Enfance, vêtements et séduction

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C’est sortie shopping pour Chloé, avec sa copine Clarisse et la maman de cette dernière. Peut-être l’occasion pour Chloé de se saper enfin un peu mieux ?

L’air de rien, la maman de Clarisse me fait comprendre gentiment que je ferais bien moi aussi de refaire un peu ma garde-robe. Je lorgne sur les très bas prix et les vêtements unisexes, c’est de famille. Maman s’est rapidement mise à m’acheter le moins cher. Le ni beau ni moche, tendant tout de même plus vers le moche que le beau. À sa décharge, j’admets que j’écorche et salis pas mal les tissus, puis grimper à un arbre en robe ou culotte n’est ni bien pratique ni bien décent. Bonne ou mauvaise raison, maman est et reste une radine.
Au fur et à mesure de notre ballade, Clarisse se métamorphose. Elle enfile chaque achat avant de sortir du magasin. Elle s’embellit de boutique en boutique. D’abord une jupe, puis des bas multicolores, puis un chemisier rose pâle. Merde alors, c’est pourtant vrai que ça vous habille une fille ces bêtises-là. Je ne suis pas jalouse, plutôt admirative. Bon, jalouse aussi en fait. On croise beaucoup de garçons de notre âge faisant les soldes eux aussi. Les regards ne trompent pas, ils n’en ont que pour Clarisse, moi ils s’en cognent. Stupide Clarisse, ô amie adorée comme tu es soudainement attirante.

La maman de ma copine est pleine de bon sens. Je dois l’écouter comme si c’était la mienne. D’accord, je vais tenter quelques achats et ai besoin de son avis. Je lui montre les sous qu’on m’a laissés, elle s’étonne. « C’est tout ce que tu as ? ». L’instant d’après elle regrette sa maladresse, trop tard je suis peinée. Pour me consoler, elle insiste pour m’offrir un pantalon, bien plus féminin que ceux que je porte habituellement. J’accepte avec un plaisir teinté de honte : devoir se faire entretenir à cause de parents trop avares, tu parles d’une classe. Dans le magasin suivant je me regarde dans un miroir : faut le dire, je fais pâle figure à côté de ma copine. Quand je pense qu’aussi mal sapée, il m’arrive certains jours, dans la rue, de croiser des regards m’étant destinés ! En m’habillant mieux, je vais faire des ravages chez les neuf-dix ans. Je dois aussi dépenser les quelques sous que j’ai, autrement on me soupçonnera de ne pas être allé aux soldes. J’opte pour un t-shirt qui me parait bien, la mère de Clarisse se marre et me montre une chemise. Je l’écoute, règle l’achat, me change en cabine. Et me voilà avec un pantalon parfaitement assorti au chemisier. La fin de la journée est glorieuse : certains regards reviennent sur moi. Ouf, je suis parvenu à faire de la concurrence à Clarisse. Quand je pense qu’elle ne s’aperçoit même pas des regards qu’on lui porte ! Quel gâchis, toutes ces œillades pour rien. À moins qu’elle ne les considère pas, ou encore qu’elle cache son jeu. Avec Clarisse, je ne parviens jamais à être certaine. Quand elle veut, elle sait très bien jouer la comédie.

Désormais, je prends davantage soin de mon apparence. Les amis et collègues des parents disent moins souvent que je suis un garçon manqué. Est-ce pour eux un reproche ou un compliment… les grands ne sont jamais clairs. À l’école, les midinettes d’hier se sont transformées en minettes, autant dire qu’elles ne vont pas en s’arrangeant. Le côté poupée Barbie était ridicule mais innocent, il a laissé place à une tendance légèrement pouf qui me met mal à l’aise. Petits tops, jupes courtes, maquillage… fond de teint ! À l’âge où on a toutes une peau de pêche sans l’ombre d’une imperfection, ces crétines mettent du fond de teint ! Elles rejettent leurs propres petites bouilles toutes lisses. S’esquinter la peau aussi jeûne tu parles d’une sinécure. Elles sont une minorité, on en compte tout de même bien deux ou trois par classe. Avantage : tous les garçons idiots de l’école sont attirés par elles, et nous laissent tranquilles, nous. Si tu les voyais ces filles, je ne pense pas qu’elles te choqueraient, toi lectrice, toi lecteur. Car ce n’est rien comparé aux sapes des gamines d’aujourd’hui.

Avec ses nouvelles fringues, Clarisse attire plus qu’avant. Pourtant, c’est à peine si elle remarque les garçons. Elle semble encore dans cette candeur propre à l’école maternelle. J’envie cette candeur… il n’y a pas si longtemps j’étais comme elle. Très peu de temps en fait, sauf qu’à cet âge les mois ne passent pas au même rythme, un trimestre parait durer une éternité tant on y apprend de nouvelles choses. Tout est découverte du lever au coucher, et je ne parle pas de l’école. Ce n’est que plus tard, quand on croit tout connaître et qu’on se laisse entraîner par la routine, que les années passent plus vite.

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