Chronique « En attendant d’être grande » sur La Bauge Littéraire

Thomas Galley, lecteur et critique émérite de lectures érotiques, m’a fait le plaisir de lire et d’écrire sur « En attendant d’être grande ». Un grand merci à lui pour sa critique riche et argumentée.

 

J’aimerais apporter quelques réponses à Thomas…

 

« Des sujets qui, s’ils continuent à séduire les artistes, risquent aussi d’être épineux, de déranger, voire de fâcher, et de remonter les chiens de garde d’une certaine moralité. »

Exact, et c’est d’autant plus vrai que, pour exemple, je ne peux plus publier la moindre actu sur Facebook… qui bloque mes liens dès qu’ils pointent sur Plume-Interdite.

« Et n’est-ce pas vrai que le sujet, chaque fois que des adultes (et l’auteur en reste un, malgré tout) s’en mêlent, a presque systématiquement des connotations d’abus ? Comment ne pas penser à l’affaire tout ce qu’il y a de plus actuel en ce début d’automne 2017 du consentement supposé qui implique une fillette de onze ans (l’âge de la protagoniste du roman au moment de sa première relation sexuelle) et un adulte de dix-sept ans son aîné ? »

A mon sens non, la littérature ne peut avoir une connotation d’abus. Surtout, il faut comprendre que le sujet n’est pas le même. Une histoire sexuelle mêlant intimement adultes et enfants, c’est une chose. Cela existe, mais ce n’est pas mon thème. Je ne pense pas que ce type de littérature devrait être interdite ou censurée, j’aurais pu, pourquoi pas, m’atteler à un tel sujet, mais jusqu’à présent ça n’a pas été le cas… et ce n’est de toute façon pas le thème de « En attendant d’être grande ». De fait, je ne vois pas le rapport avec l’affaire en question.

« Une affaire qui a d’ailleurs déclenché des discussions à propos d’une « présomption de non-consentement » au-dessous d’un certain âge, notion qui pourrait bientôt entrer dans la loi. » »

Cette affaire est effectivement sordide, et puisqu’elle est évoquée je me permets d’intervenir sur ce point… La présomption de non-consentement n’a aucun sens, car il n’a pas à entrer en compte. Si on le considère, cela signifierait donc qu’un enfant et un adulte tous deux parfaitement consentants pourraient faire ensemble ce qu’ils souhaitent. En principe, afin de protéger les mineurs, la loi ne prend pas en compte le fait que l’enfant soit consentant ou non. Et ceci précisément pour protéger l’enfant : mineur, on n’est pas assez mature pour ce genre de décisions, et quel que soit le souhait de l’enfant, l’adulte est censé respecter son intimité. Cette non-reconnaissance du consentement permet ainsi de protéger, par exemple, toutes ces filles prépubère tombant amoureuses de leur animateur ou éducateur. On ne va tout de même pas commencer à se dire que, sous prétexte qu’une enfant ferait du gringue à un adulte cela amoindrirait la responsabilité du majeur.

« Témoignage sans doute des précautions, de la part de l’auteur, pour se protéger contre le reproche vite dégainé de pédophilie »

En fait non, car si, je le répète, ce n’est pas le thème du roman, de nombreux écrits littéraires traitent directement de pédophilie, et pour ma part cela ne me pose pas de souci. Ces rappels de Chloé sont simplement présents parce que cette philosophie fait partie du personnage : une fille hors norme, extrême, mais qui sait garder les pieds sur terre.

Nota Bene : Pour précision, la meilleure copine de Chloé se prénomme Clarisse, pas Sandrine. Sandrine n’est qu’une copine de vacances que Chloé ne revoit jamais.

« Mais il convient aussi, pour expliquer la différence de traitement entre les différentes parties, de considérer l’historique du texte. La première partie a été publiée en janvier 2014, sous le titre En attendant d’être grande. Souvenirs interdits d’une éducation à la sensualité. Ensuite, la publication a connu une pause avant de reprendre en mars 2016 et de se clore au mois de décembre de la même année. Cette longue mise entre parenthèse s’explique sans doute par ce que la première partie a été pensée en solitaire, et que c’est sous l’impulsion d’Anne Bert seulement que Théo Kosma a pris la décision de poursuivre dans sa route à peine tracée. »

C’est à peu près vrai, ceci dit, pour précision :

A la base, « En attendant d’être grande » devrait n’être qu’une petite nouvelle. J’ai ensuite étoffé cette nouvelle pour faire un petit roman, qui finalement s’est métamorphosé en « partie 1 ». En somme, je me suis laissé porter par les mots et mon évolution. Notre chère Anne Bert est clairement pour quelque chose dans cette aventure, que sa belle âme repose en paix, mais ce n’est pas elle qui m’a « commandé » une suite. Une aventure littéraire est toujours multi-facteur, Anne est un des facteurs déclencheurs des suites.


« 
En attendant d’être grande, qu’est-ce que cela implique, au juste ? Comment est-ce qu’on remplit cette attente ? Est-ce une période qui doit être vécue ? Soufferte, comme dans une salle d’attente d’une gare SNCF, avant de pouvoir – enfin – s’embarquer ? Avant de commencer – pour de vrai – le voyage à travers les années qui nous sont comptées ? »

A chacun de se faire son avis… Au fond, Chloé n’est pas tellement dans l’attente, et surtout dans l’action et la réflexion.

Merci encore à Thomas pour sa lecture et son article.

Pour lire la chronique en son entier :

 

Théo Kosma, En attendant d’être grande

 

 

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