Prendre ses aises… mais alors vraiment

Piscine privée pour Chloé et sa copine Clarisse, en vacances avec tata Marthe et cousine Estelle ! Maman n’est pas là, Marthe est très permissive… Bien des éléments donnent envie de nudité. – Extrait de ma saga littéraire En attendant d’être grande.

Les vacances sont la plus belle invention du monde. Dix jours pour se remettre des dernières émotions, pour respirer ! On dirait presque des vacances d’été tant il fait beau. Les parents partent chacun de leur côté et participent financièrement à la location d’une petite maison pour Marthe, Estelle, Clarisse et moi, près des côtes. Je ne serai pas là pour gêner leurs rencontres, c’est mieux. Ô ma copine, ma tantine, ma cousine, comme la vie est belle et douce quand elle passe avec vous. « C’est parce que tu nous vois peu. Tu serais avec nous toute l’année t’en aurais marre, comme pour tes parents », me dit Estelle. Sur ce point, je pense vraiment qu’elle se trompe. Au contraire j’adorerais que tata m’adopte.

La maison est grande, aérée parce que vermoulue, c’est parfait. Hum, l’apport de chaque famille doit être léger… Estelle fait pétarader sa mobylette pour aider à l’animation d’un camp scout en bord de mer. Elle partage son temps entre nous et cette activité. On l’interroge beaucoup là-dessus, la cousine nous apprend un tas d’astuces. Se repérer en forêt, connaître les phases de la lune, différencier les chants des oiseaux.

Maman pense que le scoutisme c’est dangereux du fait qu’on s’y débrouille avec les moyens du bord, que les camps ne seraient pas assez équipés. Elle n’a jamais voulu m’y envoyer malgré mes demandes répétées et celles de Marthe. Faut dire, c’est une branche nommée

les « Scouts des sentiers », moitié tradi moitié baba.

Je sais « tradi baba » sont deux mots qu’on n’imagine pas ensemble, années folles, cherche pas. Maman n’aime pas les hippies, se méfie des tradis. La maman de Clarisse, elle, serait d’accord… Sa fille refuse d’y aller sans moi.

La frêle bâtisse compte un jardin avec piscine. Si ! Pas bien grande mais rien qu’à nous. Quand on y nage à quatre on s’y cogne, n’empêche on s’y amuse drôlement. Tout autour, d’autres petites maisons de vacances. Chaque jardin est séparé des autres par des planches de bois, toutes vieilles et mal assemblées. Typique de la zone à vacanciers peu friqués aimant se donner de grands airs. Les pauvres sont comme ça, ils adorent jouer aux riches… Et je ne dis pas cela pour Marthe. Nous sachant désormais trop âgées pour certaines libertés, la tantine est ravie de cet espace privé.

Moins de conflits, moins à nous interdire… Elle devine d’avance. Après un tour des lieux, elle se désole qu’il y ait finalement autant de vis-à-vis : sur la brochure ça ne paraissait pas. On lui dit de ne pas s’en faire, qu’on se fera discrètes, toutes petites. « C’est pour moi que je m’inquiète ! » répond-telle sans plaisanter. « Vous, vous êtes des gamines, de loin les gens s’en ficheront. Moi par contre ! ». Egoïstes que nous sommes, à force de ne penser qu’à nous

on oublie que tata aime elle aussi la nudité.

Je ne le lui dis pas, elle se trompe au sujet des voisins… Oh que non, je ne pense pas du tout qu’ils s’en ficheront. Nous y veillerons…

(…)

Théoriquement il n’y a aucun vis-à-vis. Oui, c’est ce que l’annonce disait. Seulement, des planches à ce point en lambeaux, c’est comme un gruyère avec plus de trous que de fromage. Planches me permettant d’endosser, dans un premier temps, le rôle de la voyeuse. Je dois préparer le terrain, vérifier : eh, on ne va pas s’exhiber devant n’importe qui ! Ce que je vois me convient. Il y a un bel homme, et aussi deux frangins à peine plus grands que nous. Que j’observe se changer ou sortir de la douche. Inverser les rôles, enfin ! Ils sont loin d’être déplaisants, c’est plutôt une bonne pioche. Dès le deuxième jour mon œil redevient pudique (j’ai dit mon œil). En fait, n’ayant pas conscience d’être observés, ils ne se cachent pas. Et eux ne font pas semblant comme qui tu sais, ils n’en ont vraiment pas conscience.

