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