Mots crus, mots de cour

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Extrait de « En attendant d’être grande » « Partie 3 – Apprentissage pas sage ».
Chloé, dans ses mémoires, se remémore et réfléchit cette période de son enfance où, dans la cour, les garçons se mettait à parler de plus en plus crûment…

En cette période où on apprend l’argot, tout le monde a remplacé les verbes « passer » et « donner » par « filer ». À l’école, le dernier gag des garçons est d’avoir un sachet de bonbons, d’attendre qu’une fille leur en demande un pour refuser aussi sec. Ça ne loupait presque jamais :
– Pourquoi tu veux pas m’en filer ?
– « M’enfiler »… en un mot ou en deux.
J’ai mis un temps à comprendre. Pour tout dire, ce doit être la première fois qu’une blague de cul m’a fait rire. Au passage, j’ai repéré quelle mine on fait quand une blague du cul se prépare : large sourire, regards en coin, sourcils froncés. Grâce à cela, personne ne peut m’avoir.

Les semaines passèrent. Mon intuition féminine me trompait rarement et c’était bien malheureux : les vacances d’été n’étaient pas encore là que déjà, on sentait l’orage entre Carl et maman. J’avais bien fait d’en profiter, et m’étais habituée à l’idée de cette séparation.

L’école n’était même pas un moment de répit. Désormais, tout le monde se sentait « grand ». Garçons et filles se donnaient des airs. Et que ça parle sexe à tout va, et que ça blague… Les mots cochons appris, on les répète comme des perroquets. Les copains-copines pouvaient bien balancer des « pine », « foutre », « moule » ou « enculer » à longueur de temps, j’avais pris la ferme décision que cela n’abîmerait pas mon innocence. Le monde du sexe serait et resterait beau, magique et plein d’étoiles. Et plus un mot sale ne devait sortir de ma bouche. J’espérais juste ne pas finir comme ces filles qui, à force d’être fleur bleue et de tout voir en beau, ne prenaient jamais aucun risque par peur de désillusion. En même temps, mon petit doigt me disait que je n’avais pas trop de soucis à me faire sur ce point.

Songeant aux derniers jours d’école, je classai d’emblée les garçons hautains dans la catégorie « à éviter ». Quand je pense qu’ils s’étaient mis à nous tourner autour avec ce genre de mots crus, croyant nous effaroucher pour mieux nous conquérir ! Encore que ça avait l’air de ne pas déplaire à certaines filles. Oui, plusieurs camarades aimaient bien ces termes salaces, ou faisaient mine de ne pas aimer pour mieux montrer qu’elles adoraient. Le type de nanas qui prendra plaisir plus tard à crier « non, non ! Pas ça ! » en se faisant joyeusement tringler à quatre pattes. Avec elles, lors de la drague, le garçon, voyant de la « résistance » et de « l’offuscation » (note bien les guillemets), sait qu’il gagne du terrain. Ce genre de fille, lorsqu’elle dit non, a en fait souvent déjà dit oui.

Le lourdaud prend alors de l’assurance, joue son macho et son sexiste, paye des coups à boire, en fait des tonnes. Tous deux se noient dans la superficialité puis la gaudriole à l’emporte-pièce. Les belles feraient mieux de chercher à les éduquer un peu, ces grossiers personnages. J’aime encore mieux celles qui ne font pas semblant, et apprécient pleinement le beauf, sans faire mine de le réprimander. Paraît que nous, les filles, on aime bien les « bad guys ». Un garçon sauvage ou provocant, pourquoi pas, s’il le fait intelligemment sans se travestir. Un gamin immature, là par contre, sans façon. Au moins, ces filles-là éloignent les oiseaux de mauvais augure. À la rigueur, la vie n’est pas si mal faite, qui se ressemble s’assemble.


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