A la trentième fois où je vois le petit bout qui gigote, je me dis que c’est bon ainsi. Clarisse, moins bête (donc moins cochonne… à propos de bête) s’est lassée à la cinquième. Alors qu’à contrario, un garçon peut espionner mille fois une fille sans se lasser. Nous avons la grâce, c’est factuel, moi-même je peux être fascinée par mon corps, celui des copines, d’Estelle. Eux par contre, avec leur petit tuyau qui pendouille et dont ils ont pourtant l’air fiers… La cousine trouve normal que je ne sois pas une mateuse forcenée. Selon elle, pour qu’une fille soit vraiment attirée, l’apparence est insuffisante : il faut une alchimie.

Encore !

Une chaleur, un regard, une complicité,

une voix, un échange… quelque chose qui nous échappe.

Comme une recette : un ingrédient en moins et la sauce ne prend pas. Il en serait de même pour à peu près tout dans la vie, c’est ce qui la rendrait si surprenante. L’alchimie… Il y a peu je n’aurais rien saisi aux explications de la cousine, là c’était très clair, ayant encore en mémoire la soirée strip-tease entre copines. Avec une bonne alchimie, le garçon le plus insignifiant peut devenir prince charmant, le plus attirant peut n’être qu’un mufle. A-t-elle raison jusque-là ? Si oui, vache c’est vraiment compliqué l’amour. Volontiers provocante, Estelle va un peu plus loin :

« Puis quand même y a aussi l’apparence ! Tu crois avoir de la bouteille parce que tu as vu trois petits bouts de zizis dans ta vie. Entre un petit zizi et une bonne grosse bite c’est le jour et la nuit ma chérie. »

Et la cousine d’éclater de rire, en mode autosatisfaction. Oh ma douce salope…

– Eh ! Je te rappelle qu’en Allemagne Marthe m’a emmenée dans des endroits où tous les hommes étaient à poil. J’en ai vues de toutes les tailles, tous les styles.

– Déjà, une bite molle et une bite dressée c’est pas du tout, du tout pareil.

– Ça je le sais ! Celle de Julius je l’ai déjà vue toute dressée.

– Une petite, de petit garçon. Non ?

– Bah oui évidemment.

– Une grosse bite qui bande dur est incomparable.

Et surtout, surtout : un bord d’un lac nudiste où on se met nu pour l’eau et le soleil… Et un homme qui se met nu juste pour toi, juste parce que tu es là, avec une bite qu’il te prête ! In-com-pa-rable.

Et elle éclate de rire de nouveau. Je suis surprise de ne pas l’accompagner. En général ses propos sulfureux me font rire la première, là je rougis. Elle le remarque et rit encore plus.

– Pour un garçon par contre, un corps de fille et c’est bon, dis-je. Pas besoin d’alchimie, un corps qui tient à peu près la route et il louche dessus. Non ?

– Oui… Enfin je dirais oui et non.

– Je te comprends plus ! Tu te souviens ce qui m’est arrivé avec Julius.

– Encore lui ?

– Oui pardon pour l’instant j’ai pas encore des tonnes d’exemples, logique !

– Oh te fâche pas. La baignoire, les fessées, la fenêtre… Oui, bien sûr je me souviens.

– Tu penses vraiment qu’il aurait fait tout ça qu’avec moi ?

– Je t’assure que c’est pas impossible !

– J’ai l’impression que lui comme moi aurait pu

tout faire avec n’importe qui d’autre du sexe opposé.

Eh, c’est quand même moi qui l’ai vécu !

– Y a des trucs qu’on voit mieux de l’extérieur.

– J’étais pas amoureuse. Et lui non plus.

– Pas besoin d’amour pour une alchimie.

– Amour est pas égal à alchimie ?

– Non ! Sinon on n’aurait pas besoin de deux mots. L’amour est UNE alchimie parmi d’autres. La plus belle de toutes, sans doute…

Son petit sourire en coin en dit long… Elle le pensa, n’osa pas aller jusqu’à me le dire. Pourquoi ? Estelle se permettait déjà tant, et pour mon plus grand bonheur. De toute manière, elle le pensa si fort que je l’entendis dans ma tête : « La plus belle de toutes, encore que ! L’alchimie toute bête d’une grosse bonne bite qui s’agite dans mon minou, amour ou pas c’est parfois encore mieux ». Tu l’as pensé cousine ! Quasi mot pour mot tu l’as pensé, je le sais ! Peut-être que je ne peux rien te cacher, mais toi tu ne peux pas tout me cacher.

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